Caricaturistes, à vos crayons !

271 - Mars 2006

« Je veux que la République ait deux noms : qu’elle s’appelle Liberté, et qu’elle s’appelle chose publique ». Victor Hugo, extrait de Choses vues.

« Notre position est qu’il faut réagir. C’est un moment important où je vois de plus en plus la question des droits de l’Homme se poser, au niveau de notre liberté d’expression en tant que journaliste ». Plantu, entretien sur Evene.fr.

De Victor Hugo à Plantu, du XIXe siècle au XXIe siècle, le message est le même : la République prend racines dans la liberté, et une des plus fondamentales est celle de l’expression. La séparation de la chose publique et de la chose privée en a assuré la mise en œuvre, à travers la laïcité. Au cœur de la chose publique, au fil des pages de livres et de publications diverses, tout écrivain, journaliste, dessinateur, a alors le droit de moquer et caricaturer les croyances et les mythes qui règnent dans la chose privée.

Nous ne pouvions pas, sans réagir, passer à côté des événements actuels qui touchent à la liberté de la presse. Nous aussi, dans nos colonnes, il nous arrive d’écorcher, d’être irrévérencieux. Ce pouvoir nous est donné comme un contrepoids salutaire, assurant l’équilibre face au pouvoir religieux, permettant la circulation des idées, installant les débats, bloquant la pensée unique. En échange, libre à chacun de critiquer la qualité de ce qui est publié. Les dessins danois seraient de piètres caricatures ? Peu importe. Ils ont le droit de s’afficher. Cette liberté-là ne souffre aucun aménagement. Qu’un compromis, sous le prétexte du respect des croyances, se fasse jour, et ce sera l’instauration de la répression.

Nous souhaitons donc nous associer à l’inquiétude des caricaturistes de presse. Leurs crayons nous sont précieux !

Mis en ligne le 23 mars 2006
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