Accueil / Regards sur la science / Nouvelles volcaniques

Nouvelles volcaniques

Publié en ligne le 14 novembre 2013 -
par Georges Jobert

Qu’elle date du 23 août 2013 ou de – 83 Ma, la volcanologie donne de ses nouvelles :

Aéroport de Rome

On a appris que ce qui apparaît comme une mini-éruption, s’est produit récemment près de l’aéroport de Rome. Un petit cratère s’est formé au milieu d’un carrefour giratoire à moins de 800 mètres de l’extrémité d’une piste. Il émet du dioxyde de carbone, de l’hydrogène sulfuré et du méthane. On sait qu’en Italie le volcanisme est présent depuis Viterbe et les Colli Albani - à 20 km au SE de la capitale et dont la dernière activité remonte à 17.000 ans 1 – jusqu’à la Sicile. Il est produit par la subduction 2 de la plaque Afrique sous la plaque Europe.

Les volcanologues italiens sont préoccupés par les nombreuses manifestations d’une activité volcanique dans la région : soulèvement de l’ordre de plusieurs mm/an, émanations gazeuses provoquant dans les lacs, des oscillations, qui peuvent aller jusqu’à leur débordement. De plus ces gaz peuvent être emprisonnés sous d’épais dépôts de boue. Leur brusque libération, à la suite de séisme, risque de provoquer des coulées très dangereuses (lahars) ou des nappes asphyxiantes comme à Nyas eu Cameroun. Il est possible que l’éruption actuelle soit due à un effet de ce genre. Pour l’instant l’activité sismique reste faible ; le dernier séisme a eu lieu en 1927 (magnitude 5).

Tamu, un rival terrestre du Mont Olympe martien

Le mode de formation de la croûte océanique par injection de magma dans la région où deux plaques océaniques s’écartent, est maintenant bien compris. Il en est de même de l’évolution dans le temps des jonctions entre trois plaques (point triple). Le déplacement d’une plaque au-dessus d’un panache mantellique ou « point chaud » 3, peut expliquer la présence d’une chaîne de volcans émergés ou à sommet érodé (guyots), comme, dans le Pacifique nord, celle des monts Emperor qui s’étend d’Hawaï jusqu’à la fosse des Iles Aléoutiennes, au Sud-Ouest de l’Alaska. Mais bien des questions sont encore en discussion. C’est le cas des grands plateaux océaniques basaltiques. On peut les attribuer à un panache ou bien à un simple effet de la tectonique des plaques.

À la fin de la longue période où le champ magnétique est resté normal 4, il y a 80 Ma, la plaque Pacifique était séparée de la plaque Nord-Américaine à l’est par la plaque Farallon, et de la plaque Eurasienne au Nord par la plaque Kula/Izanagi. Un plateau basaltique, le Shatsky Rise, a été formé à 1600 km au sud-est du Japon, au point triple de ces plaques.

Des chercheurs de l’Université d’Houston ont annoncé que la partie de ce plateau qu’ils étudiaient, avait été produite par un volcan unique qu’ils ont baptisé Massif Tamu (Texas Agricultural and Mechanical University). La surface de ce massif est de 260 000 km², soit environ la moitié de celle d’Olympus Mons, le géant martien. Mais son altitude n’est que de 4,4 km, bien peu devant les 27 km qu’a permis la faible pesanteur de la planète rouge. W.W.Sager, le responsable de cette équipe, a émis l’hypothèse 5 que le massif soit dû à la « capture » d’un point triple par un panache, comme ce serait le cas les plateaux Magellan et Manihiki.

3 Ce sont des colonnes de matière plus légère, parce que plus chaude, que le manteau environnant. Voir par exemple La plaque Europe passera-t-elle sous la plaque Afrique ?, SPS 297.

4 Ou Cretaceous superchron de 123 à 83 Ma


Partager cet article