Des échos contemporains du lyssenkisme ?

par Yann Kindo - SPS n° 288, octobre 2009

Ce texte fait suite à un premier article, « L’affaire Lyssenko, ou la pseudo-science au pouvoir » (SPS n° 286, juillet 2009) où l’auteur relatait le développement du lyssenkisme en Union soviétique, ainsi que les réactions qu’il avait suscitées en France.

L’historien Denis Buican parle volontiers d’un « éternel retour » de Lyssenko et traque sans répit toute résurgence supposée d’un lyssenkisme à ses yeux éternel1. Il me semble donc d’abord nécessaire de rappeler que le lyssenkisme est mort et enterré, et qu’il ne reviendra pas : puisque ce n’est pas une doctrine réelle mais la forme prise par une pseudo-science dans un contexte politique et social déterminé, ce contexte ayant disparu, le lyssenkisme ne risque pas de ressurgir un jour.

Pour autant, le lyssenkisme n’est pas non plus un pur objet d’histoire totalement distancié, une affaire sans conséquence sur le présent. Plutôt que de traquer d’impossibles résurgences du lyssenkisme en tant que tel, je voudrais m’attacher à explorer ici quelques échos contemporains, à travers des problèmes qui étaient présents dans l’affaire Lyssenko et qui peuvent nourrir des interrogations sur notre présent.

Une vision a-scientifique de la pratique agricole

Le lyssenkisme était avant tout une pratique agricole, qui a débouché sur un discours en biologie. C’est donc peut-être dans le rapport à la nature au sein de la pratique agricole que des résonances peuvent être d’abord cherchées.

Dans ce domaine, ceux qui se font taxer le plus souvent de « lyssenkisme » ces temps-ci, à savoir les opposants aux OGM, peuvent légitimement rejeter fermement cette étiquette : alors que Lyssenko prétendait bouleverser la nature et faire plier à la volonté de sa main verte les mécanismes de l’hérédité pour créer sans cesse de nouvelles variétés, les opposants aux OGM mettent au contraire en avant les dangers d’une intervention humaine trop « brutale » sur le développement des espèces et de « croisements » trop audacieux. De ce point de vue, ils sont donc complètement aux antipodes de l’approche lyssenkiste de la transformation des espèces, tant du point de vue des objectifs que des méthodes.

Différentes interprétations du lyssenkisme

Aujourd’hui, le lyssenkisme est l’objet de différentes interprétations. Jaurès Medvedev, auteur de la première (excellente) synthèse sur le sujet, le présente comme un dommage collatéral du stalinisme et du « culte de la personnalité »2. Dominique Lecourt, quelques années plus tard, parle lui surtout du produit de la déformation du marxisme que représenterait le « Diamat », philosophie officielle des pays dominés par une bureaucratie stalinienne3. L’école historiographique la plus active en France depuis près de 30 ans, autour d’historiens comme Denis Buican ou Cédric Grimoult, y voit l’incarnation à la fois d’une forme de néolamarckisme tardif et du matérialisme dialectique marxiste4. À cette dernière interprétation, très idéologique, nous préférerons celle qui nous semble de loin la plus rigoureuse et compatible avec l’ensemble des faits, celle du socio-historien états-unien David Joravsky5.

Son ouvrage, déjà ancien, mais malheureusement jamais traduit en français, décrit l’aventure lyssenkiste comme celle d’une pure pseudo-science – ce que n’est pas le néolamarckisme, aussi réfuté ait-il été par ailleurs –, qui a pu profiter d’un contexte historique et social très particulier pour s’imposer, en écrasant pour un temps les authentiques scientifiques soviétiques, que ceux-ci aient été des « spécialistes bourgeois » mais aussi, bien souvent, d’authentiques militants bolcheviques de longue date. Même si l’« affaire » a pu prendre cette tournure en Occident, le lyssenkisme n’oppose pas fondamentalement le marxisme à ses adversaires idéologiques. Il oppose plus prosaïquement la pseudo-science à la science, et, sous la contrainte du réel, c’est cette dernière qui l’a emporté, en URSS comme ailleurs.

Par contre, il me semble que l’on peut rapprocher certains tenants d’une agriculture « traditionaliste » d’un aspect particulier du lyssenkisme, celui qui a trait au type de variétés que l’on choisit de privilégier. L’historien américain Joravsky montre comment le lyssenkisme a prospéré en URSS sur le terreau d’une déception par rapport au programme du début des années 1930 de développement du maïs hybride. Cette déception nourrit la remise en cause de ce type de progrès agronomique, et, au lieu de remettre en cause leur propre politique économique et sociale (la collectivisation forcée), les dirigeants soviétiques s’en sont pris aux paysans et aux scientifiques. Dans ce contexte, Lyssenko propose ses propres méthodes, et il met en avant les variétés anciennes au détriment des plus récentes. Sur ce point précis, un parallèle peut être fait avec la démarche de ceux qui, comme l’association Kokopelli, répondent aux problèmes posés par la modernité agricole par le choix d’un retour à la tradition, aux grains ancestraux et à des techniques agricoles pas forcément validées par l’expérimentation scientifique. Le choix d’une pratique agronomique refusant les apports et les nouveautés de la science et opposant le terrain au laboratoire a quelque chose à voir avec la tradition lyssenkiste, consistant à chercher des « recettes » fondées sur la pratique paysanne pour contourner les normes de la recherche agronomique. La différence est toutefois que l’on mettait en avant la nouveauté à l’époque, alors qu’aujourd’hui on vante surtout ce qui est « ancien » ou « traditionnel ». Signe des temps…

Certaines pratiques lyssenkistes évoquent directement les pseudo-sciences contemporaines et leurs « recettes » plus ou moins ésotériques. Par exemple, aujourd’hui, les tenants de la « biodynamie » multiplient les composts étranges (comme celui de « bouse de corne »)6, en les parant d’un vocabulaire technique du type « silice 501 », mais sans faire reposer leurs préparations sur un quelconque savoir biochimique validé par ailleurs. En son temps, Lyssenko a lui aussi fait des propositions révolutionnaires en ce qui concerne les engrais et leur utilisation (avec le même résultat que ses autres procédés). Par exemple, il modifiait les composts reposant sur des mélanges terre-fumier : ce n’était plus 15 à 20 % de terre et le reste du fumier, mais… 80 à 90 % de terre ! « D’après lui, la terre, mélangée au fumier après avoir été mouillée et enrichie avec des produits chimiques, acquérait les propriétés du fumier.7 » Où l’on voit que Lyssenko avait inventé la « mémoire de la terre » quarante ans avant que d’autres ne croient découvrir celle de l’eau... Et la mise en valeur par Mitchourine et Lyssenko du savoir pratique du savant proche de la terre, du « savant aux pieds nus » exerçant en dehors des réseaux académiques et « officiels », n’est pas sans rappeler les mécanismes qui contribuent aujourd’hui à la renommée de quelqu’un comme Pierre Rabhi8.

Si l’on s’éloigne un peu des questions strictement agricoles, on peut enfin trouver dans des écrits de Lyssenko à l’époque de son apogée les effets d’une vision manifestement « vitaliste »9 et quasi-mystique de la nature, dans laquelle il projette des intentions « politiquement correctes ». Ainsi, Lyssenko avançait l’idée selon laquelle il n’y a pas dans la nature de « concurrence intraspécifique », en expliquant que « les loups ne se mangent pas entre eux ». Dans son autobiographie, Marcel Prenant relate sa rencontre avec Lyssenko en 1949, et rapporte comment il fut stupéfait lorsque Lyssenko lui expliqua les vertus de sa stratégie de plantation d’arbres « en nid » :

« Je comprends, dis-je, qu’au début de la croissance il y ait avantage à cette densité qui peut assurer une protection, mais il faudra bien, quand ils auront grandi, que vos forestiers abattent certains d’entre eux pour faire place aux autres.
– Non, me répondit-il, ils se sacrifieront eux-mêmes pour le bien de l’espèce.
J’insistai :
Vous voulez dire qu’un d’entre eux survivra parmi bien d’autres qui disparaîtront ?
Non, répliqua-t-il encore, ils se sacrifieront au bien de l’espèce.
10 »

Chacun trouvera autour de lui des exemples contemporains de cette attitude anthropomorphique consistant à prendre ses désirs humains pour des réalités dans la Nature. On peut ici par exemple évoquer le dérapage de la primatologue Jane Goodall, qui croit que les animaux refusent spontanément de manger des plantes OGM et leur préfèrent leurs homologues non-OGM...11

Génétique et déterminisme biologique

Un autre enjeu toujours contemporain des débats soulevés dans les années 1950 par le « darwinisme créateur soviétique » est celui du rapport à la génétique et au déterminisme biologique. Si une partie des intellectuels de gauche, notamment en France, a pu se laisser un moment séduire par les aberrations lyssenkistes, c’était souvent du fait d’a priori idéologiques les amenant à se déterminer sur des questions d’ordre scientifique en fonction de considérations politiques. J’ai rappelé dans l’article précédent comment le lyssenkisme avait d’abord été présenté en France en 1948 comme une victoire contre une perception de la biologie humaine et de l’hérédité accusées d’être aux sources du racisme et du nazisme. En réaction aux prétentions scientifiques de l’eugénisme et plus généralement de la politique raciale nazie, avait pu se développer une méfiance envers la génétique elle-même, voire envers le darwinisme tout entier, du fait de la place qu’il accorde à la notion de « sélection naturelle ». Cette attitude n’a pas totalement disparu du débat contemporain, et l’historien des sciences André Pichot s’est ainsi, depuis la fin des années 1990, fait un fond de commerce de la dénonciation des dangers du darwinisme et de la génétique, avec des ouvrages aux titres éloquents : La société pure de Darwin à Hitler12, ou, plus récemment, Aux origines des théories raciales : de la Bible à Darwin13. Le 15 décembre 2001, André Pichot prononçait par exemple une allocution-réquisitoire intitulée « Génétique humaine : rêve ou cauchemar ? », dans le cadre d’une série de conférences organisée par une association nommée… « OGM dangers »14. Dans cette forme de politisation des questions scientifiques sur fond de refus plus ou moins partiel du darwinisme et de la génétique, avec même des incursions sur le terrain agronomique à travers le refus des OGM, il y a sans doute l’expression contemporaine la plus proche du lyssenkisme, même si, rappelons-le, il ne s’agit pas d’une « résurgence » du lyssenkisme historique.

On peut penser que, plus généralement, dans le fameux débat sur les rôles respectifs de l’« acquis » et de l’« inné », le spectre du refus absolu de toute forme de déterminisme biologique hante toujours une partie de la gauche, qui se raccroche plutôt à la « vision “tout environnement” et “tout culturel” qui a dominé les années de l’après-Seconde Guerre mondiale.  »15. À ce sujet, en 1977, le biologiste communiste Ernest Kahane rappelait un argument déjà utilisé par les généticiens communistes anglais dans leur opposition à Lyssenko, celui qui consiste à dire que l’on ne voit pas très bien en quoi l’influence du milieu et l’hérédité de l’acquis seraient intrinsèquement parés de vertus plus « progressistes » que le déterminisme génétique :

« Si réellement intoxiqué que j’aie été par la propagande “mitchourinienne” à laquelle j’étais soumis, et celle à laquelle je me livrais, je n’avais jamais pu admettre, et de ce fait proclamer, que la génétique mendélienne conduisait au racisme. L’hérédité des caractères acquis, automatique ou occasionnelle, ne justifiait-elle pas au contraire la constitution d’une caste dans la classe ou dans l’ethnie, adaptée aux travaux, soit les plus nobles, soit les plus serviles ? La “grande loterie des chromosomes” n’entraînait-elle pas inversement, et en dépit de toutes les sélections des géniteurs, un brassage, avec retour à la masse et redistribution de tous les caractères inclus dans le patrimoine héréditaire de l’espèce ? »16

La question des rapports entre l’État, la science et l’économie

La prise de contrôle par Lyssenko de la biologie soviétique a posé, en URSS et bien au-delà, le problème des rapports entre l’État et la science, et plus généralement de la liberté de la recherche scientifique. Denis Buican rapporte sur ce sujet le débat s’étant déroulé en Angleterre entre deux intellectuels proches du communisme : le dramaturge et essayiste George Bernard Shaw (lyssenkiste) : et le généticien Julian Huxley (antilyssenkiste)17. George Bernard Shaw joue le rôle de l’Aragon local en décrivant le néo-darwinisme comme un fatalisme ou un déterminisme génétique, et, selon lui « le fond véritable du débat est entre la prétention de la profession scientifique à être exemptée de toute entrave légale dans la poursuite du savoir, et le devoir de l’État d’avoir la haute main sur elle, dans l’intérêt général, de même qu’il a la haute main sur toutes les autres activités. » C’est effectivement d’une certaine façon le fond du débat, et il est surprenant de voir un intellectuel comme Shaw faire dans celui-ci à la fois l’apologie du totalitarisme et de l’ignorance ! Huxley lui répond ainsi : « Même si le néo-darwinisme encourageait une philosophie fataliste, ce qui n’est pas le cas, cela ne signifierait pas qu’il n’est pas exact, ni même que l’État doive l’interdire aux professeurs et aux auteurs de travaux de recherches. Et le lamarckisme ne devient pas un fait parce que M. Shaw et l’académie des sciences de l’URSS ont le sentiment qu’il serait agréable qu’il fût vrai. »18

Bien évidemment, cette immixtion de l’État dans des questions d’ordre scientifique au nom d’intérêts ou de considérations idéologiques reste un sujet d’actualité, même sous des cieux moins totalitaires que l’URSS des années 1950. Par exemple, le biologiste états-unien Walter Gratzer conclut ainsi un article qu’il consacrait en 2005 à l’affaire Lyssenko :

« De tels événements sont-ils encore possibles aujourd’hui ? Hélas oui ! L’administration des États-Unis, par exemple, fait pression sur les scientifiques pour qu’ils approuvent ses positions idéologiques. Elle exige désormais que les médecins-chercheurs subventionnés par les agences gouvernementales ne parlent aux conférences de l’Organisation mondiale de la santé qu’après autorisation officielle. (…). Des comptes rendus de recherche sur des sujets tels que la pollution environnementale, les niveaux de plomb acceptables, le changement climatique, les espèces en danger ou les apports recommandés en sucre ont été censurés, ou déformés. (…) La communauté scientifique américaine est encore trop solide pour être facilement intimidée, mais un régime répressif trouvera toujours des carriéristes et, trop souvent, les moyens d’imposer sa volonté ».19 La France n’est pas non plus à l’abri de ce phénomène d’intrusion étatique, si l’on pense au retrait du site de l’INSERM d’une étude sur les psychothérapies dont les résultats déplaisaient à un ministre sensible aux arguments du lobby des psychanalystes20, ou, dans un autre domaine, à la multiplication des lois mémorielles pesant d’une manière ou d’une autre sur la recherche historique et l’enseignement de l’Histoire21.

Au-delà de ces immixtions d’ordre idéologique se pose la question plus délicate et éminemment brûlante du financement de la recherche, qui doit être public pour ne pas dépendre d’intérêts privés éventuellement contradictoires avec ceux de la collectivité, tout en assurant au chercheur une liberté de recherche qui ne soit pas seulement formelle, mais aussi réelle, c’est-à-dire soutenue matériellement...

Position sociale des scientifiques et relativisme

Un aspect décisif de l’argumentation de soutiens du lyssenkisme a été celui qui a conduit à la distinction entre « science bourgeoise » et « science prolétarienne ». Mais, avant même cette systématisation, le ver était déjà dans le fruit des premiers argumentaires pro-Lyssenko, lorsque Georges Cogniot croyait réfuter la génétique en la présentant comme la « doctrine du moine autrichien Mendel  ». Dans sa préface au livre de Medvedev, Jacques Monod attire ainsi l’attention sur un passage de Louis Aragon extrait de la préface à la traduction d’une partie des débats de l’Académie des Sciences Agricoles de Moscou, texte publié dans Europe en octobre 1948 : « c’est le caractère bourgeois (sociologique) de la science qui empêche en fait le développement d’une biologie pure, scientifique, qui empêche les savants de la bourgeoisie de faire certaines découvertes dont ils ne peuvent, pour des raisons sociologiques, accepter les principes de base. En URSS, la lutte acharnée menée par les mendélistes “nationaux” contre les mitchouriniens, ne saurait être considérée par les mitchouriniens, par Lyssenko, comme une lutte biologique, scientifique, à l’intérieur de l’espèce des biologistes ; mais elle est naturellement regardée comme une lutte sociologique de la part des savants qui sont sous l’influence sociologique de la bourgeoisie (même par le seul intermédiaire de la science bourgeoise, mêlée de métaphores sociologiques), comme l’effet des vestiges de la bourgeoisie en URSS. »22

Dans ce cadre de pensée, la science est un discours sur le monde comme un autre, ni plus ni moins vrai, et les propositions émises par les scientifiques sont largement le reflet de leur position sociale. D’où la distinction entre les deux sciences… Francis Halbwachs met l’accent sur ce point particulier dans le bilan qu’il tire de l’affaire Lyssenko :

« En me référant aux nombreuses discussions de cette époque, il me semble que la principale implication de la théorie de deux sciences était son caractère de “subjectivisme de classe” et la contradiction avec la thèse marxiste de l’objectivité des processus qui s’opèrent dans la nature et dans la société. Si une science n’est par nature qu’une construction produite par une certaine classe à propos des processus réels, on en vient fatalement à mettre en question la réalité même de ces processus, ou mieux à attribuer à cette réalité un caractère de classe, dissolvant ainsi l’existence objective des choses dans une représentation “ socialement déterminée”. C’est le pas qu’a franchi explicitement Jean Kanapa dans sa proposition que “l’arbre féodal et l’arbre kolkhozien constituent deux objets scientifiques différents” »23.

Cet épisode des deux sciences a connu une apogée de très courte durée (1949–1950), mais c’est probablement, de tous les problèmes posés par le lyssenkisme, celui qui pèse le plus sur le débat contemporain. Aujourd’hui, on ne parle plus de science bourgeoise/science prolétarienne, mais on développe dans certains milieux intellectuels « postmodernes » un relativisme philosophique qui n’a pas grand-chose à envier à la théorie des deux sciences. Voyons par exemple la vision du monde développée par l’écoféministe indienne Vandana Shiva, articulée autour d’un « sociologisme » grossier très proche de celui d’Aragon : « Les “faits” de la science réductionniste sont des catégories socialement construites et qui portent les marques culturelles du système occidental, bourgeois et patriarcal, lequel constitue le contexte de leur découverte et de leur justification. »24. Ou bien encore : « Les faits scientifiques sont déterminés par l’univers social des scientifiques, non par le monde naturel »25.

Si ce courant de pensée représente la version la plus caricaturale de ce relativisme, il en est des incarnations hexagonales plus proches de nous et plus présentes dans le débat académique, à travers le courant post-soixante huitard de la « critique radicale des sciences »26, ou encore à travers le « programme fort » en sociologie des sciences, largement incarné par la personne de Bruno Latour.

On le voit : il n’y a plus de lyssenkisme, plus de lyssenkistes, mais des échos et des problèmes irrésolus…

1 Denis Buican, L’éternel retour de Lyssenko, Paris, Éd. Copernic, 1978.

2 Jaurès Medvedev, Grandeur et chute de Lyssenko, Paris, Gallimard, 1971, 317 p. Le manuscrit a commencé à être rédigé en 1961-1962. Sa publication aux États-Unis en 1968 valut à l’auteur d’être victime de la répression, à travers un internement en hôpital psychiatrique.

3 Dominique Lecourt, Lyssenko, histoire réelle d’une « science prolétarienne », François Maspero, 1976. Réédition Paris, PUF, « Quadrige », 1995.

4 Voir par exemple Denis Buican, Lyssenko et le lyssenkisme, PUF, Que-sais-Je ?, 1988.

5 David Joravsky, The Lyssenko affair, Chicago et Londres, Chicago University Press, 1970, 459 p. 

6 http://www.biodynamie-services.fr/P... 
http://www.leclercbriant.com/fr/le_....

7 Jaurès Medvedev, Grandeur et chute de Lyssenko, Paris, Gallimard, 1971, p. 219.

8 http://www.pierrerabhi.org/blog/ind....

9 Le vitalisme est une tradition philosophique selon laquelle le vivant n’est pas réductible aux lois physico-chimiques. Elle envisage la vie comme de la matière animée d’un principe ou force vitale, qui s’ajouterait pour les êtres vivants aux lois de la matière (source : Wikipédia)

10 Marcel Prenant, Toute une vie à gauche, Paris, Encre, 1980, p. 302-303.

11 http://imposteurs.over-blog.com/art....

12 André Pichot, La société pure, de Darwin à Hitler, Paris, Flammarion, 2001, 453 pages.

13 André Pichot, Aux origines des théories raciales : de la Bible à Darwin, Paris, Flammarion, 2008, 519 pages.

14 http://ogmdangers.org/action/cr_con....

15 Bertrand Jordan, L’humanité au pluriel. La génétique et la question des races, Paris, Seuil, 2008, p. 12.

16 Ernest Kahane, compte rendu de lecture de l’ouvrage de Dominique Lecourt, dans La Pensée n° 193, juin 1977, p. 153.

17 Ce débat apparaît dans Julian Huxley, La génétique soviétique et la science mondiale, Paris, Stock, 1950.

18 Voir Denis Buican, L’éternel retour…, op. cit. p. 161.

19 Walter Gratzer, « L’affaire Lyssenko, une éclipse de la raison », Médecine Sciences, 2005, vol. 21, n° 2, p. 203-206.

20 Psychanalyse et évaluation. Un conte de fée français..

21 http://www.lph-asso.fr/ 
http://cvuh.free.fr/.

22 Cité par Monod in Jaurès Medvedev, op. cit., p. 12.

23 Francis Halbwachs, « À propos de deux thèses du livre de Dominique Lecourt », Raison Présente, octobre-décembre 1976.

24 Citée dans Alan Sokal, Pseudosciences et post modernisme, Paris, Odile Jacob, 2005, p. 94.

25 Ibid.

26 Voir par exemple sur ce courant Renaud Debailly, « L’ouverture des possibles dans la science. Du mandarinat aux usages de la science », in « Mai 68 : Monde de la culture et acteurs sociaux dans la contestation. », Dissidences, avril 2008, p. 77-87. À propos de ce courant notamment mené par le physicien Jean Marc Lévy-Leblond, Francis Halbwachs parlait déjà en 1976, dans son article cité plus haut, d’un « resurgissement récent – et sous une forme nouvelle – de la théorie des deux sciences à travers l’ouvrage collectif Autocritique de la science (où il y a du reste à boire et à manger), la revue Impascience, et le groupe qu’anime Jean-Marc Lévy-Leblond.  » Jacques Testart et sa fondation « science citoyenne » en sont les incarnations actuelles les plus représentatives.

Mis en ligne le 23 janvier 2010
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