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Une histoire de la lumière - La spectroscopie

Publié en ligne le 21 mars 2013
Note de lecture de Arkan Simaan - SPS n°303, janvier 2013

Stéphane Le Gars, docteur en histoire des sciences et professeur de sciences physiques, vient de publier Une histoire de la lumière – La spectroscopie. Dans une édition soignée et bien illustrée, il détaille l’histoire de la spectroscopie, technique actuellement présente dans toutes les branches de la recherche. Le nom de cette méthode vient de la décomposition par un prisme de la lumière blanche solaire en un spectre multicolore, expérience réalisée par Isaac Newton (1643-1727). Il prouve ainsi que la lumière du Soleil est constituée de différentes couleurs, chacune caractérisée par un indice de réfraction distinct.

Il a fallu attendre plus d’un siècle pour que William Herschel (1738-1822) et Johann Ritter (1776-1810) mettent en évidence – séparément – l’existence des « rayons caloriques » et des « rayons chimiques », rayonnements actuellement dénommés infrarouge et ultraviolet. Ensuite les choses se sont accélérées. Avec l’amélioration des dispositifs expérimentaux, d’autres savants ont aperçu des raies dans la lumière des spectres des éléments terrestres. Mais aussi dans celles du Soleil et des planètes : Joseph Fraunhofer (1787-1826), par exemple, en décrira des centaines, constatant par ailleurs la correspondance entre quelques-unes et d’autres présentes dans des spectres observés dans les laboratoires. La spectroscopie unifiait ainsi le ciel et la Terre.

De nombreux savants se lancèrent dans la difficile compréhension de ces raies, notamment Gustav Kirchhoff (1824-1887) qui énonça des lois qui portent son nom. Par la suite, les progrès furent rapides en physique, en chimie, en astronomie… Des pages bien réussies de ce livre décrivent les contributions des savants français de premier plan, malheureusement peu connus du grand public : Charles Fabry (1867-1945), Alfred Perrot (1863-1925, Jules Jansen (1824-1927), Henri Deslandres (1853-1948), etc. Un regret cependant : Stéphane Le Gras passe sous silence une importante application de la spectroscopie, l’astrophysique moderne. Le nom même d’Edwin Hubble (1889-1953) n’est pas évoqué, encore moins l’expansion de l’univers, la théorie du big bang, etc. Il est vrai que cela l’aurait entraîné dans une augmentation considérable de son ouvrage.

Il s’agit d’un livre bien écrit qui s’adresse à un public intéressé et qui devrait être lu par tout scientifique. Il mérite aussi de figurer dans les bibliothèques universitaires.

Publié dans le n° 303 de la revue


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