OGM : 10 ans et toutes leurs dents

Il y a 10 ans, en 1996, les organismes génétiquement modifiés (OGM) devenaient une industrie. Huit millions et demi de fermiers dans 21 pays en cultivent à présent. Mais le débat n’a pratiquement pas progressé et les deux clans sont toujours aussi éloignés l’un de l’autre.
Pour le directeur de l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications), il y a maintenant suffisamment de preuves pour décréter que les OGM sont à la fois sécuritaires et bénéfiques pour les agriculteurs. L’ISAAA est un organisme qui fait la promotion des OGM dans les pays en voie de développement. « Trois cent millions de personnes en mangent aux Etats-Unis et au Canada depuis 10 ans, et il n’y a jamais eu l’ombre d’un problème », résumait en janvier Clive James, en dévoilant le tout dernier rapport statistique de l’ISAAA.

À l’inverse, pour l’organisme écologique Les Amis de la Terre - Europe, qui publiait simultanément son propre rapport, la plantation d’OGM dans un territoire donné encourage un tournant vers la culture d’un seul produit qui, à terme, endommage l’environnement et menace le niveau de vie des fermiers. La domination de l’industrie par quelques multinationales, comme Monsanto, ne peut qu’amplifier cette tendance à la monoculture, selon l’organisme.

Ce qui n’arrange rien, le public reste étonnamment mal informé, après toutes ces années (les OGM sont apparus sur les écrans radar des médias européens vers 1997, puis en 1999 en Amérique du Nord). Selon une étude du groupe américain Pew Initiative on Food and Technology, publiée en novembre 2005, quelque 60 % des Américains ignorent que des plantations génétiquement modifiées existent déjà, et seulement 25 % savent que des aliments génétiquement modifiés sont déjà en vente aux Etats-Unis.

Mis en ligne le 14 juillet 2006
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