Regards sur la science

À qui ne rapportent pas les OGM ?

par L.M. Houdebine - SPS n° 298, octobre 2011

La rumeur publique veut que les OGM aient été inventés uniquement pour que des compagnies géantes du secteur gagnent encore plus d’argent. L’équité n’est certes pas toujours au rendez-vous et cette situation ne va pas en s’améliorant. Quoiqu’il en soit, le constat peut être fait que les agriculteurs et notamment les plus pauvres d’entre eux (qui représentent 90 % des utilisateurs d’OGM) utilisent ces semences, et affirment y trouver leur compte.

Une étude réalisée par des universitaires britanniques a permis d’évaluer le manque à gagner des agriculteurs européens qui ne peuvent avoir accès aux OGM commercialisés [1]. Cette évaluation s’appuie sur les nombreuses données économiques obtenues dans le reste du monde. Les non-gains pour l’ensemble des pays de l’UE qui pourraient cultiver des OGM disponibles sont les suivants : pour le maïs, de 157 à 334 millions d’euros (M€) par an (34,2 à 85,5 M€ pour la France) ; pour le coton, 13 à 39M€ ; pour le soja, 13 à 39M€ ; pour le colza, 195 à 318 M€ ; pour la betterave sucrière, 73 à 219 M€ ; soit, au total, 443 à 929 M€ par an.

Il n’est plus raisonnable de refuser les OGM sous le prétexte que les consommateurs n’en tirent pas un profit immédiat. À titre de comparaison, il est admis que la culture sans labour qui se répand dans le monde est un progrès réel, bien que la plupart des consommateurs l’ignorent ou n’en profitent pas de manière palpable.

[1] Park J., McFarlane I., Phipps R. and Ceddia G. The impact of the EU regulatory constraint of transgenic crops on farm income. 2011, New Biotechnology doi :10.1016/j.nbt.2011.01.005

Mis en ligne le 15 janvier 2012
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