Prolongations

Rougeole ...

SPS n°326 - octobre / décembre 2018

Dans la rubrique "Prolongations", nous rendons compte de prolongements ou d’éléments complémentaires relatifs à des articles que nous avons publiés dans des numéros antérieurs.

L’Organisation mondiale de la santé constate avec inquiétude la forte augmentation des cas de rougeole en Europe [1]. Le nombre total de personnes infectées sur les six premiers mois de l’année 2018 (41 000 personnes) dépasse, et de loin, ce qui était observé sur une année entière les années précédentes (entre 5 273 et 23 927 par an pour la décennie écoulée). Trente sept malades sont ainsi décédés au premier semestre, toujours pour la zone Europe de l’OMS. La France, avec 2 567 personnes atteintes, fait partie des sept pays européens qui ont dépassé le millier de cas. Santé publique France, l’agence nationale de santé, précise que 22 % des cas déclarés de rougeole ont donné lieu à une hospitalisation, que l’incidence de la maladie est la plus élevée chez les enfants de moins d’un an et que 88 % des cas sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés. En France, deux personnes sont mortes des suites de la maladie. Rappelons que certaines personnes ne peuvent pas se faire vacciner (patients sous traitement immunosuppresseur, femmes enceintes) et que les enfants ne reçoivent leurs deux doses – obligatoires depuis le 1er janvier 2018 – qu’entre 12 et 18 mois. Mais ce sont surtout ceux qui refusent la vaccination (souvent pour leurs enfants) qui entraînent le faible taux de couverture vaccinale observé en France (évalué à 79 %).

La rougeole est une maladie particulièrement contagieuse (une personne contaminée par la rougeole peut en infecter entre 15 et 20 autres alors que, par exemple, pour la grippe, c’est entre 1 et 3 personnes [3]), ce qui explique le fort taux de couverture vaccinale nécessaire pour éviter les épidémies (taux évalué à 95 %).

La défiance envers la vaccination est une des causes de cet état de fait. Pour la rougeole en particulier, rappelons le rôle dévastateur joué en 1998 par la fraude scientifique dont s’est rendu coupable Andrew Wakefield (médecin anglais, radié depuis la mise en évidence de l’affaire). Les conséquences s’en font encore sentir et Andrew Wakefield, maintenant installé aux États-Unis, est devenu une icône au sein des mouvements anti-vaccination et jouit d’une certaine popularité en Europe, y compris dans les milieux parlementaires où Michèle Rivasi, députée européenne, a organisé en 2017 une tournée de promotion d’un de ses films [4].

Mis en ligne le 19 avril 2019
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