Pour le maintien de l’enseignement des sciences en Seconde au Lycée

10 octobre 2008

Ces 8 et 9 octobre 2008, à Grenoble1, plusieurs centaines d’experts se réunissaient pour étudier la mise en œuvre d’un programme devant assurer « l’accroissement de la culture scientifique de chacun et l’augmentation du nombre d’élèves et d’étudiants en sciences ».

La société française, à l’image du reste de la planète, a de nombreux défis à relever, ne serait-ce que l’adaptation au changement climatique et la transition vers une société à bas carbone2 ou la contribution à la satisfaction des besoins individuels et collectifs et à l’amélioration du bien-être des bientôt dix milliards d’habitants qui peupleront la planète.

Ces enjeux (santé, alimentation, énergie, eau,…) nécessiteront la mobilisation de davantage de science et de technologies. Il faudrait former un nombre de plus en plus important de scientifiques et d’ingénieurs. Or, en quinze ans, le nombre d’étudiants inscrits dans les filières scientifiques (physique, chimie, biologie) s’est retrouvé réduit de 45 % ; le nombre d’étudiants en mathématiques a régressé de 25 %. De même, depuis quarante ans, notre société doit faire face à la prolifération de peurs d’autant plus facilement instrumentalisées par des « prophètes de l’apocalypse » (biotechnologies, nucléaire, nanotechnologies, ondes électromagnétiques) que la culture scientifique et technique est insuffisamment partagée.

Dans ce contexte, les débats en cours sur la réforme des lycées sont particulièrement importants. Ils déboucheront, dans un premier temps, sur la mise en œuvre de la nouvelle Seconde lors de la rentrée 2009. Une décision du ministre de l’éducation nationale sur les grands principes d’organisation du nouveau lycée est attendue à la fin d’octobre 2008.3

En Seconde, la répartition du temps-élève pourrait être de 60 % pour les enseignements retenus pour fondamentaux, 25 % pour des modules d’exploration et d’approfondissement, et enfin 15 % pour les enseignements et activités d’accompagnement.

Dans l’état actuel des discussions, autant le français, les mathématiques et la maîtrise d’une langue étrangère font logiquement partie des enseignements retenus pour fondamentaux, autant il semble très étonnant qu’il n’en soit pas de même pour les sciences expérimentales (physique, biologie, chimie), qui pourraient alors disparaître du tronc commun des classes de seconde et être reléguées au rang de « modules d’exploration ».

L’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) entend réaffirmer une fois de plus la place centrale des sciences, de l’expérimentation et de leur enseignement pour la formation à l’analyse, la rigueur et la critique. La définition et la mise en œuvre d’une véritable politique de l’enseignement et de la communication scientifique sont urgentes aujourd’hui.

L’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) fait sien l’avis émis le 3 octobre 2008 par l’Académie des sciences estimant que « le lycée doit à la fois enseigner les humanités aux futurs scientifiques, et les sciences à ceux qui empruntent d’autres voies ».4 Avec elle, elle demande le maintien des sciences expérimentales (physique, chimie, biologie) au lycée, dès la Seconde, aux côtés de l’enseignement du français, des mathématiques et d’une langue étrangère.

1 http://www.education.gouv.fr/cid225....

2 « Société à bas carbone » est l’expression utilisée par les académies des sciences pour caractériser une société démontrant sa capacité à émettre peu de dioxyde de carbone (principal gaz à effet de serre d’origine anthropique) ; on se reportera avec intérêt à la déclaration des académies des sciences du G8 de juin 2008.

3 http://www.education.gouv.fr/cid217....

4 http://www.academie-sciences.fr/act....

Mis en ligne le 10 octobre 2008
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