L’astrologie, pratique désuète et dénuée de tout fondement rationnel, est pourtant devenue un phénomène de société dont l’impact culturel ne peut être nié. En quoi consiste-t-elle et à quoi tient son succès ?
Les pièces les plus anciennes de ce dossier concernent la thèse soutenue par Élisabeth Teissier à Paris, le 7 avril 2001.

Farce à l’Université

Introduction au rapport d’analyse de la thèse

Suite aux diverses réactions publiques qui ont suivi la soutenance de thèse de Madame Elizabeth Teissier, le 7 avril 2001 à l’Université Paris V, le directeur de la thèse ainsi qu’une partie des membres du jury ont immédiatement réagi en s’indignant du fait que l’on puisse se prononcer sur une thèse sans l’avoir lue. Ceux qui s’élevaient contre un très probable dysfonctionnement des procédures universitaires étaient ainsi accusés de manquer du minimum de sérieux requis. Comme il est fréquent en pareil cas, ce sont ceux qui ne respectent aucune des règles les plus élémentaires de la rigueur intellectuelle (sans même parler de rigueur scientifique) et commettent les plus grandes fautes, qui accusent ceux qui ont l’audace d’en parler de faire preuve d’un manquement caractérisé aux règles.

Mais l’argument selon lequel on ne peut juger que « sur pièce », même s’il était en l’occurrence utilisé comme un moyen de faire taire le doute légitime, est évidemment parfaitement recevable. La thèse n’était pas lue, il fallait donc prendre le temps de la lire. Et en tout premier lieu, il revenait à des sociologues de se prononcer, puisque la thèse (Situation épistémologique de l’astrologie à travers l’ambivalence fascination/rejet dans les sociétés postmodernes) était une thèse inscrite en sociologie, dirigée par un professeur de sociologie, évaluée par un jury composé essentiellement de sociologues.

Une fois établie l’absence de sociologie tout au long de la thèse qui prétend pourtant se rattacher à l’une des grandes traditions sociologiques, le rapport de lecture pourrait se conclure sur un jugement de dysfonctionnement des procédures universitaires, pour ne pas dire plus. Mais la thèse se place elle-même sur un terrain qui échappe totalement au sociologue. Par ses multiples références à des mécanismes célestes et par la revendication permanente de la légitimité académique et scientifique du discours astrologique, l’auteur de la thèse oblige le lecteur-sociologue à passer le relais aux physiciens et astrophysiciens afin qu’ils se prononcent sur le degré de sérieux des références et citations scientifiques utilisées, ainsi que des arguments ou des « preuves irréfutables en faveur de l’influence planétaire » . Enfin, parce qu’il est question d’épistémologie dans la thèse, que les références à des philosophes sont multiples et que la philosophie était représentée dans le jury de thèse, il paraissait logique d’examiner la thèse à partir d’un point de vue philosophique .

Un tel rapport de lecture (disponible ci-dessous) était indispensable pour qu’un peu plus de vérité sur cette thèse soit portée à la connaissance du public. Il a demandé un long et minutieux travail mais c’est avec l’espoir qu’il soit utile au plus grand nombre que ceux qui ont contribué à sa rédaction ont consenti à s’investir si fortement.

Le 6 août 2001

Mis en ligne le 10 avril 2001
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