Tout ce que nous ne savons pas encore — Le guide de l’Univers inconnu

Note de lecture de Christine Mourlevat-Brunschwig - octobre 2018

Tout ce que nous ne savons pas encore

Le guide de l’Univers inconnu

Jorge Cham et Daniel Whiteson
Éditions Flammarion Jacob, 2018, 383 pages, 21,90 €

Difficile de résister à un titre si affriolant, et pourtant, cet ouvrage censé présenter de manière amusante les défis scientifiques qui s’offrent à notre entendement, en matière de cosmologie, se révèle assez ardu à lire. S’il adopte un ton très familier, cherchant à être actuel, il devient assez rapidement infantilisant entre jeux de mots systématiques et dessins humoristiques souvent puérils (même s’il y a aussi des dessins à visée plus pédagogique). Antimatière, big-bang, matière noire, espace-temps… tous les sujets phares de la cosmologie passent à la moulinette de cet humour frénétique en près de 400 pages, plutôt indigestes, le contenu par lui-même restant souvent assez complexe.

Ce livre constitue néanmoins une fourmilière de renseignements sérieux, un peu disséminés, et de pistes pour réfléchir. Par exemple, la découverte du boson de Higgs fut une démonstration du fait que rechercher des structures sous-jacentes constituait une bonne piste pour comprendre l’Univers.

Seul 5 % de l’Univers nous serait connu, et pour découvrir les 95 % restants, on élabore des théories. La découverte de nouvelles dimensions nous donnerait des indices pour résoudre le puzzle du fonctionnement de l’Univers, mais jusqu’à présent, les expériences de mesure de la gravité n’ont rien révélé d’inattendu et le LHC n’a pas permis de découvrir de trous noirs ou de particules se déplaçant dans une autre dimension. « Et d’ailleurs, comme souvent en physique, répondre à une question en suscite d’autres encore plus profondes. Pourquoi l’Univers respecterait-il le lien de cause à effet ? Il ne faut pas s’attendre à ce que l’Univers ait été conçu pour paraître logique à l’esprit humain » (p. 199).

La science-fiction regorge d’hypothèses qui finissent par être prises pour des réalités, comme les sauts possibles dans l’espace-temps à travers les trous de vers, sauf que tous les calculs menés jusqu’à présent montrent qu’ils seraient si instables qu’ils s’effondreraient presque immédiatement.

« Et si la science est un outil des plus efficaces pour répondre à une foule de questions de toutes sortes, elle a aussi ses limitations. Si une théorie ne peut être évaluée par des expériences, elle tombe dans le domaine de la philosophie, de la religion ou de la pure spéculation » (p. 254).

Avec l’expansion de nos capacités à observer l’Univers, certaines questions sont passées du domaine de la philosophie au domaine de la science. L’univers testable (la part d’Univers que nous pouvons connaître par le biais de la science) s’élargit, mais les auteurs soulignent qu’il est possible que certaines questions ne trouvent jamais de réponses, dépassent nos possibilités de vision ou soient inaccessibles à nos capacités cérébrales.

Mis en ligne le 20 novembre 2018
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