Le Paléolithique

Marc Groenen. Le Cavalier Bleu, Coll. Idées reçues, 2008, 128 pages, 10,95 €

Note de lecture de Jacques Van Rillaer

Dans la collection « Idées reçues », dont beaucoup d’ouvrages rejoignent les objectifs de l’AFIS, Marc Groenen a publié un livre sur le Paléolithique qui a l’aspect des célèbres « Que sais-je ? » : en 128 pages, une synthèse des idées essentielles sur un sujet.

L’auteur est professeur de préhistoire et de philosophie des sciences de l’homme à l’Université de Bruxelles. C’est un spécialiste du Paléolithique, période durant laquelle les hommes utilisaient des pierres taillées et qui, pour l’Europe, s’étend de plus de 2 millions d’années à 9 000 ans avant notre ère. Il dirige l’étude de l’art d’une grotte ornée, en Espagne, et a mené des fouilles en Belgique. Il a publié plusieurs ouvrages, dont une Introduction à la préhistoire aux Éditions Ellipses (2009, 208 p.).

Le présent livre procède à la réfutation de vingt thèses défendues par des auteurs d’ouvrages sur la préhistoire. La plupart de ces thèses se retrouvent dans le grand public. L’auteur se fonde sur les progrès considérables que la recherche archéologique a réalisés en un siècle grâce à des techniques sophistiquées (notamment la datation par le carbone 14) et les apports de nombreux spécialistes des gisements, des caractéristiques anatomiques, des phénomènes de transformation des objets, etc. Il consacre un quart du livre à des questions méthodologiques, un autre quart aux recherches sur l’apparition des homininés et des humains (en Afrique, il y a environ 2,4 millions d’années).

Une moitié de l’ouvrage porte sur la vie et la pensée des hommes du Paléolithique supérieur. La « fouille à plat », qui vise à repérer l’organisation des objets et des traces d’activités humaines dans l’espace, fait constater que les hommes de cette époque (Cro-Magnon) disposaient d’ustensiles variés (par exemple des aiguilles à chas), qu’ils avaient des espaces structurés en fonction de différentes activités et produisaient parfois des objets en série qu’ils échangeaient. Ils pratiquaient des rites funéraires. Des indices font penser qu’ils croyaient dans une vie après la mort et dans des créatures surnaturelles. Ainsi, 25 000 ans avant les Égyptiens, on trouve — en des lieux éloignés les uns des autres — des représentations de créatures composites, la partie supérieure étant animale et la partie inférieure humaine. La réalité des hommes préhistoriques est loin de cette représentation populaire : des êtres violents, couverts de peaux de bêtes, habitant dans des cavernes au milieu de déchets.

Mis en ligne le 29 juin 2015
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