Freud et Léonard de Vinci - Quand un déjanté décrypte un géant

René Pommier. Éditions Kimé, 2014, 135 pages, 18 €

Note de lecture de Martin Brunschwig - SPS n° 312, avril 2015

Quiconque commencerait la lecture de Freud par Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci, pourrait, à la condition d’être doté d’un peu de bon sens et d’esprit logique, se convaincre tout de suite qu’il a à faire à un esprit complètement déjanté. (p. 9)

J’ai choisi en exergue tout simplement la première phrase du livre. Je crois qu’on ne peut mieux en donner le ton : René Pommier, dont on connaît bien le mordant1, nous offre un livre jubilatoire, véritable « dessert intellectuel » ! Nous avons analysé de nombreuses fois dans nos colonnes les faiblesses de la psychanalyse, les mensonges de Freud et l’absence de validation scientifique des principaux concepts psychanalytiques. Mais Pommier va bien plus loin, en montrant noir sur blanc que Freud est un « esprit dérangé ». Les analyses qu’il a faites autour de Léonard de Vinci, et qu’il estimait lui-même une de ses œuvres les plus réussies, fourmillent non seulement d’absurdités ou d’élucubrations, mais sont carrément insensées !

L’auteur s’en donne donc à cœur joie : « la statue du commandeur » n’est pas juste ébranlée ou déboulonnée, mais pulvérisée, « éparpillée façon puzzle » par un René Pommier, tonton flingueur au meilleur de sa forme. Il fait d’ailleurs le plus souvent des raisonnements simples, ou de « banales » constatations suffisant néanmoins à anéantir les grandioses échafaudages freudiens, qui reposaient finalement sur du sable…

Les exemples ne manquent pas, allant de « l’erreur de traduction », en fait volontaire2, aux hypothèses gratuites jamais confirmées3, en passant par des contradictions flagrantes4 ou des interprétations aussi inutiles que farfelues5.

R. Pommier nous décrypte tout cela avec une logique et une évidence rendant la lecture facile et réjouissante. La conclusion s’impose : Freud était un grand malade ! Et une deuxième conclusion s’impose : lisez ce livre euphorisant qui rend intelligent. On a l’impression qu’ensuite on se fera moins mener en bateau, que ce soit par Freud ou par d’autres. Un bon exercice de gymnastique intellectuelle, donc !

1 Par exemple cette analyse de son livre sur René Girard par Jacques Van Rillaer, ici : http://www.pseudo-sciences.org/spip...

2 Freud a conservé sciemment la fausse traduction de « milan » en « vautour » pour s’appuyer sur un mythe égyptien.

3 Exemples innombrables ! Comme la Joconde, en qui Léonard aurait « retrouvé le sourire de sa mère »...

4 Le fameux vautour, d’un rêve de Léonard analysé par Freud, est tantôt « l’image d’un pénis », tantôt une femelle, selon les « besoins » de Freud et les conclusions auxquelles il a choisi d’emblée d’aboutir ; le rôle du père de Léonard, décrit de façon contradictoire, etc. etc...

5 Là encore, exemples multiples, comme cette description de l’enfant « repu du sein maternel », identifié à l’amant comblé après l’acte sexuel !

Mis en ligne le 16 avril 2015
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