L’Association française pour l’information scientifique (AFIS, créée en 1968) a pour but de promouvoir la science contre ceux qui la détournent à des fins lucratives ou idéologiques, ou usent de son nom pour couvrir des entreprises charlatanesques. Elle apporte un éclairage sur des sujets de société qui sont traités de manière pseudo-scientifique et font l’objet de désinformation ou polémiques, notamment autour de la santé, des nouvelles technologies et de l’environnement.

L’AFIS est indépendante de tout groupe de pression et s’interdit toute concession au sensationnalisme, et toute complaisance envers l’irrationnel.

Notre histoire

par Jean-Pierre Thomas

L’AFIS (Agence Française d’Information Scientifique) est créée et publie le premier numéro de ses cahiers en novembre 1968 (16 pages), sous la férule de Michel Rouzé, journaliste scientifique, qui dirigea auparavant le mensuel de vulgarisation Diagrammes pendant dix ans. A cette époque, il veut prolonger le contact avec ses lecteurs quand ce magazine cesse de paraître. Cette agence se propose de diffuser par divers moyens - notamment conférences - débats et publications - une information accessible au grand public non spécialisé, indépendante de toute pression des intérêts privés, et qui dénonce le charlatanisme pseudo-scientifique.

L’éditorial du n° 1 précise que : Notre but est de retenir chaque mois, dans l’actualité scientifique et technique, un certain nombre de faits pour en considérer d’abord la signification humaine. La grande presse et les périodiques de vulgarisation sont sollicités par des exigences diverses (...) ; quête commerciale de la sensation, ne reculant pas toujours devant la déformation ou la complaisance pour l’irrationnel. (...) [les Cahiers de l’AFIS] sont rigoureusement indépendants de tout groupe de presse et d’édition comme des caprices ou des combinaisons des hommes d’affaires. (...)

Les activités de l’Agence se polarisent vite autour de la publication des cahiers mensuels dont les premiers abonnés sont trouvés parmi les anciens lecteurs de Diagrammes. Le fait qu’il s’agisse d’une "agence" entraîne des servitudes lourdes à l’égard du fisc, alors que l’objectif n’est pas de réaliser des bénéfices, mais d’informer, en assurant seulement l’équilibre des recettes et des dépenses. On se résout donc à abandonner la structure "agence" pour celle d’une association "loi de 1901", à but non lucratif. Le sigle AFIS se trouve ainsi conservé et le but des Cahiers est toujours clairement réaffirmé : L’information scientifique, dans un langage accessible à tous, doit dénoncer sans réserve les charlatans malfaisants des pseudo-sciences et de l’irrationnel.

Au fil du temps, l’orientation de la revue s’affermit dans cette lutte contre les pseudo-sciences et toute forme de charlatanisme. Elle trouve son titre actuel, Science et pseudo-sciences, et devient bimestrielle, au lieu de mensuelle, au n° 153 (janvier -février 1985) en augmentant simultanément sa pagination. Elle rappelle toujours les tâches auxquelles elle se consacre :

- Extraire de l’actualité scientifique, dans un langage aussi clair que possible, quelques informations parmi les plus intéressantes, et en souligner à l’occasion les à-côtés peu connus du public.

- Dénoncer sans indulgence les mystifications pseudo-scientifiques et le charlatanisme habillé du masque de la Science.

Et les buts qu’elle s’est fixée :

- Apporter des nouvelles d’actualité dans toutes les branches de la recherche

- Combattre les charlatans et les marchands de fausses sciences (astrologie, soucoupes volantes, sectes, "paranormal", médecines fantaisistes)

- Défendre l’esprit scientifique contre la menace d’un nouveau Moyen - Age.

Elle se dote la même année d’un comité de rédaction, initialement constitué de : Jean-Pierre Adam, Dominique Caudron, Robert Dalian, Yves Galifret, Maurice Gross, Jean-Claude Pecker, Michel Rouzé et René L. Seynave, auxquels s’ajoutent dans les mois qui suivent Henri Broch et Patrick Bollé. Le nom de Robert Dalian disparaît au début de 1990.

Une assemblée générale a lieu le 20 janvier 1987, qui présente, devant une assistance fort modeste en raison de l’hiver rigoureux, un rapport financier, un rapport moral, et des projets de renouvellement du bureau et de renforcement de la rédaction.

L’année suivante, la revue rappelle les principes qui motivent l’AFIS :

L’Association Française pour l’Information Scientifique se donne pour but de promouvoir la science contre ceux qui nient ses valeurs culturelles, la détournent vers des œuvres de mort ou encore usent de son nom pour couvrir des entreprises charlatanesques. La science ne peut résoudre à elle seule les problèmes qui se posent à l’humanité, mais on ne peut les résoudre sans faire appel à elle. Les citoyens doivent être informés des progrès scientifiques et techniques et des questions qu’ils soulèvent, dans une forme accessible à tous et sans tenir compte de la pression des intérêts privés. Ils doivent être mis en garde contre les fausses sciences et ceux qui dans les médias leur prêtent la main par intérêt personnel. Outre la diffusion de ses cahiers bimestriels Science et pseudo-sciences, l’AFIS envisage des réunions comme celle organisée naguère avec succès pour éclairer l’opinion sur le scandale des "avions renifleurs". L’astrologie, les médecines dites parallèles, l’ingénierie génétique, la procréation artificielle, les pollutions industrielles pourraient fournir les prochains thèmes à débattre. L’AFIS appelle à la rejoindre tous ceux qui espèrent en la raison humaine contre l’obscurantisme. La cotisation annuelle (indépendante de l’abonnement aux Cahiers) est fixée à 50 F (...). Elle donne lieu à des convocations particulières aux conférences et aux assemblées générales.

Une nouvelle assemblée générale a lieu le 16 mai 1992, qui ouvre le débat sur l’orientation et la diffusion des cahiers Science et pseudo-sciences, la recherche de collaborateurs et des projets pour d’autres formes d’activités. Peuvent participer aux débats amicaux et aux décisions les abonnés aux Cahiers dont la bande - adresse porte l’une des mentions A (adhérent) ou S (soutien), ces derniers étant (sauf s’ils le récusent) considérés comme adhérents de l’Association. Le renouvellement du bureau de l’AFIS et du Comité de rédaction des Cahiers sont renvoyés à une future assemblée générale.

Cette assemblée générale extraordinaire a lieu à l’Institut d’Astrophysique de Paris le 14 mai 1993 après une conférence d’Albert Jacquard qui a pour thème "Qu’est-ce que l’homme aujourd’hui ?". Les points principaux abordés sont le renouvellement du bureau de l’association et du Comité de rédaction et les projets pour la rédaction et la promotion des Cahiers. L’assemblée décide de rassembler en un seul organisme le comité de rédaction de Science... et pseudo-sciences et le conseil d’administration de l’Association. Une liste provisoire des membres de ce "Conseil de l’AFIS" est adoptée à l’unanimité. Ce conseil se réunit le 18 juin suivant afin de coopter de nouveaux membres et de définir les responsables des activités principales. Aux précédents membres du comité de rédaction s’ajoutent : Jean-Jacques Aulas, Jean-Yves Cariou, Jean-Paul Krivine, Henri Manguy, Jérôme Munnier, Iulius Rosner, Jean-Pierre Thomas, Ginette Vargin-Oru et Igor Ziegler, puis y viendront Paul Carré et Frédéric Lequêvre. René L. Seynave quitte la liste. Ce conseil décide une réunion publique, qui aura lieu le 27 novembre 1993 à l’Institut d’Astrophysique de Paris, sur le thème "Astrologie - Astronomie", avec un exposé de Frédéric Lequêvre sous la présidence de J.C. Pecker.

A compter de l’automne 1997, le Conseil de l’AFIS devient Conseil de la Rédaction. Jacques Poustis est le dernier en date à le rejoindre à compter du n° 230 (novembre - décembre 1997).

Enfin l’assemblée générale du 23 octobre 1999 se réunit pour définir les perspectives de l’association et de sa revue, compte tenu de l’état de santé défaillant de son rédacteur en chef Michel Rouzé.

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