La communication facilitée ferait-elle des miracles ?

par Brigitte Axelrad - SPS n°302, octobre 2012

Selon un journal italien1, un jeune homme atteint de trisomie 21 aurait réussi son baccalauréat avec 20 sur 20, grâce à la communication facilitée.

Un lecteur non averti saluera spontanément une méthode capable d’aider un jeune trisomique à révéler aussi excellemment ses capacités. Pourtant, dans la situation dite de la « communication facilitée », les expériences en double aveugle menées dans plusieurs pays, notamment en Belgique au moment du cas de Rom Houben, ont montré que, lorsque le ou la facilitant(e) ne connaît pas la réponse à la question posée au facilité, celui-ci se trompe (voir encadré).

Dans le cas de ce jeune bachelier, il nous semble raisonnable de penser que, soit il était capable de réussir son bac et n’avait peut-être besoin que d’une aide technique pour l’aider à écrire, ce qui n’a rien à voir avec la « communication facilitée », soit c’est sa facilitatrice qui avait bien appris ses leçons.

Ou alors le jury a été particulièrement indulgent.

La communication facilitée

Extrait du « Guide santé et dérives sectaires » que vient de publier la MIVILUDES (avril 2012), la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

« Il s’agit d’un procédé qui permettrait aux personnes privées de paroles (autistes, polyhandicapés, traumatisés crâniens...) de s’exprimer en tapant à la machine avec un doigt. Un partenaire leur soutient la main ce qui favorise les échanges inconscients d’information entre les deux. Le patient se brancherait sur le cerveau de son partenaire et utiliserait son équipement moteur, sensoriel, et même psychique pour exprimer sa propre pensée. Les handicapés mentaux sévères, les non voyants de naissance, les sourds profonds, les patients en phase de réveil de coma, les enfants présentant des troubles psychosomatiques seraient éligibles à cette pratique.

Cette méthode est aujourd’hui l’objet d’une controverse en raison des publics extrêmement fragilisés auxquels elle s’adresse. À défaut de pouvoir la qualifier de « sectaire » en l’état actuel des investigations menées à son sujet, de fortes présomptions de risque de déviances thérapeutiques sont émises par un grand nombre de professionnels, qu’il s’agisse des institutions représentatives de la profession médicale comme l’Ordre national des médecins ou des syndicats professionnels des soins de suite et de réadaptation ».

On se reportera aux différents articles publiés par Science et pseudo-sciences : La « communication facilitée » ou « psychophanie », Rom Houben : la parodie de la « Communication facilitée » enfin démasquée.

Mis en ligne le 20 mai 2013
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