Maïs génétiquement modifié contre la pénurie alimentaire au Kenya

par Louis-Marie Houdebine - SPS n° 298, octobre 2011

Afin de pallier le manque chronique de nourriture pour sa population, le Kenya a recours à l’achat de maïs contenant une variété transgénique résistant à des insectes. Il s’agit simplement d’acheter du maïs et non de le cultiver, comme cela est déjà le cas dans plusieurs autres pays africains. Le prix de ce maïs est 30 % inférieur à celui du maïs conventionnel, ce qui est d’autant moins négligeable que le prix de cette denrée a augmenté de 25 % depuis qu’il est utilisé massivement pour la préparation de biocarburant. Des opposants ont jugé bon de dénoncer cette initiative en prétendant qu’elle menaçait la biodiversité du Kenya, qu’elle allait augmenter la dépendance des petits agriculteurs vis-à-vis des multinationales et que le Kenya ne disposait pas de structures permettant d’évaluer les risques que soulève l’utilisation des OGM. Ces trois arguments sont inexacts. Le maïs ne se ressème pas, qu’il soit transgénique ou non. Son utilisation ne menace donc en rien la biodiversité et ce serait également le cas s’il était cultivé. Les agriculteurs ont largement répondu, par leur acceptation de certains OGM, qu’ils préféraient dépendre des entreprises que du manque de nourriture. Le gouvernement du Kenya, comme ceux de trois autres pays africains, a par ailleurs pris des mesures appropriées pour maîtriser l’utilisation des OGM. Cette contestation est donc non seulement, encore une fois, non pertinente, mais elle risque de retarder voire d’empêcher la mise à disposition du maïs pour ceux qui en ont un urgent et pressant besoin.

Sources :
« Feu vert à l’importation de maïs transgénique », Le Monde, 12 juillet 2011
« Kenya set to give green light to GM crops », Nature News, July 11, 2011.

Mis en ligne le 1er janvier 2012
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