L’impact de l’agriculture biologique sur la biodiversité

par Guillaume Calu - SPS n° 291, juillet 2010

Les partisans de l’agriculture biologique argumentent souvent que leur système de production est plus respectueux de l’environnement et de la faune sauvage. Mais qu’en est-il véritablement ? Une équipe de chercheurs de l’Université de Leeds (Angleterre) s’est penchée sur la question.

Afin de comparer l’agriculture biologique au système conventionnel, ces chercheurs britanniques ont sélectionné trente deux fermes du centre et du sud-ouest du Royaume-Uni. Leur étude prend en compte 30 variables, allant de la météorologie, de la topographie, du type de sol, jusqu’au contexte socio-économique local. Des comparaisons entre champs de culture ont également été menées à partir de 192 parcelles agricoles. Les chercheurs ont ensuite inventorié les populations d’oiseaux, d’insectes, de lombrics et de plantes présentes.

En comparant ferme par ferme, les chercheurs ont relevé une chute de 55% des rendements et une hausse de 12,5% de la biodiversité spécifique en système agricole biologique. Les zones rurales suivies présentant les plus fortes fréquences de parcelles agricoles biologiques augmentent la biodiversité de 9,1 % par rapport à leur périphérie. En revanche, les parcelles agricoles conventionnelles en très forte minorité dans des secteurs à forte production biologique utilisent de plus fortes doses d’herbicides que des parcelles conventionnelles situées dans des zones majoritairement en système conventionnel.

Pour le Pr Tim Benton, qui a dirigé cette étude, ces travaux montrent que les bénéfices apportés à la biodiversité par l’agriculture biologique restent limités pour les zones étudiées, par rapport aux fortes baisses de rendement enregistrées. Les auteurs concluent également que les bénéfices pour la biodiversité sont encore plus intéressants si les parcelles biologiques sont regroupées, et que ce système agricole devrait être plutôt réservé à des zones rurales déjà en faible rendement, afin de proposer une reconversion de ces zones en réserves naturelles.

Pour en savoir plus : Gabriel D. et al. Ecology Letters, 2010 ; DOI:10. 1111/j.1461-0248.2010.01481.x

Mis en ligne le 19 août 2010
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