« Que sait-on des effets sanitaires des ondes électromagnétiques, en particulier en ce qui concerne les communications sans fil et les lignes à haute tension ? À ce jour, le bilan des données scientifiques ne justifie pas d’envisager une remise en cause des recommandations faites par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP). [...] [Mais] l’émotion est au cœur du débat et l’ensemble est trop souvent traité de façon pseudo-scientifique pour servir des thèses préétablies. Une méconnaissance du sujet, des raccourcis fâcheux, l’amalgame avec les risques du tabac ou de l’amiante sont fréquents et rendent discutable une bonne part de l’information fournie au public. » (Extraits de l’article d’Anne Perrin, « Ondes électromagnétiques : comment s’y retrouver dans l’information ? »). Dans le dossier que nous avons publié dans le n° 285 de Science et pseudo-sciences (SPS, avril-juin 2009), nous nous sommes efforcés de présenter clairement les informations scientifiques disponibles. Ce dossier sera complété ici en fonction de l’évolution des débats et des recherches.

Les lampes basse consommation d’énergie

par Martine Souques - SPS n° 285, avril-juin 2009

Dans le contexte de la promotion des lampes à basse consommation d’énergie (LBC ou lampes fluocompactes) et la suppression progressive des lampes à incandescence, certaines voix se sont émues des effets possibles (considérés comme certains dans ces publications) sur la santé en raison du rayonnement électromagnétique de ces dispositifs. Mesures à l’appui, ces voix affirment que les émissions sont au-dessus de la norme française d’exposition au champ électromagnétique. En fait, les auteurs de cette étude1 n’ont pas fait de mesure en analysant le spectre des fréquences émises.

De fait, les LBC fonctionnent selon le principe bien connu des tubes fluorescents. Elles émettent des champs électromagnétiques dans plusieurs gammes de fréquences, de 50 Hz à 10 MHz. Cependant, les mesures effectuées2 dans ces différentes gammes, sur mandat de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) et de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) sont très inférieures aux niveaux indiqués dans la Recommandation européenne de juillet 1999 sur l’exposition du public aux champs électromagnétiques (1999/519/CE).

C’est également l’avis rendu le 23 septembre 2008 par le SCENIHR3. Ce comité a examiné trois caractéristiques de ces lampes : l’éclat, les champs électromagnétiques et les UV. Le comité a identifié, en l’absence d’étude précise sur les LBC, que le léger rayonnement UV/lumière bleue pourrait être un facteur de risque pour l’aggravation des symptômes chez quelques patients sensibles à la lumière, dans le cas d’exposition prolongée et rapprochée, à moins de 20 cm. Aucune indication n’a été retrouvée qui montrerait que les champs électromagnétiques ou l’éclat pourrait avoir des conséquences sur la santé.

Depuis, suite à la publication de recherches financées par le NIH4, les experts du NIEHS5 ont rendu un avis en novembre 2008, qui est que les LBC n’aggravent pas les symptômes cutanés chez les personnes ayant des affections dermatologiques.

Finalement, ces données suggèrent que les lampes à basse consommation sont sûres et peuvent être substituées aux ampoules à incandescence standard6, contribuant ainsi de manière non négligeable aux économies d’énergie. En revanche, il faut avoir conscience que ces lampes basses consommation ne doivent absolument pas finir dans notre poubelle mais partir dans le circuit du recyclage en raison de la faible quantité de mercure qu’elles contiennent. Reste à savoir comment celui-ci sera organisé.

Le commerce des inquiétudes

Peu importe la réalité des dangers, il y a un marché associé aux peurs et craintes qui se développent dans le public. En témoigne l’initiative prise par une petite entreprise monégasque : « Une ampoule basse consommation avec filtre anti-radiation ? Telle est l’innovation présentée fin janvier 2008 par ITS, une PME monégasque spécialisée dans la protection et la sécurité électronique, en réponse aux observations du CRIIREM. “D’un point de vue technique, assure ITS, le problème n’est pas trop compliqué à résoudre”. En modifiant le circuit et en blindant la douille avec ce filtre anti-radiation, nous sommes descendus à 0 V/m à 50 cm d’une ampoule de 20 W, et moins de 1,8 V/m à 20 cm. Ce qui est 40 fois inférieur aux ampoules à économie d’énergie classiques. Vendues à un prix de 6 à 7 euros l’ampoule d’une puissance de 9 à 20 W, les négociations avec la grande distribution sont en cours. »

J.-P. K.

Source : http://www.novethic.fr/novethic/v3/...

1 Communiqué » de presse du 21/08/2007 par le CRIIREM et Arca Ibérica ; http://criirem.ouvaton.org/IMG/pdf/....

2 http://www.bag.admin.ch/themen/stra....

3 Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks, Light Sensitivity. The SCENIHR adopted this opinion at the 26th Plenary, on 23 September 2008.

4 The National Institut of Health

5 The National Institute of Environmental Health Sciences. Environmental Factor, 11/2008.

6 Chignell CF, Sik RH, Bilski PJ. « The photosensitizing potential of compact fluorescent vs. incandescent light bulbs ». Photochem Photobiol, 2008, 84 (5) : 1291-1293.

Mis en ligne le 19 juin 2009
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