Courriels et courriers : octobre à décembre 2008

SPS n° 284, janvier 2009

Zététique

Depuis bien longtemps abonné à Science et pseudo-sciences que j’approuve pleinement, je vous signale une petite anomalie, qui participe à minorer votre (notre) influence : l’emploi du mot zététique (n° 282 de juillet 2008, page 13). Ce terme, dont je n’ai pu, dans un premier temps, comprendre le sens, ne figure pas dans le dictionnaire le plus courant, le Larousse de 2002. Il ne figurait déjà plus dans le Quillet-Flammarion de 1953. Par contre vous le trouverez dans le Littré des années 1870 (comme c’est dans le dernier tome, il a dû paraître cinq ou dix ans plus tard). Le sens en est précis : « méthode dont on se sert pour résoudre un problème de mathématiques, et en général celle dont on se sert pour pénétrer la raison des choses ». Ce terme, oublié depuis plus de cinquante ans, peut dérouter, et une explication minimale aurait été utile, ne serait-ce qu’un renvoi aux pages 35-36, en note, avec la référence à Littré 1872 et… à un enseignement universitaire d’Henri Broch ! Mais, où sont les neiges d’antan ?

Avec mes meilleures amitiés.

Docteur J.G. Rozoy (Charleville-Mézières)

La démarche qui est la nôtre peut difficilement se résumer en un seul mot. Nos amis d’outre-Atlantique se qualifient de « sceptiques ». En France, nous utilisons plus volontiers « rationaliste ». Henri Broch, avec ses ouvrages, a commencé à populariser le terme de zététique et, vous avez raison, il nécessite d’être expliqué. Mais à chaque fois, c’est le même objectif qui est visé : réhabiliter la méthode scientifique et rationnelle pour explorer la réalité des choses.

Homéopathie et vaccin

Je viens de découvrir, avec plaisir et intérêt, votre revue en kiosque. La chasse aux mystificateurs et à l’obscurantisme est un vaste programme et je vous souhaite bonne chance dans cette lourde et indispensable tâche. Je voudrais revenir particulièrement sur votre article concernant l’homéopathie, m’étant souvent « disputé » avec beaucoup de personnes fortement « croyantes » (car il s’agit bien de croyance). Ces personnes me rétorquent que c’est le même principe que la vaccination, et que la vaccination […] ça marche. […]. Mon degré d’étude ne me permet pas de leur répondre […]. Vous est-il possible de m’apporter plus ample information sur le sujet ?

D. L. (Amiens)

Homéopathie et vaccination, une question qui nous est souvent posée. Vous trouverez dans ce numéro de Science et pseudo-sciences l’article de notre collaborateur Martin Brunschwig qui, nous l’espérons, répondra à votre interrogation.

Les électrosensibles

L’article sur les ondes électromagnétiques paru dans votre site est un modèle de désinformation. En premier lieu, c’est une insulte aux EHS (électro-hypersensibles) dont je fais partie. La sensibilité des EHS est tout simplement 10, 100 à 1000 fois supérieure à celle du citoyen lambda. Assimiler les EHS à des malades imaginaires est une hypocrisie et une malhonnêteté intellectuelle.

Au second lieu, vous êtes mal informés. Les preuves scientifiques de la dangerosité des micro-ondes pulsées ont été amplement confirmées par les études indépendantes, notamment le rapport Bioinitiative paru le 31 août 2007. La récente étude belge présentée par Dirk Adang sur les rats de laboratoire a donné des résultats inquiétants. Le taux de mortalité (60 %) dans les trois groupes de rats exposés aux hyperfréquences a été deux fois plus important que celui constaté (29 %) dans le groupe témoin […]. L’irradiation de la population toute entière, parfois contre sa volonté, sera probablement le plus grand scandale sanitaire du 21e siècle. Les générations futures maudiront tous ceux qui ont laissé s’installer cette technologie de mort.

CS par courrier électronique.

Dire que les symptômes dits d’électrosensibilité ne sont pas liés aux champs électromagnétiques ne revient pas à nier leur existence, ni à dénigrer ceux qui en sont victimes, ni les traiter de malades imaginaires. Simplement, aucune étude n’a réussi à établir un quelconque lien entre ces symptômes et les champs électromagnétiques. Quant à la question de l’impact réel ou supposé des ondes électromagnétiques, il serait nécessaire pour y répondre sérieusement de consacrer beaucoup plus de place au sujet qu’une rubrique des lecteurs. Et c’est justement ce que nous avons en préparation avec un dossier complet dans un tout prochain numéro de Science et pseudosciences. Surveillez votre abonnement, ou vérifiez régulièrement chez votre marchand de journaux.

L’inné plus important que l’acquis ?

Dans la dernière livraison de SPS, dont j’apprécie toujours le contenu, l’article « Numérologie, fantômes et psychanalyse... » signé par Nicolas Gauvrit apporte des lumières très intéressantes sur les sujets abordés. Un point particulier cependant me pose problème. Je cite les phrases qui ont attiré mon attention : « Les travaux de la psychologie scientifique des dernières décennies montrent de manière à peu près indiscutable que l’inné est bien plus important qu’on ne le pensait » ... « La communauté scientifique s’accorde à dire que le tempérament est déterminé en partie non négligeable (mais pas seulement) par les gènes » ... « L’acquis familial est donc (souligné par moi) minoritaire dans l’explication du tempérament… ». Il me semble que l’auteur glisse ici un peu audacieusement du qualitatif au quantitatif. J’ai le sentiment que si les acquis scientifiques permettent de s’interroger sur l’importance relative de l’inné et de l’acquis, ils peuvent difficilement permettre une appréciation quantitative de leurs poids respectifs. Les idées modernes sur l’expression des gènes (par exemple à travers la notion d’épigénèse selon J.P. Changeux) conduisent à penser que l’influence du « milieu » reste déterminante dans bien des cas, sans qu’il soit possible me semble-t-il d’apprécier quantitativement et de manière générale son importance. En tout état de cause, l’idée que la présence des gènes est suffisante pour expliquer la manifestation d’un caractère, physique ou non, ne correspond plus aux modèles utilisés.

Ce point de détail n’enlève rien bien entendu à l’intérêt et à la qualité de l’ensemble de l’article. Je souligne en outre que, bien que de formation scientifique, je ne suis pas du tout spécialiste du domaine évoqué ici. J’essaie simplement d’utiliser ce que je retiens de mes lectures pour exercer mon esprit critique, comme le recommande Science et pseudo-sciences ! Bien entendu, je ne suis pas à l’abri de quelque erreur due à la limitation de mes connaissances.

François Jardat

Expérience de mort imminente

Je vous écris au sujet des états modifiés de la conscience. Je ne comprends pas pourquoi avec les moyens dont nous disposons actuellement (au niveau scientifique), nous ne pouvons reproduire en laboratoire des expériences de mort imminente (EMI) pour pouvoir effectuer des recherches beaucoup plus poussées sur le sujet ! En effet suite à votre dossier, des souvenirs de mon enfance ont refait surface... Ayant vécu moi-même une EMI à l’âge de 16 ans, je ne comprends pas comment mon cerveau a pu reproduire une image de moi vue du plafond avec exactement le même emplacement, que ce soit au niveau des objets ou au niveau des personnes. En effet, à mon réveil, tout était comme dans mon rêve, si on peut dire ! N’ayant aucune croyance particulière, et étant très terre-à-terre, cette expérience m’a bouleversé et, depuis, je recherche certains travaux relatant des avancées sur le sujet ! Mais hélas, en vain […].

CM par courrier électronique.

Les expériences scientifiques existent, et les résultats aussi. Les scientifiques ne parlent pas de « mort imminente » mais d’« expérience extracorporelle ». Ils n’évoquent pas non plus une âme qui sort de son corps comme certains partisans du paranormal le font. Vous trouverez dans ce numéro (rubrique « Un monde fou, fou, fou… ») la référence à de récents résultats publiés dans la revue Science.

Un aliment « miracle », mais bien réel

Comme toujours j’ai été enchantée de recevoir votre revue, d’autant plus que le sujet me touchait professionnellement. Mais je me rends compte que vous avez totalement oublié un pan entier de l’alimentation : celle des nourrissons et enfants ! Ce qui représente tout de même quelques millions de français (800 000 naissances par an en France) […]. Si je vous parlais d’un aliment pour l’enfant qui l’aide à renforcer son système immunitaire, qui améliore l’efficacité des vaccins, qui lui permet de réduire l’incidence et la gravité des infections ORL, digestives et respiratoires, qui lui permet de réduire ses risques de pathologies cardio-vasculaires à l’âge adulte, qui réduit ses risques de diabète, d’obésité et d’allergies, qui augmente son QI de quelques points… un aliment qui contient des immunoglobulines, de la lactoferrine, des hormones naturelles, des facteurs de croissance et de cicatrisation, des anticorps ?

Vous n’avez pas trouvé quelle firme commercialise cet aliment miracle ? Quel gourou vend ces bénédictions surnaturelles ? Bien sûr, car en plus cet aliment est gratuit !!! […]

Vous n’avez pas parlé du lait maternel dans votre dernier numéro ! […]

Isabelle Comas

C’est vrai, nous n’avons pas parlé du lait maternel et de ses qualités. Notre dossier ne pouvait pas être exhaustif sur un sujet aussi large que « alimentation et santé ». Mais le sujet mériterait qu’on y consacre un prochain article.

Mis en ligne le 30 janvier 2009
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