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Aspartame

Sucrette story

Publié en ligne le 9 mai 2014 -
par Jean-Paul Krivine - SPS n° 306, octobre 2013

Il y a quatre ans, dans le cadre d’un dossier sur l’alimentation et la santé 1, nous publiions un article sur l’aspartame faisant le point sur les risques allégués quant à la consommation de cet édulcorant très répandu. Dans sa conclusion, Gérard Pascal 2, résumait ainsi la situation : « ce sont des centaines de scientifiques qui se sont exprimés sur les risques sanitaires de l’aspartame, dans des instances multidisciplinaires, nationales et internationales, depuis plus de vingt ans. La masse de données toxicologiques chez l’animal et épidémiologiques chez l’homme est considérable et disponible publiquement. Aucune des contestations de l’innocuité de la substance utilisée dans le respect des autorisations délivrées n’a pu être reconnue comme scientifiquement fondée par les instances d’expertises, sur la base de publications de résultats de travaux réalisés selon la démarche de la recherche scientifique ».

Malgré cela, la polémique est régulièrement relancée, distillant à la fois la peur des édulcorants et la méfiance envers l’expertise de santé publique, accusée de nier un « scandale sanitaire en cours » (Le Point, septembre 2011) ou un « scandale Médiator à venir » ( Marianne , 15 janvier 2011).

Aspartame et femmes enceintes : quoi de neuf ?

La controverse a été relancée suite à la publication fin 2010 d’une étude danoise [1] portant sur près de 60 000 femmes enceintes évoquant un risque accru d’accouchement prématuré chez les grandes consommatrices de sodas allégés (contenant des édulcorants). Comme trop souvent, la presse et certaines associations, peut-être en se citant les unes les autres, ont médiatisé une lecture biaisée de l’étude, dénonçant les méfaits de l’aspartame et appelant les gouvernements à prendre des mesures d’interdiction, sous peine de se voir accusés de laisser se développer un nouveau scandale de santé publique.

Qu’est-ce que l’aspartame ?

L’aspartame est un édulcorant non nutritif, une substance qui a une saveur sucrée très supérieure à celle du saccharose (le sucre), de l’ordre de 200 fois, et qui permet donc de remplacer celui-ci dans les aliments et les boissons, sans apporter de calories en quantité appréciable. L’aspartame est l’ester méthylique d’un dipeptide, c’est-à-dire une molécule constituée de l’association de deux acides aminés (l’acide aspartique et la phénylalanine) constituants normaux des protéines alimentaires et de nos protéines corporelles. Il a été découvert par hasard en 1965 par un scientifique de la firme Searle qui s’était involontairement mouillé les doigts avec une solution de ce qui n’était alors qu’un intermédiaire de synthèse et qui en a découvert la forte saveur sucrée ! La synthèse de l’aspartame peut être chimique ou enzymatique. C’est une molécule très stable en milieu solide et qui se dégrade lors d’une conservation de longue durée en milieu aqueux. Ses produits de dégradation en milieu acide ou en milieu neutre ou basique sont parfaitement connus, et ils n’ont plus de saveur sucrée.


L’aspartame est utilisé soit comme édulcorant de table (Equal®, NutraSweet®, Canderel®, Sanecta™, Trisweet™). Il lui a été attribué la référence E951 dans l’Union européenne et est utilisé dans environ 6000 produits alimentaires dans plus de 90 pays dans le monde. Il est aussi employé dans de nombreuses spécialités pharmaceutiques. Difficile donc d’évaluer sa consommation qui va dépendre des différentes autorisations, des habitudes de consommation alimentaire et de médicaments, variables selon les populations. L’une des estimations les plus récentes concerne la population qui est sans doute l’une des plus fortes consommatrices d’aspartame, celle des USA. Elle évalue la consommation moyenne à 330mg/jour/personne et la consommation extrême à 940 (soit respectivement 5 et 13 mg/kg de poids corporel/jour pour une personne de 70kg).

SPS n° 283, octobre 2008

L’aspartame : son nom chimique est L-Aspartyl-L-phenylalanine méthylester. C’est un édulcorant de synthèse qui porte le code E951 dans la nomenclature de l’Union européenne pour l’étiquetage des denrées alimentaires.

Tous les ingrédients sont là pour que le scénario habituel se déroule : « principe de précaution » (pour les décideurs politiques, c’est surtout la précaution contre des procès futurs), on prend des mesures conservatoires, mesures qui renforcent la peur et légitiment les discours alarmistes, même s’ils ne sont pas fondés. Corinne Lepage, élue écologiste au parlement européen, propose ainsi un texte visant à ce que les « dangers de l’aspartame » pour les femmes enceintes soient indiqués sur plus de 6 000 produits alimentaires. Différentes associations, dont le Réseau Environnement Santé (RES) en appelle au ministre de la Santé pour qu’une mise en garde spécifique soit adressée aux femmes enceintes. Plus récemment (novembre 2012), Aline Archimbaud, sénatrice Europe-écologie-Les Verts, a déposé un amendement au projet de loi de finance visant à taxer l’aspartame, responsable selon elle, « de naissances prématurées et de cancers », s’appuyant sur « des rapports indépendants ». Une taxation progressive est proposée, démarrant à 30 € par kg en 2013, 50 € en 2014, 70 € en 2015 et 90 € à partir de 2016.

Pourtant, la lecture même de l’étude aurait dû inciter à plus de circonspection. Les auteurs soulignent que la prématurité constatée est une prématurité induite, provoquée (l’interruption de la grossesse avant terme est le résultat d’une décision médicale), interrogeant sérieusement le lien de causalité allégué par les partisans de l’interdiction de l’aspartame. C’est d’ailleurs ce fait-là qui poussera l’Agence nationale de sécurité alimentaire (ANSES) et ensuite son homologue européenne, l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), à la prudence avant de tirer des conclusions alarmantes. Pour l’EFSA, « aucune preuve disponible dans l’étude ne permet d’affirmer qu’il existe un lien entre la consommation de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants artificiels et l’accouchement prématuré ».

Les avis renouvelés des agences sanitaires

L’étude danoise évoquée plus haut, ainsi qu’une autre étude alléguant une possible influence de l’aspartame sur le risque de cancer du foie [2] ont vite révélé leur manque de pertinence aux yeux des agences sanitaires. Toutefois, devant la pression médiatique et les questionnements du grand public, l’agence française (ANSES) a estimé nécessaire de poursuivre l’évaluation de l’édulcorant par la mise en place d’un groupe de travail « chargé d’évaluer les bénéfices et les risques nutritionnels » des édulcorants, en ciblant l’analyse sur les femmes enceintes dans un premier temps. L’agence est pleinement dans son rôle en décidant de répondre aux interrogations, qu’elles soit légitimes ou suscitées par les actions de marchands de peur. Publié le 4 juin 2012, le premier rapport d’étape de l’ANSES [3] est rassurant, et confirme ce qui est déjà connu :
- les données disponibles « ne permettent pas de conclure à un effet préjudiciable des édulcorants intenses pendant la grossesse, que ce soit sur la santé de la mère, les paramètres obstétricaux, ou la santé du nouveau-né », mais recommande néanmoins que de nouvelles recherches soient entreprises ;
- l’absence de bénéfice nutritionnel propre démontré de la consommation d’édulcorant intense chez la femme enceinte.

Dans le même temps, l’agence rappelle l’importance de limiter la consommation des produits sucrés (boissons et aliments) et souligne que ses premières conclusions ne préfigurent en rien des résultats de l’évaluation des bénéfices et des risques nutritionnels de la consommation des édulcorants intenses dans la population générale.

Malgré tout, cette information a du mal à se frayer un chemin. Le Réseau Environnement Santé, très actif dans la dénonciation des dangers de l’aspartame ne mentionne, dans son communiqué suite à l’avis de l’ANSES, que l’absence de bénéfice nutritionnel, omettant la conclusion sur l’absence de risque 3. Beaucoup de journaux vont relayer cette présentation biaisée, tout en continuant à propager les allégations de l’étude danoise.

Dans le même temps, l’EFSA a décidé d’anticiper l’échéance de la réévaluation de la Dose Journalière Admissible (DJA) de l’aspartame, normalement prévue en 2020 par le règlement européen. Dans une version préliminaire de cette révision (attendue à l’été 2013), l’agence européenne confirme que l’édulcorant « ne présente aucun risque pour la santé avec les niveaux aujourd’hui autorisés en Europe ».

Les édulcorants ne sont certes pas la solution miracle pour maigrir. L’« effet rebond » s’applique ici aussi. Cet effet, observé dans de nombreux comportements humains (économies d’énergie par exemple), traduit la tendance à dépenser « par ailleurs » les économies réalisée par un dispositif ou un produit (une voiture qui consomme moins sera davantage utilisée, un système de chauffage plus efficace se traduira par une température d’ambiance plus élevée, où, pour être plus près de notre sujet, l’autorisation que l’on va s’accorder à consommer plus de chocolats, en « récompense » d’une astreinte aux yaourts light, boissons lights et sucrettes). Une récente étude montre toutefois un gain réel pour les enfants obèses [4].

Les produits avec édulcorant peuvent aussi s’avérer plus caloriques (le poids du sucre est remplacé par des graisses), dans leur composition. Toutefois, les édulcorants peuvent apporter un goût sucré bien agréable dans les régimes sans sucre, particulièrement apprécié par les sujets diabétiques, pouvant ainsi éviter de se sentir exclus lors de réunions amicales par exemple.

La peur résiste durablement aux démentis

Nous l’avons déjà souligné dans de nombreuses situations analogues (voir notre dossier sur la vaccination), la peur, même quand elle est infondée, se propage très rapidement alors que le démenti, quand les rumeurs sont invalidées, est presque inaudible. Ainsi, un sondage réalisé par le JIM (Journal International de Médecine) au mois de janvier 2012 auprès de 390 professionnels de santé internautes inscrits sur la version en ligne du journal révèle que 66 % d’entre eux considèrent nécessaire de recommander aux femmes enceintes d’éviter l’aspartame, tandis que 26 % jugent une telle préconisation inutile et que 8 % laissent apparaître la difficulté de se prononcer sur le sujet. Le journal médical souligne avec pertinence « la grande sensibilité des professionnels de santé aux informations, pas toujours vérifiées et étayées, mises en avant par les médias grand public ».

Une mauvaise étude qui n’a pas eu le temps de défrayer la chronique

Le 24 octobre 2012, est apparu sur le site de l’American Journal of Clinical Nutrition, un des plus grands journaux de nutrition humaine, un article d’une équipe américaine de Boston (Harvard) [1] prétendant démontrer chez l’homme des risques de lymphome et de leucémie dus à la consommation d’aspartame.

Mais, une demi-heure avant publication, le service de communication de l’hôpital qui avait hébergé l’étude, et après avis de ses experts scientifiques, mettait en garde le journal sur la faiblesse de l’étude et le caractère bien prématuré de la promotion des résultats. Dans le même temps, l’hôpital s’excusait du temps perdu par la revue dans cette histoire1.

Pourtant, l’article sera bien publié, l’éditeur indiquant que ses relecteurs avaient poussé à la publication. Toutefois, le journal a demandé des modifications, qui ont été acceptées, présentant clairement les limites et faiblesses de l’étude. La conclusion a été reprise afin que le hasard apparaisse comme une explication possible des résultats présentés. Depuis, les experts qui ont pu se pencher sur l’étude soulignent ses défauts méthodologiques et l’absence de signification statistique des résultats obtenus. L’auteure principale indiquera par ailleurs qu’elle avait dû s’y prendre à de multiples reprises pour trouver une revue qui accepte enfin la publication.

Cette histoire n’est pas sans rappeler celle d’une autre publication, française cette fois-ci, concernant des rats et des OGM. La grande différence, c’est que l’institution américaine qui a hébergé l’étude a jeté un regard critique, certes tardif, sur la qualité des résultats, et a fait connaître ses conclusions. Et que la médiatisation des (mauvais) résultats n’a pas pu se développer à l’image de ce que l’on a connu en France.

1 Source : http://www.wbur.org/npr/163559533/a...

[1] Eva S Schernhammer, Kimberly A Bertrand, Brenda M Birmann, Laura Sampson, Walter W Willett, and Diane Feskanich, "Consumption of artificial sweetenerand sugar-containing soda and risk of lymphoma and leukemia in men and women", American Journal of Clinical Nutrition, doi : 10.3945/ajcn.111.030833

Le cycle de propagation des alertes s’est ici aussi mis en place de façon tout à fait classique : une étude est médiatisée, au mépris de son contenu et de sa portée exacte, une bonne partie de la presse se fait l’écho des peurs et des inquiétudes et interroge les pouvoirs publics sur leur éventuelle passivité. S’ajoute à cela, élément nouveau, le positionnement des enseignes de la grande distribution qui semblent avoir compris l’intérêt à épouser les vagues de peur, au risque de les amplifier, à l’image de Système U qui annonce que ses boissons light U ne contiendront plus d’aspartame en 2012, au vu de la controverse, et « en attendant des réponses » 4. Ces réponses sont parfaitement disponibles à qui veut les chercher auprès des organismes adéquats...

Références
[1] Halldorsson TI, Strom M, Petersen SB, Olsen SF. "Intake of artificially sweetened soft drinks and risk of preterm delivery : a prospective cohort study in 59,334 Danish pregnant women". Am J Clin Nutr. 2010 Sep ;92(3) :626-33.
[2] Morando Soffritti et al. "Life-Span Exposure to Low Doses of Aspartame Beginning during Prenatal Life Increases Cancer Effects in Rats", Environmental Health Perspectives, Vol. 115-9, Septembre 2007.
[3] http://www.anses.fr/Documents/NUT20...
[4] de Ruyter JC, Olthof MR, Seidell JC, Katan MB. "A trial of sugar-free or sugar-sweetened beverages and body weight in children." N Engl J Med. 2012.

Rumeurs et désinformation sur Internet

Les campagnes anti-aspartame fleurissent régulièrement sur Internet. Sites spécialisés, DVD, livres... La trame est toujours la même : « on nous cache la vérité », sur fond de peurs. Voici deux extraits, parmi bien d’autres, de ce que l’on peut trouver comme rhétorique.

Supposons que votre fils ou votre fille absorbe régulièrement – et sans le savoir ! – un poison qui peut rendre aveugle, diminuer l’intelligence, occasionner des pertes de mémoire, causer des tumeurs au cerveau et diverses autres formes de cancer, et entraîner de la fatigue chronique, des états dépressifs, des troubles du déficit de l’attention, des états de panique, des accès de rage, de la paranoïa, du diabète, des attaques d’apoplexie, le suicide et même la mort.

Supposons que l’utilisation de cette toxine soit encouragée par une publicité tous azimuts et que son fabricant ait acheté la collaboration de l’American Dietetics Association, de l’American Diabetes Association, de l’American Medical Association, et de tout organisme du genre pour nous convaincre que ce poison est aussi inoffensif que la pluie. Supposons que ces mensonges aient reçu la sanction officielle de la bureaucratie fédérale américaine (responsable de l’approbation des nouveaux aliments et médicaments) même si elle sait pertinemment que ce puissant neurotoxique risque de tuer votre enfant, et que le chef de cette même bureaucratie ayant fait approuver ce produit a été récompensé par un emploi bien rémunéré, tout autant que ses successeurs. Supposons enfin que ce même organisme réglementaire gouvernemental à qui revient le rôle de « chien de garde », ignorant les milliers de plaintes reçues à l’égard de ce produit, soit devenu un « chien d’attaque » protégeant cette compagnie corrompue. Aimeriez-vous connaître la vérité ? Que ne feriez-vous pas pour protéger votre enfant contre ces crimes ?

Trève de suppositions ! Telle est l’amère réalité en ce qui concerne l’aspartame (connu également sous le nom de NutraSweet ou Equal), le fabriquant Monsanto Chemical, la Food and Drug Administration (FDA), et les compagnies Coca-Cola et Pepsi-Cola ainsi que les centaines de fabriquants de produits alimentaires, de breuvages et de médicaments qui ajoutent à leurs produits un poison conçu dans la fraude en vertu du principe que seuls les profits importent !

Extrait de http://www.pleine-sante.com/asparta...

Des milliers de G.I’s, pendant la guerre du Golfe (et non de l’Irak), ont été victimes d’intoxications dues au Coca-Cola light. Les Coca-Cola light sont édulcorés à l’aspartame. Pendant les hostilités, les palettes de canettes étaient entreposées au soleil, chaud dans ces régions. à partir de 33 °C, l’aspartame devient du méthanol (alcool à brûler) très toxique, qui ensuite se dégrade en formaldéhyde (formol) encore plus toxique. Et que se passe-t-il dans l’estomac, à 37°C bien tassés ?

Votre santé n° 45 – juin 2003

L’aspartame donne-t-il faim ?

L’origine scientifique de l’hypothèse selon laquelle l’aspartame pourrait donner faim remonte aux travaux publiés par l’équipe du Pr John Blundell à la fin des années 80. Selon Blundell, les édulcorants intenses (en général, pas seulement l’aspartame) permettent de découpler la saveur sucrée de la charge énergétique des sucres : le goût sucré agréable stimule l’appétit que l’ingestion de sucre rassasie ; dans le cas des édulcorants intenses, la stimulation de l’appétit due au goût sucré ne serait pas rassasiée. Blundell évoquait aussi des effets métaboliques : l’aspartame qui contient de la phénylalanine serait susceptible de favoriser la sécrétion de CCK, considérée comme une hormone de la satiété, et/ou d’agir sur des centres hypothalamiques de l’appétit.

À la suite d’expérimentations en laboratoire, l’équipe du Pr Blundell avait montré l’existence d’une « faim résiduelle » après consommation d’une boisson à l’aspartame, accompagnée d’une augmentation de l’appétit, effet qualifié de « paradoxal ». Blundell n’a jamais dit, ni écrit, ni soutenu que l’aspartame en soi stimule l’appétit (Rogers & Blundell 1993). L’équipe de Blundell a d’ailleurs publié des résultats montrant une inhibition de la prise alimentaire par l’aspartame. Néanmoins une controverse acerbe s’est développée autour des effets « paradoxaux » de cet édulcorant, d’abord dans la littérature scientifique puis relayée dans les médias grand public.

Depuis les années 1980, des dizaines d’études en laboratoire et sur le terrain ont examiné les effets consécutifs à l’ingestion de produits (boissons ou aliments) contenant de l’aspartame sur la faim ressentie, l’envie de manger, ou la consommation réelle. Dans leur très grande majorité, ces études confirment que les produits à l’aspartame n’entraînent pas d’exacerbation de la faim ni de stimulation de la consommation alimentaire.

La consommation de produits à l’aspartame, comme celle de produits contenant d’autres édulcorants intenses, est souvent associée à des apports énergétiques quotidiens diminués (à cause d’une compensation incomplète pour la substitution des sucres), à une moindre consommation de sucre et, dans certains cas, à un meilleur contrôle pondéral.

France Bellisle (Unité de Recherche en Nutrition Humaine, Université Paris 13)

Références

Anton SD, Martin CK, Han H, Coulon S, Cefalu WT, Geiselman P, Williamson DA. "Effects of stevia, aspartame, and sucrose on food intake, satiety, and postprandial glucose and insulin levels". Appetite 2010 ; 55 :37-43. Blundell JE, Hill AJ. "Paradoxical effects of an intense sweetener (aspartame) on appetite". Lancet 1986 I, 1092-1093.
Mattes RD, Popkin BM. "Nonnutritive sweetener consumption in humans : effects on appetite and food intake and their putative mechanisms". American Journal of Clinical Nutrition 2009 ; 89 :1-14.
Rogers PJ, Blundell JE. "Intense sweeteners and appetite". American Journal of Clinical Nutrition, 1993 ; 58 : 120-121.
Rogers PJ, Burley VJ, Alikhanizadeh LA, Blundell JE. "Postingestive inhibition of food intake by aspartame : importance of interval between aspartame administration and subsequent eating". Physiology & Behavior 1995 ; 57 : 489- 493.
Rogers PJ, Keedwell P, Blundell JE. "Further analysis of the short-term inhibition of food intake in humans by the dipeptide L-aspartyl-L-phenylalanine methyl ester (Aspartame)". Physiology & Behavior 1991 ; 49 : 739-743.

1 SPS n° 283, octobre 2008.

2 Gérard Pascal est directeur de recherche honoraire à l’INRA, ancien président des comités scientifiques directeur (CSD) et de l’alimentation humaine (CSAH) de la Commission européenne, du conseil scientifique de l’AFSSA et expert de l’OMS en sécurité des aliments, membre régulier du JECFA (comité international mixte FAO/OMS d’experts sur les additifs alimentaires).

Publié dans le n° 306 de la revue


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