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Se reconstruire après un accident de la vie

Publié en ligne le 14 janvier 2021
Se reconstruire après un accident de la vie

Christine Mirabel-Sarron
Odile Jacob, 2020, 231 pages, 19 €

Un nombre important de personnes sont confrontées à un accident important pour elles-mêmes ou pour des proches. Il en résulte parfois un handicap définitif. Christine Mirabel-Sarron sait de quoi elle parle. À peine diplômée médecin, elle a été victime d’un très grave accident de la route qui l’a laissée polytraumatisée et aveugle. Elle a dû abandonner sa carrière de chercheuse en médecine et a entrepris alors des études de psychiatrie. Elle s’est spécialisée dans les thérapies comportementales et cognitives. Elle est devenue la responsable du Centre de psychothérapie universitaire de l’hôpital Sainte-Anne de Paris. Elle a été un temps la présidente de l’Association française de thérapies comportementales et cognitives (AFTCC) et aussi de la Société médico-psychologique. Elle a enseigné à l’université Paris V et dans d’autres universités. Ainsi sa trajectoire de vie a été, malgré un lourd handicap, une réussite étonnante. Seule ou en collaboration, elle a publié des articles scientifiques et plusieurs ouvrages, notamment sur le traitement des dépressions. Le petit livre Bien gérer son temps (Odile Jacob, 2012) avait fourni une série d’astuces à l’efficacité étonnante.

L’ouvrage ici présenté paraît dans la collection, dirigée par Christophe André, « Guide pour s’aider soi-même ». Bien qu’il ne s’agisse pas d’une publication scientifique, il mérite d’être connu des lecteurs de Science et pseudo-sciences car il présente l’expérience vécue d’une personne gravement handicapée et les expériences de personnes qu’elle a accompagnées en tant que psychothérapeute. Sa lecture permet de mieux comprendre des situations et d’agir en conséquence, que l’on soit handicapé(e), partenaire ou aidant(e).

L’auteur accompagne ses explications et ses conseils de nombreux témoignages de personnes victimes de divers traumatismes : accident vasculaire cérébral, grave brûlure, viol, rupture amoureuse, cambriolage, accident sportif, etc.

Les recommandations relèvent largement des apports de la psychologie scientifique et des TCC : comment observer et analyser des déterminants de son propre comportement, comment réduire les ruminations mentales, comme développer la capacité de faire la restructuration cognitive, comment faire de « l’activation comportementale » 1, etc. Elles proposent des outils pour se reconstruire, pour acquérir une bonne hygiène de vie, pour moins souffrir et pour trouver davantage de moments de bonheur. Ceux qui n’ont guère envie de lire l’ouvrage actuellement feraient bien de garder en mémoire la référence pour le jour où eux ou un proche seraient victimes d’un grave accident. Parmi les conseils proposés, certains conviendront sans doute.

1 Sur l’activation comportementale, voir Un remède à des états dépressifs : agir pas à pas, SPS n° 322, p. 84-87


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