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Le rôle essentiel des brise-glaces

Publié en ligne le 30 juin 2006 - Écologie
par Julie Guay

De Montréal à Sept-Iles, ils sont quatre : le Pierre-Radisson, le Tracy, le DesGrosseiliers et l’Amundsen. Ces brise-glaces, des bateaux à coque renforcée, doivent dégager le chenal (le passage resserré, naturel ou artificiel, qui permet la navigation dans le Saint-Laurent), afin de faciliter le chemin au négoce maritime, 12 mois par année.
En plus de frayer des chemins, ils peuvent détruire les embâcles afin de réduire les risques d’inondations : en 2004, la ville de Laval a fait appel à un brise-glace afin d’éviter que la rivière des Prairies ne sorte de son lit.
Enfin, plus de 1000 demandes d’escorte provenant de navires marchands sont reçues chaque année au bureau de la Garde côtière canadienne (GCC), à Québec. La GCC est responsable de la régulation du trafic maritime, du déglaçage, du contrôle des inondations et des aides à la navigation.
Les brise-glaces sont donc essentiels. Postés à Matane, Saguenay, Trois-Rivières et Québec, ils montent la garde !
Ils arrivent à casser la glace de deux manières : l’étrave du navire monte sur la glace et la brise par son poids. Ou alors, en avançant, le navire écarte la glace et elle casse. Les calottes qui se forment quand les eaux descendent sous les moins 10 degrés Celsius peuvent facilement atteindre plusieurs mètres d’épaisseur et plusieurs kilomètres de large.
Certains transporteurs, même s’ils sont aptes à naviguer dans les eaux gelées, demandent l’assistance de la GCC : certains passages sont plutôt étroits dû aux banquises attachées aux rives. Les brise-glaces servent alors d’escortes.
Parfois à leurs risques et périls : il y a plusieurs années, à la hauteur de Beauport, le brise-glace Lady Grey s’est échoué. Six marins ont péri.
Depuis quelques années, le réchauffement climatique vient en aide à la navigation. Les équipages coulent des jours plus tranquilles. Les opérations de lutte contre les inondations sont plus rares.
N’empêche que, « pendant la période hivernale soit de décembre à avril, le bateau sort presque tous les jours et même deux fois par jour », explique Serge Brûlé, le commandant du Radisson.

La patrouille des glaces

La Garde dispose d’autres ressources que dame nature pour diminuer les opérations, réduire le temps de parcours, la consommation de carburant et le nombre d’escortes. Des patrouilles d’hélicoptères ainsi que des images vidéo, radars ou satellites (Radarsat), permettent de surveiller la navigation et les glaciers. Après sa patrouille d’hélico, l’observateur se rend à bord du brise-glace, où un logiciel d’Environnement Canada est utilisé pour créer ces cartes de glaces à l’intention des navigateurs.
Jadis, les navires ne pouvaient plus remonter le Saint-Laurent pendant l’hiver. C’est l’ouverture de la Voie maritime, en 1964 (le creusage du chenal et les écluses) et l’arrivée des brise-glaces qui a ouvert la voie au trafic maritime à l’année.
Les aides à la navigation, ou bouées, viennent quant à elles délimiter le chenal. Elles sont 2000, postées à des endroits stratégiques 1. C’est le plus petit des quatre brise-glace, le NGCC Tracy, qui sert de baliseur pour effectuer ce travail bi-annuel. Les bouées d’été sont alors changées par des espars, ou bouées d’hiver.

La vie en mer

En tout, ils sont près d’une quarantaine. Pour la plupart, ils travaillent 28 jours d’affilée. « C’est long des fois. Il y a des voyages qui durent 62 jours, en Arctique. » Ils besognent 24 heures sur 24, ou presque, pour certains. Un repos de quatre heures est offert à deux moments dans la journée pour les chanceux. Si le bateau n’est pas en mer ou en mission, les mousses ont droit d’aller se dégourdir les jambes sur la terre ferme.
« Demain, c’est congé, je rentre à la maison » me dit Mme Line, qui s’occupe de la logistique : la bouffe, les vêtements de rechange, des couvertures, du savon, du papier de toilette bref, tout ce qui est nécessaire afin que le brise-glace soit disposé à partir en tout temps.
Le Pierre-Radisson peut contenir assez de provisions pour tenir 140 jours en mer. Il possède également un réservoir et un équipement qui lui permet de fabriquer de l’eau douce à partir d’eau salée, pour 80 personnes. Frigidaire à patates, petite infirmerie et « petit hôpital » de deux lits, salle de gym, mini-sauna, un bar et des salles de télévision viennent agrémenter le décor et la vie des matelots.


Mots-clés : Écologie


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