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Le grizzly et l’obésité

Publié en ligne le 1er juillet 2014 -
par Kamil Fadel - SPS n° 308, avril 2014

Selon l’OMS, de nos jours, plus de 10 % de la population mondiale est obèse, ce taux ayant doublé durant les trente dernières années. Parallèlement, le taux des diabétiques est également en croissance, ces deux maladies étant corrélées. Malgré d’importantes recherches, il n’existe actuellement contre l’obésité que quelques médicaments peu efficaces, produisant de surcroît des effets secondaires indésirables.

Le grizzly est un animal intéressant qui retient l’attention des chercheurs, car il est capable de s’accommoder d’une « obésité » particulièrement aiguë sans que son organisme en souffre. En effet, pour préparer sa longue hibernation qui dure sept mois, le grizzly mange abondamment, pouvant gagner plusieurs kilogrammes par jour. Il peut ainsi démarrer son hibernation avec un « excès » de 200 kg, correspondant à quasiment un doublement de poids. Durant l’hibernation, il ne mange, ne boit, n’urine, ni ne défèque et ses reins cessent de fonctionner. Ce changement radical de physiologie conduit à une accumulation de toxines, à des taux très élevés de cholestérol, etc. De plus, ses cellules ne réagissant plus à l’insuline, le grizzly devient diabétique, comme beaucoup d’obèses, mais, lui... se porte bien. Par ailleurs, contrairement aux personnes souffrant d’obésité, le grizzly n’accumule pas de graisse dans le foie, ni dans les muscles, mais uniquement dans les tissus adipeux. L’étude de la physiologie des grizzlys permettra sans doute de mieux comprendre les mécanismes de l’obésité chez l’homme et ses liens avec le diabète.

Source : www.nytimes.com/2014/02/12/opinion/a-grizzly-answer-for-obesity.html

Publié dans le n° 308 de la revue


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