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Le big bang n ’est pas une théorie comme les autres

Publié en ligne le 21 juin 2010
Note de lecture de Jean Günther - SPS n° 290, avril 2010

Le livre est la transcription d’un débat entre quatre personnes : Jean-Marc Bonnet-Bidaud, astrophysicien, mais non cosmologiste, François-Xavier Désert, astrophysicien cosmologiste, Dominique Leglu, journaliste scientifique et Gilbert Reinisch, physicien, spécialiste de mécanique quantique. Le débat est animé par Isabelle Joncour, astrophysicienne, directrice de la collection « 360 ».

Les deux astrophysiciens sont évidemment ceux qui s’expriment le plus sur le sujet principal du livre, le célèbre « big bang ». François-Xavier Désert défend le modèle standard, auquel la grande majorité des astrophysiciens est ralliée, du moins dans les grandes lignes. Il reconnaît que ce modèle ne rend pas compte de tout, mais il montre qu’il est compatible, plus qu’aucun autre, avec les observations. Jean-Marc Bonnet-Bidaud insiste plus sur les insuffisances du modèle standard ; il admet que les modèles concurrents ne sont guère crédibles, car pas aussi compatibles avec les observations que le modèle standard, mais se demande si cela ne résulte pas du poids social du modèle dominant, poids qui dissuade les chercheurs de travailler sur les modèles concurrents afin de les améliorer.

Les arguments échangés entre ces deux spécialistes sont souvent extrêmement techniques. Le lecteur non spécialisé peut se reporter à l’abondante bibliographie proposée par les participants au débat. Un bon glossaire explique le vocabulaire et les notions de base.

Assez curieusement, le débat sur le « big bang » n’occupe que les deux tiers du livre. Le reste est consacré à des sujets divers : le principe anthropique, le créationnisme, l’information scientifique, la communication et les chercheurs. Par exemple, Gilbert Reinisch critique la communication du CERN sur le LHC.

En fait, le livre peut être considéré comme axé sur la communication entre scientifiques et public, et sur une critique de ceux qui, pour mieux faire passer cette communication, simplifient de façon excessive les problèmes. Le fait d’avoir donné la parole à un astrophysicien représentant la tendance, très minoritaire, des « big-bang-sceptiques », illustre une certaine prise de distance envers les vérités trop bien établies, trop « propres », que les services de communication des organismes officiels auraient tendance à privilégier.

Publié dans le n° 290 de la revue


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