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Regards sur la science

La cosmologie, victime collatérale de la guerre

Publié en ligne le 23 janvier 2012 -
par Kamil Fadel - SPS n° 298, octobre 2011

Le Eisenhower Research project [1] à l’université Brown, à Providence aux États-Unis, vient de publier un rapport sur le coût américain des guerres d’Afghanistan et d’Irak : 4 000 milliards de dollars ! Sachant que l’économie américaine est en difficulté, il n’est pas surprenant que le gouvernement songe à effectuer des restrictions budgétaires. Certaines restrictions concernent des projets destinés à améliorer la qualité de vie des citoyens américains (la sécurité sociale par exemple), ou sont relatives à l’écologie, au développement durable et aux ressources énergétiques renouvelables. Ce dernier secteur pourrait voir son budget réduit de 25 %.

D’autres restrictions concernent la recherche scientifique fondamentale. Le gouvernement songe ainsi à annuler le projet James Webb Space Telescope dont le coût s’élève à 1,6 milliards de dollars. À partir de 2014, ce télescope est censé prendre la relève du télescope spatial Hubble, qui a rendu d’immenses services à l’astrophysique et à la cosmologie. L’abandon de ce projet serait ressenti par les astrophysiciens et les cosmologistes comme une catastrophe. En effet, ces derniers espèrent observer avec cet instrument la naissance des premières étoiles et galaxies de notre univers, il y a 13 milliards d’années environ.

Compte tenu des conséquences indirectes du coût de la guerre sur la science et la société américaine, Lawrence Kraus, physicien théoricien américain, se demande si finalement les États-Unis ne seraient pas les véritables perdants du conflit.

[1] http://news.brown.edu/pressreleases...

Publié dans le n° 298 de la revue


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