Science et Pseudo-Sciences n°283

Sommaire

Éditorial : Tout va très bien Madame la Marquise p. 1
Du côté de la science p. 3


Dossier Alimentation et santé
Rendons aux aliments ce qui appartient aux aliments ! (Pierre Feillet) p. 8
Santé et alimentation : une connaissance encore bien incomplète (Jean de Kervasdoué) p. 11
Alimentation et cancer : quelques idées fausses et stéréotypes (extrait d’un rapport du Plan National Nutrition-Santé) p. 14
L’aspartame, « tueur silencieux » ou édulcorant alimentaire sans risque ? (Gérard Pascal) p. 17
Acides gras trans et oméga-3 : du bon et du moins bon (Jean-Michel Chardigny) p. 24
L’effet santé des antioxydants n’est pas fondé sur des bases scientifiques solides (Claude-Louis Léger) p. 30
Quelle eau boire ? (Léon Guéguen) p. 37
Cinq fruits et légumes par jour : le succès d’un slogan (Roland Cash) p. 41
Omnivore, végétarien, végétalien ? (Léon Guéguen) p. 49
Le calcium du lait est bon pour l’os : une vérité qui dérange ! (Léon Guéguen) p. 54
Un repas Bio par semaine dans la restauration collective ? (Léon Guéguen) p. 59
Que penser de l’agriculture biologique et des aliments Bio ? (Léon Guéguen) p. 62
Les clones animaux : en manger ou pas ? (Louis-Marie Houdebine) p. 65
Tout serait plus simple si nous étions des herbivores (Marian Apfelbaum) p. 69
Il y a 50 ans : aliments naturels et artificiels (Ernest Kahane) p. 74


L’incident du Tricastin (Hervé Nifenecker) p. 78
Un monde fou, fou, fou... p. 83
Notes de lecture p. 86
Sornettes sur Internet : LHC, la fin du monde ? p. 91
Vie de l’AFIS p. 93
Peut-on établir une différence objective entre sectes et religions ? (Anne Morelli) p. 95


L’édito

Tout va très bien, Madame la Marquise ?

Nous sommes souvent amenés à démystifier des peurs et des rumeurs infondées ou à démonter des « explications » technophobes venant en justification de choix idéologiques. Ainsi, nous avons récemment souligné l’absence de fondement scientifique à l’interdiction du seul maïs OGM cultivé commercialement en France, nous avons écrit que le téléphone mobile et les réseaux Wifi ne représentent pas le danger que certains affirment. Dans ce numéro, nous affirmons que l’aspartame n’est pas responsable des morts et des cancers que certains lui attribuent, que la consommation de lait ne représente pas un danger, comme une certaine campagne essaie de le faire croire. Toujours dans ce numéro, nous analysons en détail l’impact environnemental et sanitaire réel (et extrêmement limité) de l’incident très médiatisé du Tricastin.

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Serions-nous des technophiles ne cherchant qu’à nier la réalité des problèmes et les responsabilités des industriels ? Serions-nous aveugles aux maux et dangers qui assaillent notre planète ? Bref, « dormez tranquilles braves gens » serait-elle notre devise ? Toutes les peurs seraient-elles infondées, toutes les rumeurs intéressées ? En réalité, c’est tout l’inverse. Nous sommes inquiets. Par certains aspects, la « maison terre » brûle et « madame la Marquise », pour reprendre la chanson bien connue, a tout lieu de s’inquiéter. Mais nos inquiétudes ne se portent pas là où, médiatiquement et dans nos pays dits riches, certains pointent le doigt.

Des fléaux ravagent des populations entières, des dangers majeurs menacent la planète. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), 865 millions de personnes souffrent de dénutrition et chaque jour près de 15 000 enfants meurent de faim. L’envolée des cours de certains aliments de base a provoqué des émeutes de la faim. L’accès à l’eau potable est un problème majeur pour une grande partie de la population mondiale, causant des centaines de milliers de morts (choléra et autres maladies). Le paludisme, à lui tout seul tue chaque année de l’ordre de 3 millions de personnes. Le réchauffement climatique pourrait venir et aggraver encore cette situation. Dans nos contrées, les raisons de s’inquiéter ne manquent pas non plus.

C’est parce que ces problèmes sont des problèmes majeurs qu’il faut prendre des décisions éclairées. Pas des décisions idéologiques, souvent démagogiques, visant à plaire à telle ou telle partie de son électorat. La raison doit présider aux choix qui sont effectués. Ceci implique que nos décideurs s’appuient sur l’état réel de la connaissance scientifique. Nous sommes loin de tout cela. Ainsi, nous l’avons aussi rapporté dans nos colonnes, on trouve régulièrement des responsables politiques amateurs d’astrologie ou fervents défenseurs des vertus thérapeutiques de l’homéopathie (en France et ailleurs, c’est jusqu’aux sommets de l’État que l’on retrouve ces croyances). Comment, pour paraphraser Jean Rostand, peut-on espérer qu’une tête qui croit en l’astrologie ou qui pense que l’homéopathie a fait la preuve de son efficacité, sera en mesure d’effectuer des choix sensés sur le réchauffement climatique, la santé ou les OGM ? Peu de journalistes ont reçu un minimum de formation scientifique leur permettant de faire preuve d’esprit critique. Ils relaient alors ce qui est médiatique, spectaculaire, et traitent de l’information technique comme ils traitent le fait divers.

La connaissance scientifique est une condition nécessaire pour des choix rationnels et sensés. Mais ce n’est bien entendu pas suffisant : la science ne détermine pas les options économiques, sociales ou politiques qui sont à prendre. C’est dans cet esprit que l’AFIS et sa revue visent à promouvoir l’esprit critique et l’éclairage scientifique des grandes comme des petites questions. Des citoyens informés, dotés d’esprit critique sont des gages de démocratie. L’ignorance a toujours été l’arme des dictatures.

Ce numéro est disponible en version papier

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