293 Hors-série Psychanalyse - décembre 2010

Le déclin d’une illusion

La psychanalyse aura marqué le 20e siècle. C’est à partir de 1895 que Sigmund Freud développe sa théorie qui sera ensuite reprise sous des formes très variées, parfois antagonistes quant à leurs principes, en fonction des écoles et des thérapeutes. Après avoir largement régné, au milieu du siècle, dans le monde de la psychologie et de la psychiatrie, la psychanalyse a été progressivement remise en cause, en particulier dans les pays anglo-saxons, avec le développement de la psychologie expérimentale, et plus généralement, celui de la médecine fondée sur les faits (evidence-based medecine).

À l’orée du 21e siècle, dans la majorité des pays, la psychanalyse n’est plus enseignée comme une théorie fondamentale dans les cursus médicaux ou psychologique. Certains pays font encore exception, en particulier la France et l’Argentine. Toutefois, le même mouvement se dessine maintenant en France, avec les mêmes causes : les avancées de la médecine scientifique, celle qui se soucie d’évaluer et valider ses résultats sur la base d’expériences.

Analyses psychologiques et psychanalyses : un capharnaüm (Jacques Van Rillaer) p. 4
La Chute de la Maison Freud (Jacques Bénesteau) p. 13

Des prétentions scientifiques infondées

La psychanalyse se prétend une théorie scientifique de l’esprit, de l’inconscient et des comportements humains. Or, sur le plan scientifique, elle possède tous les attributs d’une pseudo-science : elle récuse ce qui fonde la méthode scientifique habituelle ; elle se retrouve en contradiction avec les connaissances scientifiques acquises dans d’autres domaines (anthropologie, psychologie du développement, neurologie, génétique). Sur le plan de ses concepts, la psychanalyse navigue souvent entre chamanisme et parapsychologie.

La parapsychologie freudienne (Michel Onfray) p. 21
Le dualisme méthodologique peut-il sauver la psychanalyse ? (Jean Bricmont) p. 30
Darwin, Freud et l’évolution (Pascal Picq) p. 36
Développement cognitif : Interactions génétiques et psychosociales (Franck Ramus) p. 50
La neuropsychanalyse, un « faux nez » pour la psychanalyse ? (Laurent Vercueil) p. 58
Amnésie infantile ou fariboles freudiennes ? (René Pommier) p. 66
En complément sur le site
Freud exorciste de l’inconscient (Patrice Van den Reysen)

Les prétentions thérapeutiques : une imposture entre occultisme et suggestion

En imposant ses explications et ses méthodes thérapeutiques, la psychanalyse a empêché la mise au point ou le développement de traitements adaptés, la prise en charge appropriée de patients souffrant de diverses pathologies (enfants autistes, addiction aux drogues, etc.). En lieu et place, elle a instauré des pratiques ayant parfois plus à voir avec le chamanisme, s’appuyant souvent sur la suggestion issue du rapport entre le patient et le thérapeute. Sur le terreau de la psychanalyse orthodoxe s’est également développé un labyrinthe d’autres pratiques, plus exotiques en apparence, mais tout aussi infondées en pratique.

Psychanalyse et addictions (Gilbert Lagrue) p. 75
Une autre invention psychanalytique : Les personnalités multiples (Brigitte Axelrad) p. 80
Quelques thérapies folkloriques d’inspiration psychanalytique (Nicolas Gauvrit) p. 87
Comment Lacan psychanalysait (Jacques Van Rillaer) p. 96
Psychanalyse et évaluation p. 107

Une place injustifiée dans la société

Si la psychanalyse suit en France, avec retard, le mouvement observé ailleurs ces 30 dernières années, à savoir sa disparition du champ de la science, de la psychologie et de la médecine, elle continue néanmoins à occuper un espace injustifié, que ce soit dans l’« expertise » juridique (se souvient-on que les experts du procès Outreau se réclamaient de la psychanalyse ?), dans la psychologie « grand public » (journaux et télévision).

Les récentes controverses sur l’attribution du titre de psychothérapeute, le retrait en 2005 par le gouvernement d’un rapport scientifique de l’Inserm, sous la pression des associations psychanalytiques, montre que les autorités politiques manquent encore bien de courage pour déterminer une politique de santé publique rationnelle, orientée vers l’intérêt et la santé des patients.

La psychanalyse et les médias (Jean-Louis Racca) p. 112
Le pouvoir (pas le moins du monde occulte) des psychanalystes (Esteve Freixa i Baqué) p. 120
De profundis… (Nadine de Vos) p. 133
Une supercherie pour le siècle (Aldous Huxley) p. 135


Livres p. 137


Ce numéro hors-série a été coordonné par Brigitte Axelrad. Nous remercions également Jacques Van Rillaer pour l’aide apportée, à la fois comme auteur et comme relecteur toujours attentif et disponible.