OGM : un débat usurpé par les rumeurs

Le cas du Maïs MON863

par Marcel Kuntz, Directeur de recherche au CNRS - SPS hors série OGM, octobre 2007 et n° 279, novembre 2007

Sous prétexte de transparence et de débat public, les opposants aux OGM se font en réalité l’écho de rumeurs, développent une théorie du complot, mettent en cause les scientifiques, tant du service public que de l’industrie, jouent avec habileté des médias, privilégient un point de vue idéologique, au détriment d’un réel débat sur les apports possibles des OGM et sur les moyens de maîtriser et contrôler cette avancée technologique.

Le cas du Maïs MON863 est de ce point de vue emblématique et mérite d’être retracé depuis le début.

Un ravageur du maïs aurait été introduit en Europe à dessein pour favoriser les OGM

Diabrotica virgifera virgifera, plus connu sous le nom de chrysomèle du maïs, est un petit coléoptère originaire d’Amérique centrale, devenu depuis les années 60 le principal ravageur du maïs en Amérique du Nord. Il fut signalé pour la première fois en Europe en 1992 (en Serbie), puis dans d’autres pays européens, et en France en 2002. Les foyers se développent sur ce continent et, en France, le Service de la Protection des Végétaux tente d’éradiquer les foyers par traitement insecticide obligatoire des champs de maïs -dans un rayon de 10 km autour des points de capture de la chrysomèle – et par rotation des cultures sur 1 ou 2 ans, avec pour objectif de rompre le cycle de vie de l’insecte1. Aux États-Unis, la monoculture et l’apparition de mutants capable de contourner l’obstacle de la rotation ont grandement limité l’efficacité des luttes.

Le développement du maïs MON863, de type Bt, contenant la protéine insecticide cry3Bb12permettra-t-il une lutte efficace et durable ? Est-il un composant utile d’une lutte intégrée contre ce fléau ?

Pour le journal Le Monde, l’important est ailleurs. Examinons ce qu’il dit dans un article du 26 septembre 2002 intitulé « Un insecte américain menace gravement le maïs européen ». Citation : « Pour le CRIIGEN, une association de lutte contre les OGM présidée par Corinne Lepage, cette rapidité de réaction des grandes firmes internationales est suspecte. Le président de son conseil scientifique, Gilles-Eric Séralini, s’était déjà interrogé dans son livre OGM, le vrai débat (Flammarion, 2000) sur la coïncidence entre l’arrivée de la diabrotica dans les bagages d’une armée en campagne (L’armée américaine [Note de l’auteur]) et la proposition de solutions OGM pour contrer le ravageur... Il évoque, mais sans les produire, des éléments susceptibles de fonder ses soupçons. »

Précisons que lesdits éléments n’ont pas été produits à ce jour. Remarquons aussi que la date réelle d’arrivée en Europe (vraisemblablement avant 1992) est largement antérieure au développement du maïs MON863. Cela n’empêche pas Canal+ de diffuser, le lundi 7 avril 2003, un reportage intitulé « Un insecte ravageur débarque en France » où l’accusation est reprise. Dans l’annonce de l’émission (Canal+, le magazine des abonnés du mois d’avril 2003), on lit : « d’après les spécialistes, il [diabrotica] n’aurait jamais du apparaître aussi vite », « à qui cela pourrait-il profiter ? », « beaucoup de professionnels pensent... ». Le téléspectateur découvrira que la liste des « spécialistes » se limitent aux militants anti-OGM cités ci-dessus. Quant aux « professionnels » : interrogé au bord d’un champ, un agriculteur reconnaît avoir... entendu quelqu’un dire, lors d’une réunion que...

Les accusations d’introduction volontaire sont reprises en 2005

L’affaire n’en reste pas là. Prenant longuement argument d’un article signé par Miller et ses collaborateurs3, Sébastien Genest, président de France Nature et Environnement, relance l’accusation dans une lettre ouverte au Premier Ministre en date du 1 décembre 2005. Il « demande l’ouverture d’une enquête...  » et, au cas où le Premier Ministre n’aurait pas l’esprit assez vif, il enfonce le clou : « ... sans écarter l’hypothèse d’une introduction volontaire sur le territoire national  ».

Qu’ont montré Miller et ses collaborateurs ? Qu’il y a eu au moins 3 arrivées indépendantes de la chrysomèle, vraisemblablement par le fret aérien (l’insecte a toujours été repéré initialement à proximité d’aéroports). Voici la conclusion de l’article :
« our finding... suggest incursions from North America are chronic. Prevention of future invasion will require action against multiple invasion route... Our study also raises questions concerning the changing circumstances (such as adaptation by the insect or changes in control measures or transportation practices) that have permitted a sudden and recent burst of transatlantic introductions. »

Autrement dit, pas trace dans cet article d’une indication allant dans le sens d’une quelconque introduction préméditée. Rappelons-nous qu’il n’est nul besoin d’introduction délibérée pour assister à des passages d’insectes ravageurs d’un continent à un autre : le phylloxera de la vigne est arrivé en Europe en provenance d’Amérique, la pyrale du maïs a fait le chemin inverse et la lucilie bouchère a voyagé d’Amérique en Afrique du Nord. Quant à la mineuse du marronnier, elle s’est répandue dans toute l’Europe, quelquefois à la faveur de cargaisons de bois contaminé.

Des expertises qui cacheraient la vérité

La saga du maïs MON863 ne s’arrête pas là. Au cours de l’examen du dossier d’évaluation des risques sanitaires, l’une des commissions françaises, la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) demande une expertise complémentaire4. Donnons la parole au rapporteur du dossier, Gérard Pascal (INRA) : « mon rapport d’analyse... mettait en évidence un certain nombre de différences significatives entre le lot d’animaux [rats] lignée parentale non transgénique et le lot MON863. J’ai en particulier insisté sur une hypotrophie rénale et un nombre plus important d’anomalies histologiques au niveau du rein dans le lot MON863. Sans conclure à un risque quelconque, la CGB a demandé des explications ». C’est à ce moment que rentre en scène Corinne Lepage qui saisit la Commission d’Accès au Documents Administratifs (CADA). Le Monde fait caisse de résonance dans une série d’articles5 où l’on lit : « Pour la première fois, on découvre que les experts admettent que l’ingestion d’OGM a des effets significatifs sur les animaux ». « Nul n’en aurait jamais rien su... si l’avocate Corinne Lepage.... n’avait forcé la porte de la CGB ». Les procès verbaux des réunions de la CGB... ont pu être pour la première fois rendus publics  ». Pourtant l’avis de la CBG, parfaitement clair, était sur Internet ! Oui, mais l’astuce consiste à demander un « compte-rendu » de séance. Depuis, la CGB publie également le procès verbal des séances...

Qu’en est-il de ces fameuses « anomalies » du rein ? Redonnons la parole à G. Pascal, au sujet des conclusions d’une expertise plus poussée « réalisée par des anatomo-pathologistes de renom, dont l’un est le spécialiste mondial de la pathologie du rein du rat de laboratoire. Cette expertise faisait ressortir que les anomalies observées sur le rein des rats du lot MON863 étaient de même nature que celles observées dans le lot témoin, même si elles étaient un peu plus nombreuses, mais pas statistiquement significativement, et qu’elles étaient identiques à celles observées traditionnellement chez le rat de laboratoire. Cette expertise a été contre-expertisée par un expert français : mêmes conclusions. » Dans l’avis de la CGB du 16 septembre 20046, on apprend qu’il s’agit d’une néphropathie chronique progressive qui se développe spontanément chez le rat...

Quant à l’« hypotrophie rénale », une nouvelle étude n’a révélé aucune différence significative dans le poids des reins entre lots de rats témoins et lots de rats nourris par diverses lignées de maïs transgéniques de type MON863. Le 23 novembre 20047, la CGB a donc finalement conclu, comme toutes les autres agences8, au manque de signification biologique et toxicologique des variations qui avaient retenu précédemment son attention.

Des documents resteraient « secrets » ou « interdits »

Le 22 mai 2005, un journal britannique The Independent se fait l’écho de l’existence d’un « rapport secret », détenu par Monsanto, qui démontrerait la nocivité du maïs MON8639. Des précisions sont même apportées sur la longueur du document : 1139 pages ! La nouvelle se propage sur la toile anti-OGM. L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) intervient10 pour préciser que ces 1139 pages sont en fait ceux du dossier d’évaluation de la sécurité sanitaire de ce maïs (celui passé au crible par la CGB et les autres agences).

L’astuce consiste, ici aussi, à jouer sur les mots : le dossier est bien confidentiel (mais il est bien communiqué dans son intégralité aux agences officielles chargées de l’évaluation, qui s’engagent à la confidentialité des recettes industrielles qu’il peut contenir) mais non secret (toutes les agences publient leurs conclusions argumentées).

Malgré tout cela, Canal+ diffuse son reportage « L’étude qui accuse » et reprend tous les éléments déjà démentis. Le Député socialiste Jean-Yves Le Déaut, Vice-Président de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST), écrit une vigoureuse lettre de protestation à Canal+ où il se dit « sidéré par le manque total d’esprit critique et d’objectivité du journaliste… qui a réalisé le film. » Il rappelle que le sujet « avait été largement abordé dans la table ronde contradictoire » d’une mission d’information parlementaire le 2 février 0511.

La campagne anti-MON863 suivante, à partir de novembre 2006, conduit des centaines de milliers d’internautes à visionner une vidéo « interdite d’antenne » par Canal+, et qui de plus va être retirée de la toile rapidement ! La vérité finit par éclater : il s’agit du reportage L’étude qui accuse, mentionné ci-dessus et diffusé par cette chaîne le 15 novembre 0512...

Arrêtons-nous un instant sur un autre aspect du reportage, l’interview de Marc Fellous (de l’Institut Cochin et Président de la CGB). M. Fellous a diffusé la mise au point suivante : « Ce document manque d’objectivité, et accumule les erreurs et les inexactitudes ; avec des coupures bien choisies, l’on me fait tenir des propos, qui sortis de leur contexte, donnent lieu à interprétations erronées... On peut s’étonner que M. Gérard Pascal, membre de la CGB, toxicologue, rapporteur du dossier, et qui a été à l’origine des questions posées par la CGB sur le dossier, n’ait pas été interrogé par Canal+. »

Des études « indépendantes » remettraient en cause l’évaluation des risques

La campagne suivante fut lancée le 13 mars 2007 mais dès 2005 un article du Monde en date du 20 octobre 2005, intitulé Greenpeace veut réexaminer un maïs OGM, donne la parole (exclusivement) aux mêmes militants anti-OGM ainsi qu’à un nouveau venu, maître de conférence en mathématique et aussi membre du CRIIGEN. Pourquoi un mathématicien ? Pour développer une nouvelle argumentation : le « choix ou malhonnête ou déficient des outils statistiques  » des études sur les rats nourris de MON863. L’article mentionne aussi que Greenpeace a obtenu de la justice allemande la communication de l’étude sur les rats. Celle-ci fait aussi l’objet en février 2006 d’une publication de trois chercheurs de Monsanto13. Le 13 mars 2007, Corinne Lepage annonce « de nouvelles révélations » grâce à une analyse14, utilisant d’autres méthodes statistiques, des données toxicologiques de la même source (les fameuses 1139 pages). Ces méthodes statistiques « appropriées » retrouvent l’« hypotrophie rénale » mais oublient de donner les chiffres de tous les lots, ce qui permet opportunément de conclure à une « différence statistiquement significative », là où la CGB a conclu qu’elle « s’inscrivait dans la gamme des variations naturelles ». D’autres différences tout aussi « significatives » sont trouvées pour d’autres paramètres. Révélations ? Lisons le rapport de l’AFSSA du 2 décembre 200315 : « quelques variations statistiquement significatives ont été observées. Cependant, dans les conditions expérimentales de l’essai, ces variations qui portent sur des paramètres hématologique, biochimiques et tissulaires, limités à l’un ou l’autre sexe et indépendantes de la durée du traitement, sont sans signification biologique, surtout si l’on tient compte des données historiques concernant ces paramètres pour le modèle rat utilisé ». Autrement dit, si le rat représente un modèle utile en toxicologie, il n’est pas parfait. Pourquoi ne pas y adjoindre un autre modèle alors ? Le rapport de l’AFSSA nous apprend que cela a été réalisé ! Sur des poulets en croissance. Le rapport conclut à l’« absence de différences significatives entre poulets traités et poulets témoins ».

Le 14 mars 07, Le Monde titre : « Forts soupçons de toxicité sur un maïs OGM ». À propos du financement de l’étude du CRIIGEN par Greenpeace et l’enseigne de grande distribution Carrefour, le journal l’explique parce qu’« il n’existe malheureusement pas de budgets publics pour ce genre de travaux  ». Ce qui est inexact puisque des projets européens et français d’évaluation des risques ont été et sont financés. Mais, bien entendu, cela ne pose aucun problème que l’étude soit financée par des fonds privés. C’est bien l’étude en elle-même qui doit être jugée, sa rigueur et sa méthode. Et c’est bien là que le problème se pose.

Le 29 mars 2007 l’agence allemande BfR, le 26 avril 2007 l’AFSSA et le 15 juin la CGB rejettent les conclusions de la publication du CRIIGEN16. Le Monde n’en a pas parlé...
À la demande de la Commission européenne, l’EFSA a mis en place une « task force » qui a auditionné les auteurs de la publication et examiné à la loupe les aspects statistiques. La conclusion rendue le 28 juin 07 est sans appel17 : les résultats de la publication n’apportent rien de nouveau quant à la sécurité du MON863, ils sont jugés non-pertinents biologiquement (« not biologically relevant ») et même trompeurs (« misleading »). Le Monde n’en a pas parlé.

1 http://www.inra.fr/la_science_et_vous/dossiers_scientifiques/maladies_emergentes/la_chrysomele_des_racines_du_mais.

2 http://www.agbios.com/dbase.php. Le MON863 est autorisé depuis 2001 aux États-Unis pour la nourriture humaine et animale (commercialisation depuis 2003).

3 Miller et coll., Science, vol. 310, 11 nov. 05, p. 992.

4 31 oct. 03, la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) demande des « interprétations plus approfondies » notamment « d’anomalies des reins » chez des rats nourris de MON863 : http://www.ogm.gouv.fr/mise_marche/avis_scientifiques/pdf/C_DE_029_cplt_2003.pdf.

5 23 avril 04, Le Monde publie 4 articles dont L’expertise confidentielle sur un inquiétant maïs transgénique : http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=566 et Trois questions à... Corinne Lepage : http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=850870.

6 16 sept. 04, la CGB, après consultation d’experts externes, conclut que les « anomalies » sont dues à « la néphropathie chronique progressive » et la « néphrocalcinose », affections communes chez les rats de laboratoire, sans lien avec le maïs : http://www.ogm.gouv.fr/mise_marche/avis_scientifiques/pdf/AVDE029compl2FINAL.pdf

7 23 nov.04, avis favorable de la CGB après étude et expertise complémentaires sur les autres variations : http://www.ogm.gouv.fr/mise_marche/avis_scientifiques/pdf/AVDE029compl3_231104.pdf.

8 8 avril 03, avis scientifique allemand favorable : http://gmoinfo.jrc.it/csnifs/C-DE-02-09_RiskAssessment.pdf ; 2 déc.03, avis favorable de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) : http://www.afssa.fr/Ftp/Afssa/22026-22027.pdf ; 2 avril 04 : avis favorable de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) : www.efsa.eu.int/science/gmo/gmo_opinions/381_en.html.

9 22 mai 05 : The Independent UK publie 2 articles sur un « rapport secret de Monsanto » : Health Fears Over Secret Study into GM Food et When Fed to Rats it Affected their Kidneys and Blood Counts. So What Might it do to Humans ? We Think You Should be Told http://www.organicconsumers.org/monsanto/secret062305.cfm.

10 24 mai 04, l’EFSA dément la rumeur sur le « rapport secret » : http://www.efsa.eu.int/press_room/press_statements/929_en.html.

11 Table ronde contradictoire sur le thème Les enjeux sanitaires des OGM : http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2254-t2-05.asp#P8053_1517739 ; l’audition de M. Gérard PASCAL dans le cadre du Rapport fait au nom de la Mission d’information sur les enjeux des essais et de l’utilisation des organismes génétiquement modifiés : http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2254-t2-03.asp#P5775_1087455.

12 15 nov. 05, diffusion sur Canal+ du reportage L’étude qui accuse. http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=924158 .

13 Hammond et coll., Food and Chemical Toxicology, fév. 2006, vol. 44 (2), p. 147-160.

14 Seralini et coll., Archives of Environmental Contamination and Toxicology, mai 07, vol. 52(4), pp 596-602 (communiqué de presse du 13 mars 2007).

15 8 avril 03, avis scientifique allemand favorable : http://gmoinfo.jrc.it/csnifs/C-DE-02-09_RiskAssessment.pdf ; 2 déc.03, avis favorable de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) : http://www.afssa.fr/Ftp/Afssa/22026-22027.pdf ; 2 avril 04 : avis favorable de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) : www.efsa.eu.int/science/gmo/gmo_opinions/381_en.html.

16 Avis du Bundesinstitut für Risikobewertung (BfR) allemand en date du 29 mars 07 : 90-Tage-studie an Ratten mit MON863 : Keine Gesundheitliches Risiko.
http://www.bfr.bund.de/cm/208/90_tage_studie_an_ratten_mit_mon863_mais.pdf ;
Avis de l’AFSSA relatif à la récente étude publiée sur le maïs génétiquement modifié MON 863 (26 avril 07) :
http://www.afssa.fr/Documents/BIOT2007sa0109.pdf
Avis de la CGB en date du 15 juin 07 :
http://www.ogm.gouv.fr/experimentations/evaluation_scientifique/cgb/autres_avis/Avis_CGB_MON863_15juin2007.pdf.

17 http://www.efsa.europa.eu/fr/press_room/press_release/pr_efsa_maize_Mon863.html.

Mis en ligne le 3 juillet 2007
12252 visites

Explorer par thème


Valid HTML 4.01 Transitional CSS Valide !