La France consomme 20 % de la production mondiale de "médicaments" homéopathiques alors qu’elle ne représente que 1% de la population du globe. On estime par ailleurs qu’un médecin sur cinq prescrit des produits homéopathiques. En quoi consiste vraiment l’homéopathie ? Ces granules que l’on doit faire fondre sous la langue, que contiennent-ils réellement ? Pourquoi tant de Français croient-ils à l’efficacité de cette pratique ?

L’homéopathie en médecine vétérinaire

par Niall Taylor, traduit par J. Gunther - SPS n° 274, octobre 2006

Cet article, initialement publié dans le Skeptical Inteligencer, est reproduit avec l’autorisation de l’éditeur et de l’auteur.
Les partisans de l’homéopathie donnent bien des raisons pour expliquer son rejet par la communauté scientifique. Les arguments présentés vont de l’inertie des organisations ou d’un manque de compréhension jusqu’à l’existence d’un complot dirigé contre les homéopathes (Coulter 1980). On prétend que les praticiens de la médecine conventionnelle sont trop paresseux, voire incompétents, pour acquérir les connaissances nécessaires pour pratiquer l’homéopathie (Coulter 1980, Kent 1990). On accuse sans preuve l’industrie pharmaceutique d’attaquer l’homéopathie, concurrent peu coûteux. Ces arguments supposent que l’homéopathie soit efficace, et qu’il suffirait qu’elle soit mieux comprise.

À l’appui de cette conviction, on apporte des arguments de qualité variable, allant de certains essais thérapeutiques convenablement choisis jusqu’à des anecdotes tout aussi sélectionnées.

Un argument courant contre l’homéopathie est que, compte tenu de son mode d’action peu plausible, les résultats observés sont dus à l’effet placebo. Ses partisans mettent en avant des résultats positifs sur de jeunes enfants ou des animaux, qui ne devraient pas être sensibles à l’effet placebo. Le présent article montre qu’en médecine vétérinaire cet argument est simpliste et inexact.

Pourquoi des thérapeutiques vétérinaires aberrantes semblent marcher

Selon le Dr Harris Coulter, « l’utilisation de l’homéopathie en médecine vétérinaire est particulièrement intéressante car le facteur psychosomatique est largement exclu » (Coulter, 1980) ; Peter Adams affirme que dans le cas de traitement d’animaux « le patient n’est même pas conscient de recevoir un traitement médicamenteux, ce qui élimine l’effet placebo » (Adams 1996) ; Gerhart Koelher proclame que les effets de l’homéopathie sur les animaux « montrent à quel point il est ridicule de parler de “suggestion”… seuls comptent les résultats objectifs » (Koelher 1986). Si ces auteurs (non vétérinaires) ont raison, cela aurait des conséquences sérieuses sur le bien-être des animaux.

Dans son article de 1997, Barry Beyerstein donnait des exemples d’erreurs et de biais qui peuvent donner l’impression (fausse) d’une efficacité de l’homéopathie en médecine humaine. Cela vaut aussi en médecine vétérinaire. Quelles sont donc les explications qui peuvent invalider des arguments pro-homéopathie fondés sur des anecdotes telle que « notre chien a eu un eczéma guéri par l’homéopathie alors qu’il ignorait le traitement subi et qu’il ne pouvait donc pas s’agir d’un effet du mental sur le physique » ?

La maladie a suivi son cours naturel

Le corps peut s’occuper efficacement de la plupart des maladies sans assistance extérieure. L’évolution nous a doté d’un système immunitaire puissant et de divers mécanismes susceptibles d’améliorer ou de guérir une variété de maladies. Bien des organes se réparent après une blessure. La peau reconstitue de grands manques avec un minimum de cicatrices, le foie se régénère après des dégâts importants et redevient fonctionnel, certaines fractures vont se souder sans immobilisation en donnant souvent un résultat fonctionnel, le cœur continue à fonctionner malgré des problèmes, telle l’insuffisance valvulaire. Grâce à leur absence de problèmes psychologiques, les animaux pourront se sortir naturellement de traumatismes ou de maladies, même sans assistance médicale.

Voici des exemples de cas qui semblent graves et peuvent guérir sans intervention : gastro-entérite, cystite et maladies urinaires chez les chats, certains types de fractures pelviennes, les maladies vestibulaires (une perturbation profonde mais souvent temporaire du centre de l’équilibre, souvent appelée à tort « attaque »), une boiterie due à une entorse ou une contusion, certains abcès chez les chats, des infections de l’appareil respiratoire supérieur (la « grippe » du chat ou la toux du chenil), des affections mineures de la colonne vertébrale. Dans des cas simples la guérison spontanée peut sembler presque miraculeuse. Si un traitement homéopathique est donné pendant la maladie, il peut être très difficile d’expliquer qu’il n’est pour rien dans le résultat final.

Tout ne guérit pas seul et souvent les cas ci-dessus nécessitent un traitement vétérinaire. Quand on sait que cela s’arrangera, on propose des traitements palliatifs, en particulier contre la douleur. Il est clair que, si l’homéopathie est utilisée seule, le résultat sera le même mais l’animal aura souffert faute d’analgésiques.

Bien des maladies ont des alternances de virulence et de rémission

Les allergies cutanées sont courantes chez le chien et seront saisonnières si l’allergène provient de l’environnement ; si c’est un pollen, l’effet disparaîtra après la saison de floraison.

La maladie d’Addison provient d’une glande surrénale peu active ; les symptômes sont des plus variables, allant d’une vague léthargie jusqu’à une entérite hémorragique, et disparaissent souvent sans traitement.

La personnalisation des vaches

Samuel Hahnemann rejetait comme absurde toute expérimentation homéopathique sur l’animal. Le traitement homéopathique se veut strictement personnalisé. Le choix du remède est précédé d’un long interrogatoire. Imagine-t-on une vache – même par l’intermédiaire de son éleveur – questionnée sur ses rêves, sur sa peur des orages ou de l’obscurité, sur ses sentiments à l’approche d’un taureau ? Mais les homéopathes ne retiennent des enseignements du maître que ce qui leur est commode à un moment donné de leur pratique. Vis-à-vis de la clientèle potentielle, revendiquer la qualité de médecine individualisée est éminemment rentable ; face aux doutes émis sur l’activité réelle des hautes dilutions, les homéopathes font état de nombreux essais réalisés en laboratoire sur des rats ou des lapins, essais toujours financés par les fabricants de produits homéopathiques, et pour lesquels il est moins question d’une médecine individualisée. L’homéopathie, nous l’avons dit, a vite eu ses hérétiques.

Le premier qui songea à soigner des animaux par des remèdes homéopathiques fut un vétérinaire de Leipzig, J.J. W. Lux, converti à l’homéopathie par Hahnemann lui-même. Infatigables fouilleurs d’archives, Aulas et Bardelay ont retrouvé le premier fascicule d’un journal d’homéopathie vétérinaire, publié par Lux en 1833. Ils ont remarqué aussi qu’entre 1831 et 1840 ont été publiés à Munich les cinq premiers volumes d’une compilation sur les effets des médicaments et des poisons administrés à des animaux sains. Un tel ouvrage aurait pu être la base d’un recueil de pathogénésies1 pour l’homéopathie. Or, les vétérinaires homéopathes, à commencer par Lux lui-même, ne tinrent pas compte de ce travail. Ils ont continué à extrapoler à l’animal les pathogénésies établies sur l’homme sain. Tout le monde sait que les résultats obtenus sur des animaux de laboratoire, même aussi proches de nous que le chimpanzé, ne peuvent sans précaution être extrapolés à l’homme. Comment les pathogénésies établies chez ce dernier seraient-elles valables pour le chat ou le porc, alors que les symptômes observés par les homéopathes varient même selon les individus à l’intérieur de l’espèce humaine ?

Michel Rouzé, Mieux connaître l’homéopathie, Éditions La Découverte, 1989

La tumeur des mastocytes est un cancer de la peau des chiens, qui débute par de petites grosseurs restant inactives pendant des mois. Si elles sont traumatisées, ces grosseurs produiront des substances comme l’histamine qui donneront des enflures bien plus importantes que la grosseur initiale. Bien qu’elles soient spectaculaires, ces zones de réactions disparaîtront en général, alors que le cancer initial est toujours là.

La boiterie juvénile du chien peut paraître mineure dans la première année de la vie. Après une série de rémissions et de rechutes, elle peut sembler guérie, mais, sans traitement, elle peut conduire à des maladies articulaires sérieuses, voire invalidantes, à l’âge adulte.

Les maîtres cherchent un traitement quand les symptômes sont les pires, ce qui est justement le moment où une rémission viendra d’elle-même. Une intervention homéopathique à cet instant donnera une fausse impression de guérison et pourrait retarder un traitement approprié jusqu’au moment où ce serait trop tard pour qu’il soit efficace.

Utilisation d’un diagnostic provisoire

En médecine vétérinaire les normes d’établissement d’un diagnostic ne sont pas aussi rigoureuses qu’en médecine humaine. On est en effet souvent limité par les moyens disponibles et par le coût. Le vétérinaire sera souvent conduit à faire un diagnostic provisoire ou à établir une liste de maladies possibles et traitera selon ce diagnostic ou cette liste.

Par exemple, une grosseur entre les orteils d’un chien peut être un kyste, un abcès ou une tumeur. En l’absence de diagnostic précis, le praticien pourrait donner des antibiotiques : un kyste se résorbera tout seul, une tumeur ne réagira pas, un abcès sera guéri. Ainsi le traitement pourra apparaître comme efficace (même si cette efficacité n’est qu’apparente) ou au contraire sans action. L’emploi d’antibiotiques dans un cas où l’on n’est pas certain d’une infection n’est pas une pratique médicale idéale mais peut être une nécessité pratique.

On voit que dans un tel cas l’homéopathie pourra donner l’impression d’avoir agi, même sur un cancer. Le vétérinaire traditionnel aura au moins soulagé la douleur, ce que ne fait pas l’homéopathe.

Erreur de diagnostic du chirurgien vétérinaire, du maître ou d’un de ses amis

L’interprétation de l’examen clinique, des techniques d’imagerie ou des analyses de laboratoire n’est pas toujours claire et nette. Il est rare d’obtenir un diagnostic indiscutable ; la plupart des diagnostics reposent sur des tests nombreux associés à une impression clinique personnelle. Même les praticiens expérimentés peuvent faire des erreurs. Un bon vétérinaire n’oubliera pas cela, et révisera son diagnostic à la lumière de nouvelles informations.

J’ai récemment eu un cas où, après ablation de diverses grosseurs chez un chien, l’examen de laboratoire suggéra un cancer. Mon impression clinique était différente, et en effet un réexamen ultérieur conclut à une inflammation bénigne. Toutefois le maître, ayant eu les résultats provisoires, s’adressa à un vétérinaire homéopathe qui entreprit de traiter le présumé cancer, en même temps qu’une enflure post-opératoire bénigne appelée sérome, avec, naturellement, un plein « succès ». Bien que cet homéopathe ait été mis au courant du véritable diagnostic, il continua à prétendre avoir guéri le cancer.

La tendance des maîtres à poser leur propre diagnostic, ou à faire confiance à celui d’un ami dont l’animal aurait présenté des symptômes analogues, accroît les possibilités de faux diagnostics et par suite celui des « cures miraculeuses ». Par exemple un chien avec une toux d’origine virale peut se présenter de façon très voisine d’un chien ayant un début de maladie cardiaque. Supposons que le maître du chien avec une infection virale écoute celui du chien cardiaque lui affirmer que c’est la même maladie, que son état s’aggravera rapidement, nécessitant un traitement lourd, et qu’il se tourne de ce fait vers un traitement homéopathique : quand l’infection virale aura guéri d’elle-même, on criera au miracle, l’homéopathie guérit un cœur déficient !

Des chiens qui ressemblent à leurs maîtres

Dans le cas de la médecine vétérinaire, c’est sous la plume d’un homéopathe qu’on trouve cet aveu [...] : « Le même remède peut s’adresser à l’animal et à son propriétaire, l’un ayant déteint sur l’autre ». La réflexion va plus loin qu’on ne suppose. Des humoristes ont remarqué depuis longtemps que des chiens finissent par ressembler à leur maître, sans qu’on sache très bien lequel des deux a influencé l’autre ; peut-être y a-t-il eu mimétisme réciproque. Mais il est certain que bien des chats ou des chiens sont « soignés à l’homéopathie » par des maîtres affectueux qui se soignent de même. Et tout comme leur croyance les porte à ressentir en eux tous les symptômes de la guérison, ils ont tendance à observer sélectivement chez leurs protégés à quatre pattes les signes d’une évolution favorable. C’est ce qu’on pourrait appeler l’effet placebo indirect. […]

Les pathogénésies animales

La crédibilité théorique de l’homéopathie vétérinaire bute toujours sur le problème des pathogénésies. [...] Il n’est pas nécessaire d’être très calé en biologie pour comprendre que le métabolisme d’un chat diffère sur bien des points de celui d’un bovidé, et que leurs organismes ne réagissent pas de la même façon à bien des substances.

À supposer qu’on entreprenne d’établir des matières médicales pour les espèces domestiques les plus courantes, on rencontrera d’autres difficultés. Quand un individu sain humain est à la fois expérimentateur et sujet d’expérience, soulignent Le Bars et Brugère, les symptômes qu’il rapporte présentent un luxe de descriptions qualitatives et subjectives résultant d’un travail d’introspection : « Par comparaison, les symptômes qu’un vétérinaire peut noter, même au cours d’un interrogatoire poussé avec un propriétaire connaissant bien son animal, sont beaucoup plus frustes. » [...] Va-t-on demander à un éleveur si son cochon éprouve « un désir de sucreries » ou si son cheval a « tendance à vomir » (les chevaux ne vomissent pas) ?

En attendant de voir le jour (s’il vient) où ils disposeront de pathogénésies particulières pour les bovins ou les félins, les vétérinaires « font avec » et tentent de transposer les symptômes des matières médicales établies pour l’homme. Néanmoins, écrivent les mêmes professeurs de l’école d’Alfort, on peut difficilement accepter des assimilations aussi douteuses que d’identifier la chute des poils corporels d’un animal à la calvitie humaine. « D’autres sont un véritable défi à l’entendement, telle l’assimilation qui est faite des règles de la femme et des émissions sanguines de la chienne : alors que les premières résultent, en fin de cycle, de la liquidation du lit utérin, les secondes surviennent en plein cycle, lors de l’œstrus, quelques jours avant l’ovulation. »

Le mode d’administration chez l’animal

Les médicaments homéopathiques vétérinaires sont le plus souvent administrés par voie orale, comme pour l’homme. Mais leur devenir n’est pas le même selon les mécanismes de digestion de chaque espèce. Les deux auteurs cités prennent l’exemple des ruminants, chez qui la voie orale consiste à faire avaler le médicament, soit en le plaçant sur ou sous la langue, soit en l’incorporant aux aliments ou à l’eau de boisson. Quelques globules ou quelques centimètres cubes de médicament tombent dans un océan de matières digestives en fermentation dans la panse. Cette préparation n’a donc pas d’impact sur l’organisme, sinon pendant le court instant de la déglutition. Dans la panse, chaque millimètre cube de préparation est livré à des millions de micro-organismes auxquels ne résistent pas beaucoup de médicaments ordinaires.

Les dilutions homéopathiques offriraient-elles davantage de résistance ? En outre, le stockage des aliments dans plusieurs poches successives du tube digestif retarde leur absorption et réduit le plus souvent leur effet biologique. C’est pourquoi, du reste, beaucoup de médicaments classiques sont administrés aux ruminants par injection plutôt que par voie orale. [...]

Le principe d’individualisation mis à mal

Autre problème. Les vétérinaires homéopathes soucieux de respecter un tant soit peu les principes d’individualisation du remède se trouvent souvent en présence d’un groupe d’animaux frappés d’un même mal, par exemple de bronchopneumonie. Pour l’homéopathe de stricte obédience, les symptômes respiratoires communs à tous les animaux sont secondaires. Il s’efforcera de découvrir chez chaque animal un détail pathologique individuel ou une particularité de comportement, ce qui lui permettra, en fin de consultation, de rester fidèle à la doctrine en répartissant ses prescriptions entre plusieurs produits.

Malheureusement, si cette méthode est applicable lorsqu’il s’agit de guérir des animaux malades, elle ne l’est pas pour administrer à tout un groupe un traitement préventif, puisque dans ce cas il n’y a pas de symptômes individuels à observer. Or, il se trouve que de plus en plus de spécialités homéopathiques sont employées dans des élevages pour prévenir des maladies ou des baisses de production résultant d’un mauvais état sanitaire. [...]

Un statut dérogatoire étrange…

Les animaux qui ont été traités avec des médicaments ordinaires sont grevés d’un délai d’attente obligatoire entre la dernière administration des médicaments et la mise en vente de leur viande sur le marché, afin de laisser aux résidus le temps de s’éliminer avant qu’elle n’arrive sur la table du consommateur. Ces restrictions ne sont pas applicables aux traitements homéopathiques. On en arrive ainsi à ce paradoxe : le médicament homéopathique est supposé actif chez l’animal et dépourvu d’activité chez le consommateur humain.

Michel Rouzé, Mieux connaître l’homéopathie, Éditions La Découverte, 1989

Emploi parallèle de la médecine conventionnelle

On parle alors de « médecine de complément », ce qui est très agaçant pour le praticien authentique, car la guérison sera entièrement attribuée à l’homéopathie. C’est très net quand le traitement agit lentement. Au bout de quelque temps le maître, inquiet de l’absence apparente d’efficacité, ira chez un homéopathe, dont le traitement semblera efficace. Dans un tel cas il sera impossible de persuader quiconque que l’homéopathie n’a fait que de permettre d’attendre l’action du traitement initial.

Un désir de croire de la part du maître et de l’homéopathe

Même s’il y a peu ou pas d’amélioration chez l’animal traité par l’homéopathie, le maître très impliqué psychologiquement dans la médecine alternative pourra se convaincre d’une action. Après avoir en vain passé du temps et dépensé de l’argent pour cette médecine alternative, il ne veut pas perdre la face, et il se persuadera que cela va mieux. Il peut y avoir aussi complicité tacite entre le maître et le praticien, aucun ne voulant décevoir l’autre par des constatations ou des commentaires négatifs. Naturellement l’animal n’a pas choisi et est passif en face de cette douce conspiration ; ou bien il va mieux, ou bien il souffre du fait des croyances de son maître.

Eduquer avec patience...

La profession vétérinaire a la réputation de soigner avec sérieux, et je pense que cette réputation est méritée. La grande majorité des vétérinaires sont très désireux d’être efficaces, et s’y impliquent personnellement.

Les vétérinaires sceptiques se demandent comment des collègues de formation scientifique et supposés compétents arrivent à se tourner vers une thérapeutique plus proche d’une religion que d’une médecine rationnelle.

Les plus charitables d’entre nous argueront que le désir d’aider malgré des ressources limitées et le manque de mise à jour des connaissances peuvent expliquer l’abandon d’une approche scientifique, parfois incertaine, au profit d’une homéopathie sûre de ses prescriptions. Il arrive aussi qu’un manque d’humilité empêche certains de reconnaître leurs erreurs et de critiquer leur travail. Après tout il est plus facile de se dire et de dire au client que l’état de la peau s’aggrave du fait de la « crise de guérison » que du fait d’une erreur de diagnostic, ou pire encore de la fausseté de l’approche médicale choisie.

D’autres argueront que ceux qui ont une formation vétérinaire et une connaissance de base de la statistique et de la recherche et qui pratiquent l’homéopathie sont coupables au mieux de « cécité mentale », au pire de mépris des faits, lorsqu’ils négligent la distinction entre une amélioration accompagnant un traitement et une amélioration causée par ce traitement.

Quelle qu’en soit la raison, il est difficile d’imaginer de convertir en peu de temps des praticiens ayant une foi quasi religieuse en l’homéopathie. L’effort mérite cependant d’être fait, car nos patients n’ont rien à dire concernant les dogmes médicaux, ce sont des animaux « bêtes », entièrement dépendants de leurs maîtres supposés prendre les bonnes décisions pour eux.

Quand le bon sens de ceux-ci est absent ou manque de bonnes informations, c’est notre devoir de persuader, d’éduquer, avec douceur et patience, jusqu’à ce que la raison revienne.

Lectures utiles

Renna Moritz V. Rodrigues Almeida (Federal University of Rio de Janiero) Revista do Hospital das Clinicas, vol 58 n 6 Saoo Paulo 2003.

Kleijnen J., p. Knipscild and G. ter Riet « Clinical trials of homeopathy », British Medical Journal 302 : 316-323.

Hill C. and F. Doyon 1990 « Review of randomized trials of homeopathy » Revue d’épidémiologie et de santé publique 38 : 139-147.

Lind Klaus, Nicola Clausius, Gilbert Ramirez, Dieter Melchart, Florian Eitel et al. 199è « Are the clinical effects of homeopathy placebo effects ? A meta-analysis of placebo-controlled trials », Lancet 350 : 834-43.

Ernst E. and M .H. Pittler Journal of clinical epidemiology, 53 (200) 1188, « Re-analysis of previous meta-analysis of clin ical trials of homeopathy ».

« Linde et al Impact of study quality n outcome in placebo-controlled trials of homéeopathy », J. Clin., Epidemiol. Vol 52 No 7 pp 631 -636 (1999).

Boissel J.P., M. Cucherat, M. Haugh and E. Gauthier, « Critical litterature review of the effectiveness of homeopathy : overview of data from homeopathic medicine trials. In homeopathic medicine research group report », Commission des communautés européennes.

Cucherat M. Haugh MC Gooch M Boissel JP Eur J Clin., Pharmacol 2000 apr 56(1) 27 :33 « Evidence of clinical efficacy of homeopathy A meta-analysis of clinical trials ».

Références

Adams p. (1996) Natural medicine for the whole person (réédité en 1998) Elements books ltd, Shaftesbury.

Beyerstein B.L. (Septembre-Octobre 1997) « Why bogus therapy seem to work », Skeptical Inquirer magazine.

Couler H.L. (1980) Homeopathic science and modern medicine, North Atlantic books California.

Kent J.T.(1 900) Lectures on homeopathic philosophy (1990 réimpression de l’édition de 1954), B. Jain publishers ltd New Delhi.

Koehler G. (1986) The handbook of homeopathy Thorsons’s publishing group Wellingborough.

1 Terme créé par Samuel Hahnemann pour désigner les symptômes provoqués par une substance donnée sur un individu supposé en bonne santé.

Mis en ligne le 14 janvier 2007
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