L’astrologie, une « orgueilleuse extravagance »

272 - Mai 2006

« L’entêtement pour l’astrologie est une orgueilleuse extravagance. Il n’y a pas jusqu’au plus misérable artisan qui ne croie que les corps immenses qui roulent sur sa tête ne sont faits que pour annoncer à l’Univers l’heure où il sortira de sa boutique. »

Montesquieu, extrait de Mes pensées

Extravagante, l’astrologie ? Le qualificatif lui va toujours aussi bien, elle qui s’est toujours parée des atours les plus spectaculaires qu’une société pouvait offrir : les appuis politiques, l’allégeance de célébrités, l’efficacité des meilleurs outils de communication, enfin la reconnaissance universitaire...

À l’extravagance elle a pu ajouter l’arrogance ; elle semble en effet fière de ses paradoxes, jonglant avec les principes scientifiques qu’elle malmène, ignorant ceux qui risqueraient de la déstabiliser, se ralliant au symbolique à la moindre difficulté de cohérence.

Entêtée, l’astrologie ? Oui, entêtée jusqu’à la bêtise, fermée devant les évidences, et surtout devant les paradoxes. Prenons un exemple : l’astrologie a toujours affirmé que les distances entre les planètes et nous ne jouaient aucunement dans leur influence sur nous. Alors pourquoi ne pas tenir compte des nouvelles planètes qui gambadent à la lisière de notre système solaire ? Xena, Sedna, Quaoar ne seraient-elles pas dignes de se pencher sur l’humanité ? Certains astrologues intègrent tout cela en vrac, en compagnie d’astéroïdes, de noyau cométaire et de phénomènes divers. Dans les deux cas, le tout forme une mare bien confuse. Ce paradoxe qui ne cesse de nous étonner est analysé dans un article en page 8 « De nouvelles planètes dans la mare des astrologues » ainsi que le nouveau Que sais-je ? sur l’astrologie, dont nous attendions une mouture plus sceptique, après la version apologétique de 1989 écrite par madame Fuzeau-Braesch.

Nous ne développerons pas bien sûr les raisons qui font le succès de l’astrologie : elles sont trop nombreuses et nous ne les connaissons pas toutes ! Mais citons-en une, qui sans être une cause, apparaît comme facteur aggravant : le renoncement de l’enseignement public à étudier le ciel dès le plus jeune âge, à l’examiner dans sa dimension « observation », c’est-à-dire celle qui pousse à questionner (lire l’article « Le ciel, ce mal-aimé », en page 17) et à construire une connaissance fiable.

Les astrologues, quand ils ne sont pas dupes eux-mêmes, sont vraiment, au sens propre, de misérables artisans : ils profitent du déficit en culture scientifique du grand public pour l’inciter à se complaire dans l’ignorance.

Mis en ligne le 30 mai 2006
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