L’environnement est l’un des thèmes fondamentaux de ce début du XXIe siècle. Il imprègne tous les débats, qu’ils soient politiques, scientifiques ou de société. Les éléments de ces débats font trop souvent appel à des arguments puisés dans l’idéologie ou l’affectivité. Nous mettons ici à la disposition de nos lecteurs des données résolument scientifiques et des éléments de réflexion en tenant compte.

Désinformation, paludisme et DDT

Selon que vous serez puissants ou misérables

par Jean Brissonnet - SPS n° 260 décembre 2003

« [L’épidémie de malaria], c’est comme si on chargeait sept Boeing 747 chaque jour et qu’on les fît délibérément s’écraser sur le Kilimandjaro. »
Dr. Wenceslaus Kilama, Chairman,
Malaria Foundation International

Au début du mois de mars 2003, une épidémie de maladie respiratoire infectieuse grave se développe dans un hôpital français de Hanoï. La maladie semble due à l’arrivée d’un voyageur en provenance de Hongkong. Tous les malades sont membres du personnel hospitalier. Simultanément, d’autres cas sont signalés un peu partout dans le monde. Le 15 mars, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) signale 150 cas suspectés ou malades. Le SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) encore appelé “pneumopathie atypique” va mobiliser le monde de la recherche et l’attention des médias pendant plusieurs mois. Diverses mesures préventives vont être prises et les laboratoires de virologie du monde entier vont se mettre au travail. Très rapidement l’agent responsable (un coronavirus) va être identifié et son génome séquencé. Des tests sérologiques seront aussi très rapidement développés. La collaboration internationale a porté ses fruits, entraînant rapidement une maîtrise de la maladie. En juillet 2003, l’OMS déclare que la maladie est sous contrôle. On a dénombré 8456 cas dans le monde entier - dont 7 en France - responsables de 809 décès1. La mobilisation à laquelle on a assisté est en tous points exemplaire, mais elle amène à se poser quelques questions : sachant que la plupart des morts consécutives à cette épidémie se sont produites en Asie - Chine, Hongkong, Taïwan etc. - pourquoi ces mêmes moyens ne sont-ils pas, de la même manière, mis au service de la lutte contre un ennemi autrement plus meurtrier dans ces régions du monde ? Par comparaison, le paludisme (ou malaria), « est responsable d’environ 500 millions de cas de maladies et d’environ 2,7 millions de décès chaque année, principalement d’enfants de moins de cinq ans et de femmes enceintes2 ».

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La malaria dans le monde

Ajoutons que 40 % de la population mondiale est exposée à ce fléau, plus particulièrement celle des pays pauvres, puisque 90 % des décès causés par la malaria surviennent en Afrique. Doit-on comprendre que les grands organismes internationaux ne s’intéressent à une maladie que si elle risque de se propager dans les pays riches ? Doit-on comprendre que si le SRAS n’avait présenté aucun danger d’extension dans les pays développés personne ne s’en serait soucié ? Il y a, en France, chaque année, environ 5000 cas de paludisme3, mais il s’agit de cas « importés » de voyageurs en provenance de région impaludées et qui ne présentent donc aucun danger de dissémination. Qui s’en soucie ? Pourtant le paludisme sévissait aussi autrefois dans nos contrées. Comment a-t-on réussi à l’éradiquer ? Pourquoi n’utilise-t-on pas les mêmes moyens pour débarrasser le reste du monde de ce fléau ?

Des moustiques et des hommes 4

Le paludisme est une affection parasitaire fébrile, due à un protozoaire, transmis à l’homme par la piqûre d’un moustique du genre Anophèle. Quatre espèces de parasites du genre Plasmodium sont responsables de la maladie : Plasmodium falciparum (le plus dangereux), Plasmodium vivax, Plasmodium ovale et Plasmodium malariae.
Le paludisme est transmis à l’homme par la piqûre d’un moustique femelle, du genre Anophèle, elle-même infectée après avoir piqué un homme impaludé : la femelle, en prenant le repas de sang nécessaire à sa ponte, injecte le parasite à son hôte. Les mâles ne piquent pas. La transmission de Plasmodium d’un homme à un autre se fait donc essentiellement par l’intermédiaire du moustique. Il est à noter que l’insecte ne se comporte pas en simple vecteur car les plasmodiums subissent tous un cycle complexe et nécessaire à leur survie : asexué chez l’homme, sexué chez le moustique. L’insecte piqueur (une vingtaine d’espèces sont dangereuses) est hématophage : rural, il affectionne les régions chaudes et humides, aime peu l’altitude, et sa distance de vol ne dépasse pas un à deux kilomètres ; la femelle pique l’homme, la nuit seulement ; son vol est silencieux et sa piqûre peu douloureuse ; le jour, elle se dissimule dans les endroits retirés et sombres, en particulier à l’intérieur des habitations humaines. La consommation de sang est nécessaire à la ponte des œufs qui sont déposés sur des surfaces liquides : eaux courantes ou stagnantes, limpides ou saumâtres. Leurs œufs donnent alors naissance à des larves aquatiques, puis à des nymphes et enfin à l’insecte lui-même.
Le paludisme débute par une fièvre, 8 à 30 jours après l’infection, qui peut s’accompagner - ou non - de maux de tête, de douleurs musculaires, d’un affaiblissement, de vomissements, de diarrhées, de toux. Des cycles typiques alternant fièvre, tremblements avec sueurs froides et transpiration intense, peuvent alors survenir : c’est « l’accès palustre ». La périodicité de ces cycles dépend de l’espèce de parasite en cause, et coïncide avec la multiplication des parasites et l’éclatement des globules rouges, qui conduit également à l’anémie. Le paludisme à P. Falciparum peut être exempt de ces accès, et peut être fatal s’il n’est pas traité. Dans certains cas, les globules rouges infectés peuvent bloquer les vaisseaux sanguins irriguant le cerveau : c’est le neuropaludisme, souvent mortel. Dans les régions où le paludisme est hautement endémique, les personnes sont tellement souvent infectées qu’elle finissent par être naturellement immunisées - immunité acquise - et sont alors des porteurs asymptomatiques de l’infection.

Une histoire qui commence bien !

Le paludisme est signalé dans les écrits les plus anciens. Il est le fléau des terres humides (palus signifie marais) et des régions à l’air vicié (mal aria). Au XVIIe siècle s’ouvre l’aire des soins avec le quinquina dont on extraira plus tard la quinine. Ce n’est qu’en 1880 que l’agent de la maladie sera découvert par Alphonse Laveran un médecin militaire français, prix Nobel de médecine en 1907. Les ravages de la maladie sont effrayants. De grandes épidémies (URSS, Égypte, États-Unis) font régulièrement des millions de victimes. Au Mexique, par exemple dans les années 1940 et 1950, c’est l’une des principales causes de mortalité, avec une moyenne annuelle de 24 000 décès et environ 2,4 millions de personnes touchées5. On se souvient aussi que la première tentative, française, de construire le canal de Panama, se solda par la mort de plus de 10 000 ouvriers des suites de cette maladie. Heureusement, le Dr Paul Hermann Müller en 1939, découvre l’efficacité insecticide du Dichloro-Diphényle-Trichloro-Ethane (DDT) pourtant connu depuis 1873. Pour cela il recevra en 1948 le prix Nobel de médecine. Lors de la cérémonie de remise, le doyen de l’Institut Karolinska de Stockholm déclarera : « votre découverte [...] est de la plus haute importance pour la médecine. Grâce à vous, la médecine préventive peut à présent combattre de nombreuses maladies transmissibles par les insectes »6. Il faut dire que le DDT est alors devenu un produit miraculeux. Pendant la guerre on en a répandu sur les sites de débarquement et les soldats s’en sont couverts pour éviter les poux et autres parasites propagateurs d’épidémies. En 1944, la ville de Naples a été soumise à une pulvérisation massive pour éviter une épidémie de typhus. Dès la fin de la guerre, commence dans 48 pays, sous l’égide de l’Agence Internationale pour le Développement (AID), une vaste campagne de lutte contre le paludisme.

Les succès sont spectaculaires. On estime que l’épidémie a été stoppée en Grèce en une seule année. En Afrique du Sud, grâce à l’adoption du DDT en 1946, le nombre de cas a été divisé par dix par rapport à 1942/3. En Inde, la malaria, qui sévissait dans la majeure partie du territoire à l’exception de certaines zones montagneuses, touchait chaque année environ 75 millions de personnes et faisait 800.000 victimes. Grâce à l’utilisation du DDT le nombre de cas chute aux environ de 50.000 en 19617. Au Sri Lanka qui comptait auparavant 2,8 millions de malades, le paludisme avait pratiquement disparu8. Des diminutions du même ordre étaient enregistrés en Amérique du sud9.
De tels résultats laissaient supposer que le paludisme ne tarderait pas à disparaître de la planète.

Dérapages

Malheureusement, le DDT allait être victime de son succès et surtout de son très bas prix de revient. On lui découvre de nouvelles utilisations en agriculture et en sylviculture. On en répand partout à titre préventif et certains utilisateurs n’hésitent pas à doubler ou à tripler les doses. On se souvient de la séquence d’anthologie du film d’Alfred Hitchcock, La Mort aux trousses où un avion épandeur tente de débusquer Cary Grant réfugié dans un champ de maïs en l’aspergeant d’insecticide.
C’est cette image qui reste encore pour beaucoup associée au DDT. Dès cette époque pourtant, des scientifiques, comme les ornithologues de la National Audubon Sociéty, tentent de mettre en garde contre ces excès10. On ne les entend même pas ! L’époque n’est pas à l’écologie, mais à l’acceptation sans réserve de tout ce qui peut ressembler à un progrès technologique. Comme toujours, en pareil cas, le retour de balancier va largement dépasser l’équilibre.

Un printemps au silence de mort

En 1962 paraît un livre intitulé Le Printemps silencieux. Son auteur, Rachel Carson, est une romancière connue pour la publication de deux ouvrages populaires fondés sur les beautés de la nature. La parution de son livre a été soigneusement préparée. Des exemplaires provisoires ont été envoyés aux organisations écologiques, aux groupes de femmes, aux clubs de jardinage, ainsi qu’à certains hommes ou femmes politiques, aux journalistes et même à la Maison-Blanche. L’ouvrage est déjà célèbre avant sa parution. Il est enfin livré au public après une publication condensée en trois épisodes dans le New-Yorker. Parfaite opération de marketing. Le livre commence par la description du printemps dans un village imaginaire, où l’on n’entend plus ni insectes, ni oiseaux. Tout est silencieux ! Le DDT a fait son œuvre de mort ! La suite de l’ouvrage mêle des considérations affectives à d’authentiques références scientifiques. « On y trouve pêle-mêle des articles parus dans des revues faisant autorité (The Lancet, Sciences, Nature), des rapports gouvernementaux, des témoignages de la presse régionale, voire des lettres de particuliers. D’authentiques révélations y cohabitent avec des anecdotes d’une naïveté consternante11 ». Quoi qu’on puisse penser du contenu du livre, force est de constater qu’il atteint largement son but. Les milieux politiques sont interpellés et les industriels de la chimie mis en accusation. Ces derniers, peu habitués à cette époque à ce type de gestion de crise, accumulent les maladresses et nient tout en bloc. En quelques mois, Silent Spring sera vendu à plus d’un million d’exemplaires. Des milliers de lettres affluent au Sénat, au congrès et à la Maison-Blanche.

Changement de cap

Avant la parution de ce livre, la lutte antipaludéenne était principalement financée par l’AID. Dès 1967, l’OMS, sous pression de l’opinion publique, abandonne son projet d’éradication et se fixe un objectif de « contrôle de la maladie là où c’est possible ». En 1972, en dépit des protestations de nombreux biologistes, l’Agence pour la Protection de l’Environnement Américaine interdit le DDT. Plus de fabrication, plus d’exportation et surtout plus de financement pour la lutte antipaludéenne, si elle inclut l’usage du DDT. Les pays pauvres qui manquent des moyens indispensables doivent cesser le combat. Pire, ils se voient menacés en cas de « désobéissance » du blocage de leurs exportations.
Le résultat ne se fait pas attendre !
En Inde, par exemple, « dans les deux dernières décennies, la tendance s’est inversée avec quatre épidémies majeures depuis 1994. En 1996, 2,85 millions de cas ont été rapportés, et le nombre officiel - et sous évalué - de morts était d’environ 3000. En 1960, en Azerbaïdjan la malaria était pratiquement éradiquée, mais en 1995 on rapportait presque 3000 cas à travers les deux-tiers du pays »12.
Au Sri Lanka, on avait « stoppé l’usage du DDT en 1964, pensant que le problème était résolu, mais en 1969 le nombre de cas s’est élevé de 17 (atteint lorsqu’on se servait du DDT) à environ un demi-million »13.
Le danger est-il donc si grand qu’il justifie pareil massacre ?

Le DDT est-il toxique ?

Même si, comme nous venons de le voir, le DDT a été interdit sur des critères purement subjectifs et émotionnels, on ne peut que remercier Rachel Carson d’avoir su tirer la sonnette d’alarme et d’avoir initié une prise de conscience du danger que représente l’utilisation abusive de produits chimiques. A la suite de ce livre, de nombreuses études vont être entreprises sur divers produits et en particulier sur les pesticides. En 1992, soit plus de vingt ans après l’interdiction du DDT, émerge la notion de Polluants Organiques Persistants (POP) lors de la conférence de Rio. Le DDT est alors classé avec onze autres pesticides dans la catégorie des POPs14.
Ce classement est, en principe, réalisé sur quatre critères :
ils sont toxiques ;
ils s’accumulent dans la chaîne alimentaire (mesuré par un facteur de bioconcentration) ;
ils sont persistants dans l’environnement (mesuré par la demi-vie, période au delà de laquelle 50 % du produit s’est dégradé) ;
ils voyagent sur de longues distances depuis leurs sources.
Le seul problème est que ces quatre caractéristiques ne sont évidemment pas d’égale importance. Le fait que ces produits voyagent sur de longues distances est en effet sans grande valeur si les trois autres critères ne sont pas remplis. C’est, en fait, la toxicité qui devrait être l’élément fondamental, car c’est parce qu’ils sont toxiques que leur accumulation dans la chaîne alimentaire ou leur persistance dans l’environnement prend de l’importance.
Incontestablement, le DDT est persistant : sa demi-vie est de 15 ans et on en décèle encore dans les eaux françaises alors qu’il n’est plus utilisé depuis des décennies.
Tout aussi clairement le DDT est biocumulatif. Les animaux sauvages l’ingèrent dans leur alimentation, il est ensuite stocké dans les graisses et il s’accumule tout au long de la chaîne alimentaire.
Reste à savoir s’il est toxique. Dans un article publié par The Lancet15 on peut lire : « Dans les années quarante beaucoup de gens ont été délibérément exposés à des concentrations élevées de DDT par les programmes de saupoudrage ou l’imprégnation des vêtements, sans aucun effet sanitaire apparent. Il y a probablement peu d’autres produits chimiques qui ont été étudiés aussi profondément que le DDT, expérimentalement ou sur l’être humain. Il est rapidement apparu clairement que la toxicité cutanée du DDT sec était très basse, mais même la toxicité orale dépendait de la composition du régime. [...] L’ingestion du DDT, même répété, par des volontaires ou des personnes tentant de se suicider a indiqué une basse létalité [...]. Les quelques morts attribués au DDT ont été causées par le mélange avec d’autres produits chimiques ou des solvants ». En ce qui concerne « une exposition aiguë ou de haut niveau, le DDT est probablement plus sûr que bien d’autres produits chimiques ». D’ailleurs, à l’heure actuelle, la Dose Journalière Admissible (DJA) est fixée à 1200 µg/jour, c’est-à-dire à des niveaux bien supérieurs aux moins toxiques des autres polluants de la même catégorie (30 µg/j pour l’heptochlore, 6 µg/j pour l’aldrin)16.
En ce qui concerne l’exposition chronique, « la mise en évidence de paresthésie, maux de tête ou vertiges ou modification des fonctions vitales des ouvriers qui ont travaillé avec le DDT ou s’en sont servis, sont très rares en dépit de la présence d’une élévation de la concentration du sérum en DDT ou DDE17 »18
Restent deux reproches faits par ailleurs au DDT :
Le premier est qu’il pourrait être carcinogène. En fait, l’Agence Internationale pour la Recherche sur le Cancer (IARC) a classé le DDT dans la catégorie 2B « peut-être cancérogène pour l’homme »19 ce qui est la catégorie la plus basse des substances pour lesquelles il peut y avoir un risque. Elle l’a fait « parce qu’elle a jugé qu’il y avait des preuves de risque suffisantes chez l’animal, mais pas de preuve convaincante chez l’humain »20.
Le second est que le DDT serait susceptible de modifier le fonctionnement nerveux et hormonal humain (effets sur le métabolisme d’œstrogène chez les femmes, effets anti-androgènes21), ce qui pourrait influer sur la durée de la lactation, la prévalence des cancers du sein ou induire une diminution de la fertilité masculine. Les preuves scientifiques de ces effets néfastes sont très controversées et la WWF (World Wildlife Fund) elle-même - qui en fait pourtant son cheval de bataille - admet que « le degré de suppression immunitaire... est largement inconnu » et que « des effets directs sur [le système nerveux] des humains sont difficiles à mettre en évidence22 ».
En conclusion, il est clair que la toxicité du DDT est loin d’être prouvée et que ses autres effets néfastes sont très hypothétiques. On peut donc se demander s’il n’a pas été classé parmi les douze POPs plus pour justifier, a posteriori, son interdiction, qu’en raison du réel danger qu’il représente.
Le DDT est certes persistant et biocumulatif, mais est-ce suffisant pour en faire l’ennemi public numéro un, vouloir le faire disparaître de la planète et sacrifier ainsi la vie de millions d’hommes ?

Quelles solutions de remplacement ?

Renoncer totalement à l’emploi du DDT nécessite de trouver des solutions de remplacement qui présentent un rapport qualité/prix équivalent. En matière préventive, l’idéal serait évidemment de disposer d’un vaccin. Malheureusement toutes les tentatives de ce côté ont été pour le moment infructueuses. De toute façon, il n’est pas certain que cette solution serait compétitive au niveau du prix de revient. On sait par exemple que les moustiquaires imprégnées d’un insecticide, si elles donnent souvent de bons résultats, sont parfois inadaptées, les populations concernées n’ayant pas les moyens financiers de les acquérir ou ne les utilisant pas régulièrement pour des raisons climatiques ou par négligence. Ne parlons pas des solutions « écologiques » de modification génétique des moustiques ou d’utilisation de divers prédateurs, qui, pour intéressantes qu’elle soient, ne peuvent s’envisager que dans un lointain avenir.
Il ne reste donc dans le domaine de la prévention, que l’utilisation d’un autre insecticide. Trois familles de produits sont concernées : les pyréthroïdes, les carbamates et les organophosphates. Les deux derniers sont dangereux, difficiles à mettre en œuvre et pratiquement inadaptés aux pays en voie de développement. Reste les pyréthroïdes, mais ils sont en général plus onéreux que le DDT et commencent à provoquer le développement de résistances, ce qui nécessite, de tout façon, de pouvoir disposer d’un autre produit à utiliser en alternance.

Un usage raisonné

Disons-le clairement, personne aujourd’hui ne conteste l’interdiction du DDT en tant que pesticides d’épandage dans l’environnement. Il est incontestable en effet qu’il s’y accumule et peut y causer des dégâts pour la faune. On estime, par exemple, que le DDT est susceptible de provoquer un amincissement de la coquille des œufs de certains oiseaux. Ceci aurait pu entraîner la disparition de certaines colonies d’aigles à tête blanche et de faucons pèlerins.
Mais il est un autre usage dans lequel le DDT est pour le moment irremplaçable. C’est la pulvérisation des murs intérieurs des habitations. C’est cette utilisation limitée, qui a été retenue par les pays qui ont décidé de poursuivre la lutte antipaludéenne dans les années 60. L’avantage de cette méthode est d’abord que la quantité de DDT utilisée est sans commune mesure avec un usage en extérieur, pour des résultats très significatifs. Les moustiques qui se posent sur les murs, en particulier dans la journée, sont immédiatement détruits.
« La pulvérisation des murs intérieurs des habitations demande 2 g de DDT par m², une ou deux fois par an, soit approximativement 470 g pour une grande maison. Une grande partie de ce DDT restera sur place et ne rejoindra jamais le circuit écologique. Par comparaison, un seul champ de 40 ha de coton requiert 795 kg de DDT par saison agricole - soit pas moins de 1700 fois plus de DDT - dispersés directement dans la nature23. On estime qu’avec la quantité utilisée pour traiter l’équivalent d’un champ de coton de 4 km², on peut pulvériser de DDT toutes les habitations à haut risque d’un petit pays comme la Guyane. »24
Un autre argument utilisé contre l’usage du DDT est qu’il provoquerait l’apparition de résistance chez les moustiques. Ce phénomène est maintenant bien connu et il est vrai qu’il a été mis en évidence à la suite des épandages massifs réalisés par le passé, en particulier en Afrique. Cependant, « la zone de répartition de la résistance au DDT parmi les vecteurs de la malaria est limitée aux régions situées en Afrique de l’Ouest, Asie du Sud-Ouest, Grèce, Egypte, Amérique centrale et une petite partie de la Colombie en Amérique du Sud ». De plus « le DDT montre des actions répulsives, irritantes et toxiques qui agissent contre le moustique vecteur de la malaria » et qui amènent les insectes, même résistants, à s’éloigner des habitations traitées. « Bien que la transmission de malaria ne puisse pas être arrêtée par le DDT dans certains secteurs tels que les savanes humides de l’Afrique occidentale, l’effet global des programmes verticalement structurés pour appliquer le DDT aux murs de maison conduisaient à une réduction ou une élimination presque complète de malaria »25.
Cette méthode de pulvérisation intradomicilaire a été reconnue comme positive par l’OMS qui indique que « Les informations présentées ne fournissent pas de preuves convaincantes d’effets nuisibles de l’exposition au DDT résultant de la pulvérisation intérieure des habitations telle qu’elle est effectuée dans la lutte contre la malaria ». En conséquence, l’OMS indique que le DDT doit continuer à faire partie des outils de lutte contre le paludisme26. Et pourtant !

Pourquoi tant de haine ?

À la suite du livre de Rachel Carson, le DDT est devenu la bête noire des mouvements écologistes et la cible des opinions publiques, bien conditionnées par des médias toujours friands de catastrophisme.
En 1972, la plupart des pays riches, désormais exempts de paludisme, proclament pour leur part, son interdiction. En 1992, l’objectif d’une élimination totale des POPs est programmée. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement décide, lors de sa XIXème session, en février 1997, de mettre en place un instrument juridiquement contraignant au plan international afin d’interdire définitivement les POPs dans le monde entier. C’est lors de la Conférence de Johannesburg, en juillet 2000, que cet objectif doit, en principe, se concrétiser. Devant le danger d’une disparition totale du DDT (qui ignorerait les souffrances des pays les plus pauvres), plusieurs centaines d’éminents scientifiques travaillant dans ce domaine, rendent publique, le 1er décembre 2000, une lettre ouverte mettant en garde les responsables des pays impaludés. Ce texte27, qui reprend de façon parfaitement argumentée les différents éléments de cette problématique, se termine par un appel solennel : « À ce jour, il n’existe pas de solutions qui puissent remplacer le DDT en toutes circonstances [...] Nous préconisons aux pays Africains de rejeter tout calendrier pour l’interdiction du DDT, que ce soit pour 2007 ou plus tard, tant qu’ils n’ont pas la garantie de ressources pour développer et implanter des solutions de remplacement du DDT pour la Santé Publique ».
Les 416 signataires, originaires de 63 pays et parmi lesquels figurent trois Prix Nobel de médecine, rappellent que là où on a cessé de pulvériser le DDT dans les habitations, le taux de paludisme a augmenté souvent de façon considérable. A l’appui de cette affirmation, ils citent une étude réalisée en Amérique du Sud sur les résultats des programmes de gestion de la malaria entre 1993 et 1995. Ainsi que le montre le schéma, les pays qui ont cessé, ou diminué, leurs programmes de pulvérisation dans les habitations ont une forte augmentation des taux de paludisme, alors que l’Équateur qui est le seul à avoir accru l’utilisation du DDT les a considérablement réduits.
Dans cette lettre ouverte, les scientifiques mettent aussi les dirigeants africains en garde contre les pressions du lobby écologiste. Ils écrivent : « Dans leur acharnement à aboutir à une interdiction totale du DDT, il est regrettable que certains écologistes aient exagéré les risques de santé du DDT. Un rapport distribué par la World Wildlife Fund à l’occasion des négociations du Traité sur les POPs montre comment les recherches sur le DDT et la santé peuvent être manipulées par le désir de protéger l’environnement. Le rapport donne l’impression d’être bien documenté et crédible, en partie parce qu’il cite une longue liste d’études scientifiques. Mais si on lit ces études, il devient clair que la WWF a incorrectement réutilisé les conclusions de certaines études en vue de discréditer le DDT ».
Les auteurs insistent en particulier sur l’accusation faite au DDE d’être cause de cancer du sein et indiquent : « [...] la WWF fait référence à une étude28 qui dit “il n’y a pas de relation entre le DDE et le cancer du sein” pour appuyer une position disant que le DDE engendre un risque dans le cancer du sein. Nul n’est besoin de dire que c’est là une tromperie scientifique et un préjudice redoutable. »
La lettre signale ensuite deux autres cas de falsification de l’information et conclut : « Pour résumer, nous voudrions conseiller aux pays en voie de développement de se méfier des déclarations selon lesquelles le DDT nuirait à la santé de leur peuple. En ne tenant pas compte des regrettables présentations scientifiques falsifiées, on peut conclure qu’il y a au pire de petits risques pour la santé, et un très grand bénéfice à pulvériser du DDT dans les habitations. »
Cet appel sera heureusement entendu par beaucoup de responsables africains et la forme définitive de la convention établie le 23 mai 2001 à Stockholm prévoit la possibilité pour certains pays de s’exempter de la clause d’élimination du DDT, sans limitation de date, sur simple déclaration.

Et maintenant !

Provisoirement, la possibilité de poursuivre a minima la lutte antipaludéenne a été préservée. Ne nous faisons pas d’illusions, les pressions des pays riches et celles des grandes multinationales écologistes se poursuivent. Ces pressions seront directes, comme lors des grandes conférences internationales, mais elles peuvent aussi prendre des formes bien plus insidieuses, comme le montre l’exemple de l’Ouganda.
Depuis l’arrivée au pouvoir du Président Yoweri Museveni - un ancien guérillero -, l’Ouganda affiche une croissance économique de l’ordre de 6 % par an, la paix semble en passe de l’emporter et le mode de vie qui s’installe progressivement est un modèle pour beaucoup d’Africains29.
Les droits des femmes, par exemple, sont exemplaires : « La constitution ougandaise est considérée comme l’une des plus favorables aux femmes dans la sous-région [...] Le parlement ougandais compte 288 membres dont 51 femmes, alors que 17 des 62 membres du gouvernement sont des femmes. Au niveau du gouvernement, la loi stipule que les femmes doivent représenter le tiers des membres et occuper des postes de direction dans les commissions constitutionnelles ».30
Même chose sur le plan de la santé : « L’Ouganda, l’un des premiers pays d’Afrique sub-saharienne touchés par le Sida, a su réagir avec rapidité face à l’extension de la maladie. On note en effet une diminution de la séroprévalence du VIH au niveau national ; de 30 % en 1992, elle est passée à 10 % en 1998 en se stabilisant31.
Le pays est, hélas, miné par une épidémie ancestrale : le paludisme ! Cette maladie coûte 347 millions de dollars chaque année et représente 40 % des dépenses de santé. En 2002, 80.000 personnes en sont mortes, pour moitié des enfants de moins de cinq ans32.
En décembre 2002 à une convention de santé tenue à Kampala, Jim Muhwezi, ministre de la santé a annoncé le lancement d’une nouvelle campagne de traitement utilisant le DDT, s’appuyant sur le fait que c’était une arme efficace et bon marché pour les pays pauvres et que, en Afrique du Sud, la réintroduction récente de pulvérisation intradomiciliaire de DDT avait réduit les taux de malaria de 75 % en deux ans.
Jim Muhwezi a immédiatement rencontré l’opposition d’Andrew Sisson, un fonctionnaire de l’AID américaine qui assistait à la convention de Kampala. À la suite de quoi, un membre du parlement de l’Ouganda a averti Muhwezi que l’Europe et les Etats-Unis pourraient interdire les importations de poissons et celle des produits agricoles de l’Ouganda. Du fait de l’opposition de l’AID, l’Ouganda à donc peu de chance d’obtenir de l’aide internationale pour ce projet. À quoi Muhwezi a répondu : « nous espérons qu’elle viendra, sinon nous le ferons seuls33 ». Ce sera probablement le seul moyen car, si la liberté d’utilisation du DDT est, en principe, admise, en pratique tout est fait pour dissuader les pays qui désirent se rallier à cette solution.
Seuls 22 pays utilisent encore officiellement le DDT et seulement 8 pays africains ont demandé aux Nations Unies l’autorisation de l’utiliser. L’Afrique du Sud, qui devant la recrudescence de l’épidémie et le développement de résistance aux pyréthroïdes a repris les pulvérisations de DDT en 2001, est confrontée à de graves difficultés de financement et surtout d’approvisionnement et est obligée d’importer l’insecticide de Chine et du Brésil.
À Madagascar en 1986-88 la recrudescence du paludisme a tué 100.000 personnes. Devant cette épidémie, les autorités ont repris les traitements intradomicilaires et en deux cycles annuels de pulvérisation, l’incidence de la malaria à diminué de 90 %34.
Au lieu d’encourager ce type d’initiative, tout est fait pour montrer que la lutte antipaludéenne peut se passer du DDT. Ainsi l’accord de la Commission nord-américaine pour la coopération environnementale (CCE) a imposé au Mexique de cesser de produire et employer le DDT. Cet accord à un double effet pervers : il prive les autres pays d’Amérique du Sud d’une source d’approvisionnement et il permet aux partisans de l’élimination du DDT de proclamer que le Mexique fait la preuve qu’on peut lutter contre le paludisme sans le DDT, faisant semblant d’ignorer que ce qui est valable pour le Mexique (pays développé le plus riche des pays impaludés) n’est pas vrai pour les pays pauvres35.
En fait de nombreux autres pays seraient prêts à reprendre ces campagnes de traitement, s’ils avaient l’aval de la communauté internationale, si on acceptait de les financer et si on leur fournissait les moyens pratiques de les réaliser.

Le coût

Terrasser le paludisme reviendrait en fait à soulager d’un énorme poids les économies des pays pauvres. Plutôt que d’idéaliser une aide à court terme aux effets souvent pervers et qui ne gratifie que ceux qui la donnent, ne serait-il pas préférable de fournir à ces populations le moyen de prendre en main leur propre santé et d’enclencher ainsi un cycle vertueux qui leur donnerait une chance d’accéder au développement économique et de voir s’élever leur niveau de vie ?
« La perte commerciale subie chaque année par l’Afrique du fait du paludisme est de l’ordre de 1, 8 milliards de dollars et on estime qu’un simple accès de malaria à un coût équivalent à 10 à 20 jours ouvrables en Inde et en Afrique » écrit la Malaria Foundation International36.
La charge des soins médicaux n’est pas seule en cause. Les investissements étrangers sont faibles dans les régions impaludées et le tourisme y est fortement perturbé. La forte mortalité infantile incite aussi les parents à mettre au monde de nombreux enfants, ce qui constitue encore une cause d’appauvrissement.
Les chercheurs J.-L. Gallup et J.-D. Sachs écrivent37 : « Les pays qui ont éliminé la malaria au cours du dernier demi-siècle ont tous été subtropicaux ou insulaires. La croissance économique de ces pays dans les cinq années qui ont suivi l’élimination de la malaria a habituellement été sensiblement plus haute que la croissance des pays voisins.
Les analyses employant des données transnationales pour la période 1965-90 confirment le rapport entre la malaria et la croissance économique. Tenant compte de la pauvreté initiale, de la politique économique, de la situation tropicale, et de l’espérance de vie entre d’autres facteurs, les pays où la malaria est intensive ont crû 1, 3 % de moins par personne par an, et une réduction de 10 % de malaria a été associée à 0, 3 % de croissances en plus
. »
Alors ! Pourquoi pareil acharnement à refuser une méthode à l’efficacité éprouvée et aux inconvénients mineurs ?

Et s’il y avait d’autres raisons !

Le souci de protection de l’environnement est tout à fait respectable, pourtant, dans ce cas, il semble étonnamment excessif. Voilà qui amène à se demander s’il ne constitue pas la tunique honorable à des motivations inavouées, parce qu’inavouables. Si on se munit d’une feuille de papier, sur laquelle on trace deux colonnes, afin d’y inscrire, sans réticence ni fausse pudeur, ceux qui gagnent, ou risquent de gagner, et ceux qui perdent à l’interdiction du DDT, on s’aperçoit très vite que les deux colonnes sont très inégalement remplies. Seuls les pays pauvres, en voie de développement, sont perdants dans cette perspective. L’autre colonne est bien garnie. On y trouve :
Les intégristes de l’écologie, dont on ne peut que partager les objectifs à long terme, mais qui, obsédés par une préservation absolue de l’environnement, semblent parfois oublier toute compassion pour la souffrance des êtres humains.
L’industrie chimique, que la fabrication du DDT n’intéresse pas, car il n’est pas couvert par des brevets, il est très facile à produire et il a un prix de revient insignifiant. Par contre, les produits de remplacement sont pour elle une source de revenus importants et on estime que la réintroduction du DDT ou son expansion dans les pays en voie de développement coûterait à certaines compagnies des dizaines de millions de dollars38. La recherche de produits nouveaux est aussi un champ prometteur et l’industriel qui trouvera un nouvel insecticide « écologiquement correct » n’aura plus de soucis à se faire pour ses fins de mois.
L’industrie pharmaceutique, qui fournit les médicaments antipaludéens et travaille fébrilement à la mise au point d’un vaccin qui constituerait pour le laboratoire découvreur le jackpot du siècle. Notons au passage que ces industries se contentent actuellement de produire des molécules connues et, pour une bonne part, inactives, par suite du développement de résistances. « En 1997, aucune société pharmaceutique occidentale ne disposait de laboratoire de recherche sur les médicaments antimalaria »39. Il est improbable que les choses aient radicalement changé depuis. Pourquoi un pareil désintérêt ? Tout simplement parce que les pays en voie de développement ne sont pas solvables et qu’ils ne pourraient pas payer, au prix fort, la distribution massive d’une nouvelle molécule. Croit-on vraiment que la recherche contre le sida aurait fait, en si peu de temps, de tels progrès, si cette maladie n’avait pas été, à son début, le fait de populations riches, blanches et instruites ?
Les malthusianistes. Plus personne aujourd’hui n’oserait dire et encore moins écrire qu’il compte sur l’absence de soins ou d’hygiène pour une régulation « naturelle » de la population mondiale. Pourtant, dans un passé pas si lointain, certains ne se gênaient pas pour l’écrire. Le Dr Alexander King, bien qu’il fût de ceux qui avaient participé à étendre l’utilisation du DDT, écrivait : « le principal reproche que je fais au DDT, est, que, après coup, je constate qu’il a grandement contribué au problème de surpopulation40 ». De même, un fonctionnaire de l’AID déclarait « mieux vaut qu’ils meurent plutôt qu’ils ne se reproduisent de façon anarchique »41. Beaucoup de ces gens comptaient sur les moyens contraceptifs pour suppléer à la diminution de la mortalité infantile. L’échec de ces méthodes dans les pays pauvres n’amène-t-il pas certains d’entre eux à compter, sans bien sûr oser l’avouer, sur l’aide du sida et du paludisme ?

Une désinformation42 meurtrière

D’après l’OMS, « La malaria tue un enfant africain toutes les 30 secondes ». Beaucoup de ceux qui survivent à un épisode de paludisme grave peuvent souffrir de dommages au cerveau. Les femmes enceintes et leurs enfants à naître sont également particulièrement vulnérables à la maladie, qui est une cause importante de mortalité périnatale, de faible poids de naissance et d’anémie maternelle. En moyenne, pendant le temps que vous avez mis à lire cet article, environ 1500 personnes sont mortes dans le monde des suites du paludisme. Elles sont mortes victimes de l’union implicite d’industriels intéressés, de malthusianistes cyniques et d’intégristes de l’écologie. Elles sont surtout victimes du fait qu’une désinformation scientifique, pourtant désavouée par les spécialistes, continue à passer pour une vérité dans l’esprit d’un large public.
Les risques sanitaires et écologiques insignifiants des habitants des pays riches doivent-ils prendre le pas sur la tragédie meurtrière que vivent chaque jour les citoyens des pays pauvres ?
Nous devons tous prendre conscience que nous sommes complices de laisser périr chaque année 2,7 millions d’hommes, de femmes et surtout d’enfants, par notre refus d’utiliser un produit, dont la seule action néfaste avérée est de diminuer l’épaisseur de la coquille des œufs de certains rapaces.

1 Chiffres de l’OMS.

2 World Health Organization, The World Health Report 1996 (WHO, Geneva, 1996), p. 47. http://www.who.int/whr2001/2001/arc...

3 Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire 11/99 : Enquête nationale de recensement des cas de paludisme d’importation en France métropolitaine pour l’année 1997. (http://www.invs.sante.fr/beh/1999/9...)

4 Sources : www.pasteur.fr et Encyclopædia Universalis

5 « L’historique du DDT en Amérique du Nord jusqu’en 1997 » http://www.cec.org/pubs_docs/docume...

6 Les cahiers de Science et Vie n° 64 août 2001.

7 « How Environmentalism Kills the Poor - Malaria and the DDT Story », Dr Roger Bate for Envirobio Conference, 14 novembre 2000 Paris. http://www.fightingmalaria.org/

8 Harrison, G (1978) “Mosquitoes, Malaria and Man : A History of the Hostilities Since 1880”, p230-231-247, John Murray, London

9 Nature Medicine vol 6, N° 7, p. 729-731 juillet 2000.

10 « How Environmentalism Kills the Poor - Malaria and the DDT Story », Dr Roger Bate for Envirobio Conference, 14 novembre 2000 Paris. http://www.fightingmalaria.org/

11 Les cahiers de Science et Vie n° 64 août 2001.

12 Malaria Foundation International, Fact pack ; http://www.malaria.org/

13 « How Environmentalism Kills the Poor - Malaria and the DDT Story », Dr Roger Bate for Envirobio Conference, 14 novembre 2000 Paris. http://www.fightingmalaria.org/

14 La douzaine toxique est constituée de 8 pesticides : l’hexachlorobenzène, le Mirex, le Chlordane, le DDT, l’Endrin, le Toxaphène, l’Heptachlore et l’Aldrin/dieldrin, auquel il convient d’ajouter les PCBs, HCBs, Dioxines et Furanes.

15 « How toxic is DDT ? », Lancet 2000 ; 356 : 267-268.

16 « Recipe for a disaster : a review of persistant organic pollutants in food » Greenpeace research labo., Exeter, mars 20 ? ?.- cit. http://www.cniid.org/

17 Métabolite du DDT.

18 « Recipe for a disaster : a review of persistant organic pollutants in food » Greenpeace research labo., Exeter, mars 20 ? ?.- cit. http://www.cniid.org/

19 http://monographs.iarc.fr/monoeval/...

20 Appel de la Malaria Foundation International : http://www.malaria.org/

21 voir http://website.lineone.net/ mwarhur...

22 World Wildlife Fund, Resolving the DDT Dilemma : Protecting Biodiversity and Human Health (Toronto and Washington DC, 1998), pp. 12-15.

23 D. Roberts et al. (1997), « DDT, global strategies and a malaria control crisis in South America », Emerging Infectious Diseases 3(3):295-302, disponible au site : http://www.cdc.gov/ncidod/EID/vol3n...

24 Appel de la Malaria Foundation International : http://www.malaria.org/

25 D R Roberts, S Manguin, J Mouchet ; « DDT house spraying and re-emerging malaria », Lancet 2000 ; 356 : 330-332.

26 WHO Expert Commitee on Malaria, Twentieth report : http://mosquito.who.int/docs/ecr20f...

27 Appel de la Malaria Foundation International : http://www.malaria.org/

28 Krieger, N, Wolff, M.S. et al. (1994), "Breast cancer and serum organochlorines : A prospective study among white, black and Asian women", Journal of the National Cancer Institute (USA), 86(8) : 589-99.

29 Il faut pourtant noter que beaucoup de progrès restent à faire dans le domaine des droits de l’homme. Voir à ce sujet le dernier rapport d’Amnesty International.

30 http://www.journeedelafemme.com/JFe...

31 http://www.medecinsdumonde.org/2mis...

32 « Should the DDT Ban be Lifted ? » Alexander Gourevitch, Washington Monthly ; April 9, 2003

33 « Should the DDT Ban be Lifted ? » Alexander Gourevitch, Washington Monthly ; April 9, 2003

34 D R Roberts, S Manguin, J Mouchet ; « DDT house spraying and re-emerging malaria », Lancet 2000 ; 356 : 330-332.

35 D R Roberts, S Manguin, J Mouchet ; « DDT house spraying and re-emerging malaria », Lancet 2000 ; 356 : 330-332.

36 Malaria Foundation International, Fact pack ; http://www.malaria.org/

37 John Luke Gallup and Jeffrey D. Sachs ; « The economic burden of malaria », Harvard University, Center for International Development, Working Paper n° 52, July 2000

38 « How Environmentalism Kills the Poor - Malaria and the DDT Story », Dr Roger Bate for Envirobio Conference, 14 novembre 2000 Paris. http://www.fightingmalaria.org/

39 Appel de la Malaria Foundation International : http://www.malaria.org/

40 « The discipline of curiosity » (publications scientifiques Elsevier, p. 43.

41 Robert Desowitz, The malaria capers, W.W. Northon, New York, 1992.

42 Dans un article intitulé « Information scientifique et désinformation », Jean-Jacques Duby cite l’interdiction du DDT comme exemple de « Désinformation contrevérité scientifique désavouée par la communauté scientifique ». http://www.cindynics.org/iec-lettre...

Mis en ligne le 28 décembre 2003
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