Les compléments alimentaires

et leurs effets sur la santé

Note de Frédéric Lequêvre - SPS n°323, janvier / mars 2018

Les compléments alimentaires
et leurs effets sur la santé
Nadine Martinet
Book-e-book, Coll. « une chandelle dans les ténèbres », 78 pages, 11 €

La supplémentation de l’alimentation en vitamines, sels minéraux, probiotiques et autres préparations botaniques peut présenter des bénéfices pour une partie de la population : adolescents, femmes enceintes ou souhaitant concevoir un enfant, personnes âgées… Lorsqu’ils sont pratiqués sans être encadrés par un médecin, ces apports présentent des risques. Si manger beaucoup de fruits et légumes riches en caroténoïdes a un effet protecteur contre les cancers, « la supplémentation en bêta-carotène seul est dangereuse surtout chez les fumeurs pour des raisons qui restent inconnues ». Quant à la vitamine C, aucune recommandation ne peut être formulée en l’état actuel des connaissances.

Une allégation est un message figurant sur l’emballage d’un complément alimentaire (CA) et qui peut être utilisé pour sa publicité. Mais, pour cette classe de produit, « aucune allégation ne peut légalement faire mention d’un effet thérapeutique ». Les pourvoyeurs de CA ne se gênent pourtant pas pour entretenir l’ambiguïté. Et il y a fraude manifeste lorsque des produits souvent présentés comme apportant un réel bénéfice pour la santé – mais non soumis aux contraintes liées à la mise sur le marché des médicaments – sont de surcroît eux-mêmes supplémentés en diverses molécules comme la phénolphtaléine (un laxatif) ou le citrate de sildénafil (la molécule constitutive du Viagra).

Loin de vouloir entretenir le climat anxiogène qui voit se succéder les scandales sanitaires, N. Martinet, chercheur honoraire à l’Institut de chimie de Nice (ICN) et directrice de recherche Inserm, nous informe objectivement sur l’« état de l’art » en la matière et plaide pour la « nutrivigilance ». Cet ouvrage bien documenté, dont l’auteur, dans sa conclusion, s’excuse presque que la lecture ne soit pas « facile » – ce qui est vrai –, est pourvu de nombreuses références aux grandes études épidémiologiques et aux recommandations de l’Anses. Il apportera toutes les informations nécessaires à une consommation éclairée. On retiendra que « l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, la classe socio-économique, et l’activité physique influent sur la consommation de CA. Ceux qui en consomment le plus sont ceux qui n’en ont pas besoin » (p. 29).


Les ouvrages de cet éditeur sont disponibles sur le site book-e-book.com

Mis en ligne le 23 avril 2018
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