À la recherche des animaux mystérieux

Idées reçues sur la cryptozoologie

Note de lecture d’Erwan Seznec - SPS n°320, avril 2017

À la recherche des animaux mystérieux

Idées reçues sur la cryptozoologie

Eric Buffetaut

Le Cavalier Bleu, Coll. Idées, 2016, 155 pages, 20 €

Directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste de la paléontologie des vertébrés, Eric Buffetaut s’est penché sur la science des grands animaux cachés, ou cryptozoologie. L’exercice est périlleux. Comme l’auteur le souligne dès l’introduction (p. 9), la discipline, « suivant qu’on la prend au sérieux ou non », sera considérée comme une branche de la zoologie ou comme une pseudo-science attirant son lot de farfelus.

Eric Buffetaut, qui n’est pas à ranger dans ces derniers, soumet à une critique sérieuse les classiques de la cryptozoologie : rien, strictement rien ne permet de penser qu’il y a un monstre dans le Loch Ness ou un grand primate poilu caché dans les montagnes du Tibet. De là à dire que les futures découvertes en zoologie porteront seulement sur de tout petits animaux, il y a un pas, estime Eric Buffetaut. La dernière découverte d’un grand mammifère encore inconnu remonte à 1999 seulement, rappelle-t-il. Il s’agit du saola, une antilope vietnamienne.

L’auteur n’a pas oublié sa fascination d’adolescence pour les livres de Bernard Heuvelmans (1916-2001), scientifique belge, auteur en 1955 du best-seller de la cryptozoologie : Sur la piste des bêtes ignorées, vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Il déplore le mépris dans lequel l’essentiel des scientifiques tient aujourd’hui ces cryptozoologues amateurs, obsédés par la quête du Bigfoot américain1 ou du paresseux géant de Patagonie, « au point parfois d’y consacrer leur existence » (p. 15). Leurs méthodes sont hétérodoxes, convient Eric Buffetaut. Ils évoluent aux marges de la science, mais leur enthousiasme est sincère.

Ce petit livre clair et documenté en vient ainsi à dessiner en creux le portrait d’un animal vraiment extraordinaire : le chasseur de dinosaures ou de serpents de mer, cousin complètement allumé mais finalement sympathique dans la grande famille de la recherche académique.

1 Variété nord-américaine du yéti. Interprété avec conviction dans un épisode de L’Homme qui valait trois milliards par le catcheur français André Roussimoff, dit André le Géant (2,24 m, 235 kg).

Mis en ligne le 2 août 2017
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