Pesticides dans les mueslis : encore une alerte pour rien...

Communiqué de l’AFIS - 13 octobre 2016

Pesticides dans les mueslis : encore une alerte pour rien...

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L’association Générations futures a publié le 11 octobre 2016 les résultats d’une étude sur la présence de résidus de pesticides potentiellement perturbateurs endocriniens dans des mélanges de céréales et de fruits secs type muesli. L’étude portait sur quinze échantillons issus de l’agriculture conventionnelle, tous concernés par les résidus, et sur cinq échantillons de muesli bio, tous trouvés exempts de ces mêmes résidus.

Il s’agit du septième volet d’une série appelée EXPPERT, pour EXposition aux Pesticides PERTurbateurs endocriniens [1]. Comme les précédents, celui-ci a donné lieu à des comptes rendus alarmistes largement médiatisés [2].

À de très rares exceptions près [3, 4], les médias ont passé sous silence des éléments contenus dans l’étude elle-même, ou dans les communiqués de Générations futures, qui en relativisent sérieusement la portée :

1 - Cette étude de Générations futures n’apporte aucune information nouvelle.

« L’omniprésence des cocktails de perturbateurs endocriniens dans notre environnement est confirmée par ce rapport », écrit en toute transparence le dirigeant de l’association, François Veillerette. Il n’y a donc pas matière pour un tel battage médiatique de toute évidence.

2 - Cette étude n’a rien trouvé d’anormal.

« Aucune Dose journalière admissible (DJA) n’apparaît pouvoir être dépassée pour les résidus retrouvés dans les échantillons analysés, et ce pour une consommation de 50 à 100 g par jour de produit » est-il précisé. La présence de résidus n’est pas une surprise. Les produits détectés sont autorisés, dans des limites d’emploi bien définies. Les résultats de Générations futures suggèrent qu’elles ont été respectées. C’est donc rassurant.

Un calcul rapide montre qu’il faudrait manger, même pour le produit trouvé en quantité la plus élevée, plusieurs dizaines de bols de céréales avant d’atteindre la DJA. Pour d’autres substances mises en exergue, ce sont même des milliers de bols !

3 - Générations futures n’évoque pas de résidus de pesticides homologués en agriculture biologique dans les mueslis bio.

Elle n’a pas vocation à le faire. Comme indiqué sur son site et conformément à l’objet déclaré de l’association, Générations futures assure la promotion de l’agriculture biologique. L’association ne l’a jamais caché. Elle précise en toute transparence sur son site qu’elle se félicite de la perception de financements de la part d’entreprises de la filière agrobiologique : Biocoop, Bjorg, Bonneterre, Léa Nature, Ecocert, etc. [5]. Cependant, rares sont les rédactions qui ont mentionné ces éléments qui, pour d’autres communications par d’autres communicants, auraient immédiatement été signalés comme une marque de possible si ce n’est probable « conflit d’intérêt ».

D’ailleurs, au paragraphe « Où trouve-t-on les perturbateurs endocriniens ? » (p16) de son rapport, Générations futures pointe les produits d’origine chimique, mais omet totalement de préciser qu’il existe des perturbateurs endocriniens naturellement présents dans des aliments tels que le soja et le raisin ou dans le vin [6], ni qu’il y en a aussi parmi les substances autorisées comme pesticides en agriculture « bio ».

Et s’il est question de surveiller le risque sanitaire, il est difficile d’ignorer que deux semaines avant la publication de cette étude, une marque française de produits bio a dû lancer un rappel sur sa gamme de mueslis bio, contaminés, non par des résidus, mais par des salmonelles [7]. Générations futures n’a pas davantage vocation à en parler non plus.

Conclusion

L’Association française pour l’information scientifique (AFIS) œuvre à la promotion de la méthode scientifique et refuse l’instrumentalisation de la science et la déformation des données scientifiques, quelle que soit la cause que l’on souhaite faire avancer ou le commerce que l’on souhaite promouvoir [8].

Elle constate qu’avec ce septième volet aux allures d’étude scientifique, Générations futures poursuit une opération tout à fait transparente de promotion du bio, par dénigrement du conventionnel, sans contenu scientifique et sans révélation, et sans que ses liens avec le commerce du bio ne lui soient opposés comme la source d’un possible conflit d’intérêt.

Faudra-t-il attendre le huitième, le quatorzième ou le vingtième volet, pour que les médias en prennent conscience ?

Contact : communication@pseudo-sciences.org

Mis en ligne le 13 octobre 2016
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