Dialogues avec l’Univers

Sylvie Vauclair. Éditions Odile Jacob, 2015, 170 pages, 21,90 €

Note de lecture de Christine Mourlevat-Brunschwig - SPS n° 316, avril 2016

Les chroniques scientifiques hebdomadaires données par l’astrophysicienne Sylvie Vauclair sur les ondes de Radio Présence, une radio chrétienne toulousaine, sont ici réunies en un ouvrage et ces cinquante-deux petits dialogues avec l’Univers sont de véritables délices !

Ils traitent des petites et grandes questions d’astrophysique avec un espace de réflexion sur les questions du sens de l’existence et de l’homme face à l’Univers.

Le rideau s’ouvre sur un homme qui, en s’extrayant de sa condition terrestre, conquiert la troisième dimension, c’est-à-dire la verticalité lui permettant de découvrir l’espace. Et chaque chronique nous emmène vers un nouveau point de vue dont Sylvie Vauclair nous donne les clés scientifiques avec son style vivant et ses informations précises.

Elle commence par évoquer ce petit point bleu perdu dans l’immensité céleste, enchaînant avec quelques chapitres consacrés à notre planète et notre histoire. Viennent ensuite les réflexions sur la nuit, « espace de toutes les découvertes et de tous les dialogues de l’homme avec le cosmos », même si la pollution lumineuse nous ferme progressivement cet espace.

De l’arc-en-ciel à la lumière originelle du big-bang, plusieurs chroniques traitent de la lumière et de ses propriétés physiques. L’astrophysicienne souligne que si l’homme ne voyait que dans l’infrarouge, il ne percevrait rien au-delà de l’atmosphère et n’aurait donc aucune idée de l’infini de l’espace.

Tout en traitant avec soin de sujets classiques comme la Lune, le zodiaque, les étoiles ou les calendriers, cet ouvrage fait aussi la part belle aux sujets actuels comme l’astérosismologie, la sonde Rosetta, la matière noire, la courbure de l’Univers, le satellite GAÏA, la vie dans les océans extra-terrestres… Il est toujours revigorant, avec des questions parfois simples (pourquoi la Terre est-elle ronde ?) et des réponses claires, souvent surprenantes.

Le lecteur se délectera aussi d’interrogations plus générales, par exemple : « À quoi ça sert, tout ça ? » ou « De quoi l’Univers est-il donc fait ? »

Cette initiation de belle qualité réserve quelques subtilités réjouissantes à l’amateur aguerri, comme cette étonnante chronique consacrée à Peiresc. « Vrai scientifique allant au-delà des connaissances dogmatiques de son époque », il découvrit à la lunette la nébuleuse d’Orion en 1610 et releva bien plus précisément que Galilée les positions des satellites de Jupiter1.

Après quelques méditations sur l’énorme responsabilité de l’homme qui peut désormais agir sur la nature et sur son évolution, la conclusion intitulée « les grandes découvertes contemporaines remettent-elles en cause la pensée humaine et religieuse ? » mériterait à elle seule de lire ce livre, tant la pensée de l’astrophysicienne est riche. Elle note que la science apporte des certitudes et des acquis en ouvrant de nouveaux domaines sans apporter de réponses aux questions fondamentales de l’être.

Elle aime ce ciel et nous le révèle à tous les niveaux, de la simple beauté d’une nuit claire aux découvertes les plus sophistiquées et en nous obligeant à réfléchir, elle nous fait prendre de la hauteur.

1 Selon le mathématicien Pierre Gassendi, Peiresc n’aurait pas continué ces travaux pour ne pas nuire à Galilée qu’il admirait beaucoup.

Mis en ligne le 10 juin 2016
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