Science et raison : où est l’héritage des Lumières ?

304 - avril 2013

Les défis auxquels font face nos sociétés sont nombreux : près d’un milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim, la sous-alimentation est responsable de dizaines de millions de morts chaque année, l’accès à l’eau et à l’énergie est un problème majeur dans de nombreux pays, les épidémies sont des fléaux endémiques pour des populations entières et touchent particulièrement les enfants.

Si la science ne peut prétendre par elle-même résoudre ces problèmes, dont une partie des causes est d’origine politique et économique, elle peut cependant y contribuer de façon décisive. Mais au-delà, la science nous ouvre des perspectives, difficiles à toutes les imaginer aujourd’hui, en termes d’amélioration de nos conditions d’existence, de développement et de progrès, respectueux de l’environnement et de la santé des êtres qui habitent notre planète. Elle est à la base de nos capacités à ouvrir des champs nouveaux pour l’humanité. Cette confiance dans le progrès, qui est la nôtre, est issue de l’héritage des Lumières.

Et pourtant, pour certains, cet héritage semble poussiéreux, voire dépassé et rétrograde. À leurs yeux, la science ne serait que source d’inquiétude et créerait plus de problèmes qu’elle n’en résout. Pire, elle serait un outil idéologique utilisé à des fins partisanes ou malveillantes. Décroissance, retour à une nature idéalisée, principe de précaution sont ainsi prônés par les détracteurs de cette science dont il faudrait se méfier.

Bien entendu, la vision progressiste que nous appelons de nos vœux s’accompagne d’une approche raisonnée et responsable. Mais ce à quoi nous sommes confrontés ne relève pas de la précaution élémentaire qui doit accompagner toute entreprise humaine, mais d’une défiance quasi religieuse envers la science et la raison.

Le dossier que nous vous présentons dans ce numéro donne la parole, sous forme de tribunes libres, à des auteurs qui ne partagent pas forcément la même opinion sur les enjeux de société et la façon de les aborder, ni même sur les solutions à apporter. Mais tous placent au centre la démarche rationnelle et revendiquent un attachement à la raison et à la connaissance scientifique. Ils font part de leurs inquiétudes face aux différentes formes de remise en cause de cet héritage des lumières, décrivent les conséquences de ce renouveau moderne d’obscurantisme. Mais ils évoquent aussi l’espoir et le progrès qu’incarne l’héritage des Lumières, plus que jamais d’actualité, et les conditions pour que cet espoir puisse devenir réalité.

Le progrès en tant que choix de société ne s’impose pas toujours et partout comme une évidence, l’histoire nous l’a montré, parfois très durement.

Mis en ligne le 7 avril 2013
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