Fausses peurs et vrais dangers

302 - octobre 2012

L’être humain est naturellement enclin à surestimer les très faibles probabilités. Si en plus, ces faibles probabilités sont associées à un dommage important et chargé émotionnellement, elles prendront une importance renforcée par la peur1. Ajoutons le fait que, dans les entreprises humaines, le risque zéro n’existe pas, et que nous vivons à une époque où toute information se médiatise à la vitesse d’Internet. Les ingrédients de base sont ainsi réunis pour que se développe une controverse médiatico-scientifique biaisée. Nous illustrons ce propos, dans ce numéro, avec l’analyse des causes et des conséquences du recul de la couverture vaccinale en France et en Europe, et avec celle d’une controverse naissante autour du rôle du cholestérol dans les maladies cardio-vasculaires.

Deux exemples différents, mais qui rendent compte d’une même difficulté, celle de développer une argumentation scientifique rationnelle permettant une évaluation objective du rapport risque-bénéfice. Ce rapport est difficile à appréhender à l’échelle individuelle, étant sujets à l’émotion, à la passion et à la subjectivité de l’expérience personnelle. Mais essayons d’oeuvrer pour qu’au niveau de la société, les choix éclairés et fondés puissent prévaloir.

Science et pseudo-sciences

1 Voir par exemple : Gérald Bronner et Etienne Géhin, L’inquiétant principe de précaution, PUF 2010, et le chapitre « Les enjeux cognitifs du pari de l’excès de précaution ».

Mis en ligne le 18 octobre 2012
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