Skepter (Pays-Bas), numéro de l’hiver 2010 (paru en mai 2011)

par A. Atsou-Pier

Communication facilitée

Née en 1990 avec une lésion cérébrale, Thiandi Grooff souffre de graves troubles moteurs. Incapable de parler, elle est considérée comme handicapée mentale grave jusqu’à ce que ses parents découvrent en 2004 la méthode de la communication facilitée. Aidée par un « facilitant » qui lui soutient la main lorsqu’elle répond à des questions en tapant sur un clavier, elle fait alors quelques années d’enseignement secondaire en Angleterre puis obtient son diplôme aux Pays-Bas. Elle poursuit actuellement, assistée par une équipe d’étudiants payés à l’heure, des études universitaires à l’Amsterdam University College. Pourtant, depuis des décennies toutes les études1 montrent que la communication facilitée ne fonctionne que si l’on ne tient pas compte de la possibilité que ce soit la main du « facilitant » qui écrit. La mère de la jeune fille a par ailleurs refusé toute participation à un test en aveugle proposé par l’auteur de cet article, Rob Nanninga, rédacteur de Skepter.

Abus sataniques rituels aux Pays-Bas

Après avoir décrit dans le numéro précédent la panique morale entourant les phénomènes des souvenirs retrouvés d’abus sexuels, du diagnostic de la personnalité multiple et des abus rituels sataniques aux États-Unis, Tjalling Beetstra en fait de même pour les Pays-Bas. Si certains psychothérapeutes et chaînes de télévision ont bien essayé de créer une panique morale autour de deux affaires d’abus sataniques rituels présumés au début des années 1990, celle-ci n’a jamais pris la même ampleur qu’aux États-Unis, principalement parce que les journalistes néerlandais avaient le bon sens de donner la parole également à des psychologues sceptiques.

Les origines du yoga

Bien que les enseignants de yoga affirment souvent que les postures qu’ils enseignent datent d’il y a 5 000 ans, les premières descriptions de certaines postures assises n’apparaissent qu’au sixième siècle dans un commentaire sur les « Yogasutras » de Patanjali. De plus, des études récentes2 montrent que le yoga que nous pratiquons aujourd’hui a été développé en grande partie au début du 20ème siècle par des culturistes et nationalistes indiens influencés par la culture du corps occidentale. Il n’est donc pas étonnant que certains exercices du yoga moderne ressemblent comme deux gouttes d’eau, cadre spirituel compris, à ceux de la gymnastique pour femmes dans l’Angleterre des années 1930. Le yoga moderne est donc loin d’être une tradition orientale séculaire.

L’imposture de la négation du VIH/SIDA

Parmi les personnes niant l’existence du VIH/SIDA on compte des personnalités scientifiques, politiques et journalistiques de premier plan, écrit Dirk Koppenaal, rédacteur de Skepter. Le plus connu est le virologue allemand Peter Duesburg, qui a eu une influence néfaste sur la lutte contre le SIDA en Afrique du Sud. Les Pays-Bas n’en comptent que peu et ceux qu’il y a n’ont jamais réussi à prendre pied dans les médias, sauf dans un magazine d’opinion alternative et sur quelques sites Internet.

Langue des signes pour bébés

Ronald Kaptein, chercheur en sciences du mouvement humain, s’est penché sur les cours en langue de signes pour bébés. L’idée de base des inventrices Linda Acredolo et Susan Goodwyn était que le développement mental des bébés précède de six mois le développement du langage. Cela fait donc six mois de frustration, de crises de larmes, de développement retardé, auxquels les parents peuvent remédier en communiquant avec le bébé en langue des signes. Il y a peu d’études qui confirment les prétendus effets positifs, comme une meilleure intelligence. Gwyneth Doherty-Sneddon3 fait le point sur l’état actuel des connaissances et voit, malgré ses faiblesses, des possibilités d’applications utiles, notamment pour des enfants dont le développement de langage est compromis pour quelque raison.

Hormésis et radioactivité

En radioprotection les effets cancérogènes de faibles doses de rayonnements ionisants sont estimés par extrapolation des effets des doses élevées reçues à Hiroshima et Nagasaki, selon un modèle linéaire sans seuil en deçà duquel l’exposition n’aurait aucun effet sur la santé. De plus en plus d’études (expériences animales, étude des populations vivant dans des zones à haut niveau de radioactivité naturelle) montrent que ce modèle est faux, qu’il y a un seuil et qu’en dessous de ce seuil l’irradiation à faibles doses pourrait même être bénéfique pour la santé (hormésis).

Deux livres sont recommandés : Ed Hiserodt (2005), « Underexposed : What If Radiation Is Actually Good For You ? » et Charles L. Sanders (2010), « Radiation Hormesis and the Linear-No-Threshold Assumption ».

Autres articles

Trois autres articles traitent du bracelet Sea-Band qui préviendrait le mal de voiture par le moyen de l’acupression, du livre « Paranormality » du professeur Richard Wiseman (un livre amusant mais assez superficiel du point de vue scientifique et les histoires anecdotiques qu’il contient sont assez datées) et du médecin homéopathe français Martine Gardenal, condamnée pour « charlatanisme » par l’Ordre National des Médecins, et dont la plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme a été déclarée irrecevable.

Mis en ligne le 28 novembre 2011
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