Comment « fonctionnent » les rumeurs ?

par Gérald Bronner - SPS n° 296, hors-série 11 septembre, juin 2011

La difficulté avec la rumeur est de la définir, dans la mesure où les spécialistes de ce curieux objet social ont du mal à se mettre d’accord. J’admettrai ici a minima que la rumeur est une information douteuse qui se constitue en récit et circule par des médias officieux (bouche-à-oreille, messagerie électronique...) quoique certains médias officiels puissent s’en saisir.

Naissance des croyances

La question de l’origine des rumeurs – comment naissent-elles ? – est redoutable car, lorsque les chercheurs décident de travailler sur l’une d’entre elles, c’est qu’elle est s’est déjà diffusée dans l’espace social et donc que son processus de constitution, en raison du caractère informel de sa diffusion, est hors de portée de l’analyse directe. Pour cette raison, on a parfois considéré, comme si la fonction créait l’organe, qu’elles tiraient leur origine des services qu’elles seraient censées rendre à l’ordre social1. Je crois plus recevable une interprétation de type sélectionniste, qui fait l’hypothèse que c’est parce qu’un processus de sélection a déjà eu lieu au moment où l’observateur enregistre la forme émergente d’une rumeur et que les moins « adaptées » ont été éliminées, que les objets dominants peuvent donner l’illusion qu’ils tendaient, dès leur origine, vers une fonction sociale. Il faut alors admettre que plusieurs variantes émergent dans l’espace social pour rendre compte d’une situation énigmatique (comment expliquer, par exemple, l’apparition de grands cercles ou de figures plus complexes dans des champs de blé ?). Ce processus « darwinien » peut revêtir, dans les domaines des croyances et des rumeurs, plusieurs formes. Mais, si l’on en croit Boyer (2001, p. 37), avant même d’être mis en œuvre dans l’espace social, il s’exerce dans l’intimité de notre espace mental : « Ces variantes ne subissent pas toutes le même sort. La plupart ne restent dans l’esprit qu’un bref instant. Un petit nombre s’attarde plus longtemps mais n’est pas facile à formuler ou à communiquer. Un nombre plus restreint encore est mémorisé, communiqué à d’autres, mais non retenu par eux. Seul un très petit nombre de ces variantes se fixe dans la mémoire, est communiqué à des tiers, mémorisé par eux puis communiqué à d’autres sous une forme qui respecte plus ou moins le concept originel ».

Devenirs des jeunes croyances

En d’autres termes, plusieurs croyances peuvent émerger concernant le même objet, ces croyances n’apparaissent pas totalement au hasard puisque l’imagination humaine est limitée et partiellement structurée, mais du moins ne sont-elles pas orientées a priori vers une fonction sociale. Ensuite, elles sont comme des produits qui se proposent sur un marché : livrées à la concurrence. La sélection fait alors son office, certains disparaissent, d’autres « survivent ». À ce stade, les énoncés ne sont pas toujours arrivés à maturité et plusieurs processus sont possibles qui peuvent les transformer.

La confirmation  : la croyance apparaît initialement sous une forme performante, elle ne subit aucune transformation notable.

L’hybridation  : deux produits concurrentiels fusionnent et produisent une nouvelle croyance. Certaines sectes, par exemple, n’hésitent pas à proposer des produits de synthèse qui résultent souvent de l’hybridation d’éléments religieux et de données scientifiques ou pseudo-scientifiques (voir encadré).

L’élimination  : un produit apparaît, puis disparaît simplement parce qu’il cesse d’être cru ou parce que les conditions de sa diffusion ne sont pas réunies. Le film Signes, de Night Shyamalan, a popularisé le phénomène des crops circles. Il s’agit de grands cercles qui apparaissent mystérieusement, généralement dans des champs de blé. Ceux-ci peuvent être de simples cercles ou dessiner des figures plus complexes. Personne ne doute de la matérialité de ces phénomènes. Cependant, il en existe plusieurs interprétations concurrentes. La plus immédiate est celle du canular, d’autant que ces phénomènes, étant principalement apparus dans le sud de l’Angleterre dans les années 80, pouvaient facilement être reproduits artificiellement. D’ailleurs, en septembre 91, deux artistes, Doug Bower et Dave Chorley affirmèrent qu’ils étaient les auteurs de plus de deux cents crops circles depuis 1976. Un peu partout dans le monde, des groupes appelés des circle makers revendiquent la création de ces « œuvres d’art »2.

Raël un exemple d’hybridation d’éléments religieux et de données scientifiques

Dans son livre manifeste Le livre qui dit la vérité (Paris, L’édition du message, 1974) Claude Vorilhon, dit Raël, propose une lecture « scientifique » d’un célèbre passage de la Bible.

Pour éclairer ce passage, il faut rappeler que le leader de cette secte prétend être l’ambassadeur des extra-terrestres. Il aurait rencontré l’un d’entre eux en France, dans le Puy-de-Dôme, à six reprises en 1973. Ce visiteur lui aurait expliqué que l’humanité aurait été créée par une race extra-terrestre en laboratoire. La Bible ne dirait rien d’autre que cela, mais le message en aurait été mal interprété au cours du temps.

Toute la doctrine raëlienne est une tentative d’hybridation entre une culture biblique et une vulgate scientifique : « "L’homme de Dieu apporta vingt pains d’orge mais son serviteur dit : Comment nourrirais-je cent personnes avec vingt pains ? On en mangera et il en restera. Il les servit, ils en mangèrent et laissèrent des restes suivant la parole de Yahvé. Les créateurs apportent ici un aliment synthétique et déshydraté, qui, ajouté d’eau, correspond à cinq fois plus de volume. Avec vingt petits pains, il y a suffisamment de nourriture pour cent hommes. Déjà vous connaissez les petites pilules vitaminées dont se nourrissent vos premiers cosmonautes. Cela tient peu de place mais comporte tous les éléments nécessaires à la nutrition. Dans une pilule, il y a de quoi nourrir un homme, dans un volume équivalent à un petit pain, cinq hommes, dans vingt petits pains il y a de quoi nourrir cent hommes. »

D’autres prétendent que ces cercles ne peuvent pas tous être des canulars. En effet, certains paraissent trop complexes, trop réguliers pour être réalisés de main d’hommes en une seule nuit. Les propositions ne manquent alors pas pour rendre compte de cette énigme. La théorie de pistes d’atterrissage pour des extra-terrestres est une des plus populaires.

Il en existe d’autres : ces crops circles, par exemple, seraient le fait de l’action des marasmius oreades, des champignons qui laisseraient sur le sol une substance toxique qui pourrait dessiner des cercles s’élargissant d’année en année. On affirme encore qu’ils seraient la conséquence d’essais de prototypes d’armes d’un nouveau genre, canon laser à microondes, etc.

Une autre théorie apparue en 1989 sous la plume d’un météorologue, Gorge Terence Meaden, proposa d’expliquer ce phénomène par les effets d’un plasma-vortex. Sa théorie connut un certain succès lorsqu’elle apparut sur le marché cognitif. Elle se fonde sur un phénomène physique connu qui pourrait, en effet, produire en un temps record ces mystérieux cercles sur lesquels le monde s’interroge encore à cette période. Son succès est de courte durée cependant. Elle est bientôt éliminée lorsqu’à partir des années 90, les crops circles revêtent la forme de pictogrammes aux motifs beaucoup plus complexes que celui du simple cercle. L’hypothèse physique du tourbillon devient alors inopérante et disparaît. C’est un exemple d’élimination sur le marché cognitif.

La mutation  : un produit se transforme, par adjonction ou amputation d’un ou de plusieurs éléments. Les travaux d’Allport et Postman (1947, pp. 173-175) sont une illustration de ce phénomène. Ces deux auteurs, désirant mettre à jour certains des mécanismes de la diffusion des rumeurs, proposaient cette expérience : il s’agissait d’utiliser une image, riche en détails, et de la décrire à un individu qui ne la voyait pas. On lui demandait ensuite de raconter à un autre sujet, le plus exactement possible, ce qu’il venait d’entendre. Le deuxième sujet racontant à son tour à un troisième sujet et ainsi de suite jusqu’à former une chaîne de six ou sept témoins. Or, les résultats de ces expériences sont spectaculaires. En effet, les descriptions faites par le dernier sujet sont généralement très différentes du contenu réel de l’image. Bertrand Jordan nous donne une illustration de ce phénomène dans l’introduction de son livre Les imposteurs de la génétique (2000). Il y montre combien certains phantasmes concernant le progrès scientifique, l’urgence de la diffusion de l’information et l’intérêt pour la nouvelle spectaculaire ont pu faire écrire en 1996, dans le journal Courrier International, qu’un test visant à identifier la présence chez un individu d’un gène de la criminalité allait être mis en place en Grande-Bretagne. Le gène de la criminalité est un vieux serpent de mer de l’imaginaire biologique. Les progrès remarquables dans la connaissance de nos gènes à la fin du XXe siècle ont fait ressurgir cette vieille idée. Celle-ci est très simple et marque les esprits, elle remet au goût du jour le débat entre l’inné et l’acquis d’une façon caricaturale et propose de rendre compte facilement d’un certain nombre de phénomènes. Il est vrai que les gènes influencent une partie de notre vie, mais de là à admettre qu’ils contrôlent un phénomène aussi complexe que la déviance ou la criminalité, il y a un abîme que peu de scientifiques seraient prêts à franchir. Les diffuseurs d’informations que sont les journalistes se montrent le plus souvent prêts à le faire sans état d’âme. En l’occurrence, Bertrand Jordan se demande comment une nouvelle de ce type a pu être publiée dans un journal ayant plutôt bonne réputation. Il remonte alors le chemin qui, de Courrier International à un article de La Stampa, de La Stampa au Daily Mail britannique, s’inspirant lui-même d’un texte paru dans le Sunday Time, mène à un entretien téléphonique accordé par le Professeur Howard Cuckle. Ce dernier n’y évoquait pas du tout le gène de la criminalité, mais le syndrome de l’X fragile sur lequel, en effet, un test à grande échelle allait être mis en œuvre. Ce syndrome n’évoque dans l’esprit d’aucun scientifique, et certainement pas dans celui du Professeur Cuckle, l’idée d’un gène de la criminalité. L’information s’est donc déformée de façon incrémentale vers un stéréotype spectaculaire de l’imaginaire de la biologie3.

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Honoré Daumier (1808-1879)

Les expériences de Allport et Postman montrent qu’une proposition initiale peut « muter » dans l’interlocution. Cela ne constitue pas une surprise, mais il reste à souligner que ces adjonctions ou ces amputations du récit initial se produisent selon une certaine logique. En effet, le sujet en carence d’information aura tendance à interpréter une donnée ambiguë (la description qui lui sera faite de l’image initiale) en fonction de représentations préalables.

Facteurs de sélection des croyances

La question la plus difficile demeure celle-ci : quels sont les facteurs qui président à ces processus de sélection ? C’est une question épineuse car c’est un phénomène éminemment pluricausal : les caractéristiques de celui qui va recevoir le message comme celles de celui qui le transmet sont évidemment importantes. La nature de la source telle qu’elle est perçue par l’individu aura une influence sur la crédibilité4 du récit. Mais les caractéristiques de la croyance en elles-mêmes seront très importantes dans le cas de la rumeur car, comme celle-ci appartient en quelque sorte au « marché noir » de l’information, elle ne pourra quelquefois compter que sur ses propres ressources pour pouvoir se diffuser. Or, l’état de la connaissance ne permet pas encore de répondre fermement à cette question ; mais quelques pistes sérieuses se dégagent.

Trois qualités socio-cognitives paraissent se combiner pour assurer le succès d’une rumeur sur le marché cognitif5.

Le critère d’évocation traduit la facilité avec laquelle les individus, seuls ou en groupe, évoquent tel ou tel scénario. L’idée est que plus le facteur d’évocation d’un récit est fort, plus sa probabilité d’apparition sur le marché cognitif est importante. Bien entendu, une fois le récit constitué, rien ne dit qu’il s’imposera. Mais la condition sine qua non pour qu’un produit cognitif puisse rencontrer le succès est qu’il soit disponible. Ce critère d’évocation révèle le matériau mental disponible de l’individu, comme l’a montré expérimentalement Ward (1994). Le psychologue demanda à desvolontaires de dessiner des animaux imaginaires, aussi extravagants que bon leur semblerait. Il s’agissait de laisser totalement libre cours à leur créativité. Malgré cette directive, les dessins, pour dissemblables et étranges qu’ils aient pu paraître au premier examen, présentaient tous des créatures respectant certaines règles d’organisation physiologique du monde animal : un principe de symétrie bilatérale, localisation hiérarchique des organes sensoriels... Les croyances, pour diverses qu’elles soient, ne s’expriment que sous le joug d’un espace logique dont elles s’affranchissent rarement.

Le critère de crédibilité traduit l’évaluation subjective des individus quant à la crédibilité d’un produit cognitif. On suppose alors que la force de leur conviction a quelque chose à voir avec la nature des arguments soutenant les récits. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les individus n’adhèrent pas à un récit, même lorsqu’il est faux, parce qu’ils sont stupides. Les mythes conspirationnistes, par exemple ceux du 11 septembre, font aisément la démonstration que, sans argumentation contradictoire, leurs propositions sont particulièrement attractives pour les esprits. Ils font moins appel à nos passions qu’à notre aptitude à être sensibles à l’administration de la preuve, fût-elle fallacieuse. D’ailleurs, en bien des domaines, les spécialistes ont constaté qu’il y avait des corrélations entre le niveau d’études et l’endossement de toutes sortes d’idées fausses (astrologie, homéopathie, pouvoirs parapsychiques...)

Le critère de mémorisation, enfin, est très important car un récit qui ne pourrait être facilement retenu ne pourrait survivre à l’épreuve de l’interlocution. Rubin (1995), par exemple, insiste sur l’idée que le succès culturel, en particulier dans les traditions orales, ne peut être obtenu par un produit cognitif que s’il est mémorable, et que, de deux croyances, celle qui s’imposera sera celle qui sera la plus facilement mémorisée. Plusieurs expérimentations ont montré que les sujets retiennent mieux des récits qui contiennent des violations de leurs attentes intuitives que celles qui n’en contiennent pas. Ainsi, Barrett et Nyhof (2001), après avoir fait mémoriser et narrer des contes amérindiens aux sujets de leurs expériences, ont constaté que 92 % d’items minimalement contreintuitifs étaient restitués contre 71 % des items intuitifs. Il n’a pas échappé à ces auteurs que les croyances qui franchissent avec succès la sélection cognitive ne sont pourtant pas constituées de seuls éléments contre-intuitifs (Atran, 2006, p. 68). En travaillant notamment sur la mémorisation de plusieurs versions des contes de Grimm, Atran et Norenzayan (2004) ont montré que le « succès culturel » était une fonction curviligne (en forme de U inversé) du nombre d’éléments contreintuitifs contenus dans un récit. Trop ou trop peu d’éléments contreintuitifs rendaient incommode la mémorisation. Ici, deux ou trois événements ou objets surnaturels conféraient une efficacité cognitive optimale aux récits. Ces résultats sont d’autant plus fascinants qu’ils ont été obtenus avec des populations culturellement très différentes (étudiants américains, Mayas Yucatèques...).

Le mythe conspirationniste du 11 septembre

Les mythes du complot, par exemple, remplissent très bien tous ces critères nécessaires au succès de la croyance parce qu’ils sont fondés sur un effet de dévoilement, sont souvent très argumentés et qu’ils frappent les esprits. Parmi eux, le mythe conspirationniste du 11 septembre est particulièrement redoutable. En effet, on peut dénombrer plus de cent arguments différents qui prétendent asseoir son autorité.

Bibliographie

[1] Allport G. et Postman L. (1947), The Psychology of rumor, New York, Henry Holt.
[2] Atran, S. (2006), « Les origines cognitives et évolutionnistes de la religion », in Croyance, raison et déraison (Gérard Fussman Éd.), Paris, Odile Jacob.
[3] Atran, S. et Norenzayan, A. (2004), « Religion’s evolutionary landscape : Counterintuition, commitment, compassion, communion », Behavioral and Brain Sciences, 27, pp. 713-770.
[4] Barrett, J. et Nihoff, M. (2001), « Spreadind nonnatural concepts », Journal of Cognition and Culture, 1, pp. 69-100.
[5] Bovard, E.W. (1953), « Conformity to social norms in stable an temporary groups », Science, pp. 361-363.
[6] Boyer, P. (2001), Et l’Homme créa les dieux, Paris, Robert Laffont. [7] Bronner, G. (2006), Vie et mort des croyancescollectives, Paris, Hermann.
[8] Chaiken, S. (1980), « Heuristic versus Systematic Information Processing and the Use of Source versus Message Cue in Persuasion », Journal of Personality and Social Psychology, 39, 5, pp. 752-766.
[9] Jordan, B (2000), Les imposteurs de la génétique, Paris, Seuil.
[10] Rubin, D. (1995), Memory in oral traditions, New York, Oxford University Press.
[11] Shérif, M. et Hovland, C.I. (1961), Social judgment, Yales, New Haven, University Press.
[12] Ward, T.B. (1994), « Structured imagination : The role of category structure in exemplar generation, Cognitive Psychology, 27(1), pp. 1-40.

1 Ce type d’interprétation domine aussi la question du surgissement des croyances en général. Que ces croyances soient des outils de domination, et qu’elles assument en cela une fonction de reproduction des distinctions entre les catégories sociales (Marx, Bourdieu...) ou que, de façon moins précise, elles endossent la responsabilité de « dire » ou de rappeler collectivement des vérités sociales dont les hommes ne peuvent prendre conscience facilement (interprétation structuraliste des mythes, catégorisation de la pensée chez Durkheim ou Mauss...), qu’elles fassent figure de fables moralisatrices révélant les interrogations, les crises et les consensus sociaux (ainsi que l’interprétation orthodoxe des phénomènes de rumeurs ou de légendes urbaines propose d’en rendre compte) ou qu’elles soient censées permettre la maîtrise collective d’un environnement (position habituelle de la psychologie sociale), les raisons mêmes de l’existence de ces objets sémantiques relèvent, pour ces auteurs, de leur utilité sociale.

2 Voir « Crop circles : entre art et ufologie », SPS n° 254, octobre 2002.

3 Bertrand Jordan, Les imposteurs de la génétique. Voir la note de lecture dans SPS n° 244, octobre 2000.

4 Sur cette question classique, voir, par exemple, Bovard (1953), Chaiken (1980) ou Shérif et Hovland (1961).

5 Pour un support expérimental de cette thèse, cf. Bronner (2006).

Mis en ligne le 24 septembre 2011
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