Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la psychanalyse et Sigmund Freud occupent une place particulière dans la sphère intellectuelle, dans l’enseignement et dans les pratiques thérapeutiques. Ce dossier se propose d’apporter une réflexion sur la réalité des allégations thérapeutiques des psychanalystes, le statut scientifique de la psychanalyse et la place injustifiée occupée par elle dans l’espace public (santé, justice, médias, etc.).

Le pouvoir (pas le moins du monde occulte) des psychanalystes

par Esteve Freixa i Baqué - SPS n° 293, hors-série Psychanalyse, décembre 2010

Pour examiner le pouvoir réel, en termes de « lobby », des psychanalystes1, nous allons choisir quatre « affaires » parmi les plus récentes et les plus scandaleuses : l’amendement Accoyer, le rapport Inserm, le procès Bénesteau et la sortie du Livre Noir de la Psychanalyse.2

L’amendement Accoyer3

Le Dr. Bernard Accoyer (député UMP de la Haute-Savoie à l’époque et actuel Président de l’Assemblée Nationale) proposa en octobre 2003 à l’Assemblée nationale d’ajouter un nouvel article au projet de loi de santé, modification connue depuis sous le nom « d’amendement Accoyer ». Les motifs exposés par son auteur pour justifier sa proposition méritent toute notre approbation : ils se placent du point de vue de la protection des patients, pour que ces derniers puissent bénéficier d’une prise en charge par des personnes qualifiées (voir encadré).

L’article L. 3231 qu’il proposait visait à encadrer de façon précise le titre de psychothérapeute. Il en ressortait clairement que seules trois catégories de professionnels, à l’exclusion expresse, donc, de toutes les autres, avec diplômes universitaires garantissant leur formation, pouvaient effectuer des psychothérapies : les psychiatres, de plein droit, et les psychologues ou médecins ayant reçu une formation spécifique. Point de psychanalystes dans le lot – à moins, bien sûr, d’être en même temps psychiatres ou psychologues (voir encadré).

Exposé des motifs de l’« amendement Accoyer »

« Les Français sont les premiers consommateurs au monde de psychotropes, et de plus en plus de jeunes sont affectés par des psychopathologies souvent graves. La prise en charge de la souffrance psychique fait souvent appel aux psychothérapies. Or, en ce domaine, le vide juridique est total. Des personnes, insuffisamment qualifiées ou non qualifiées, se proclament elles-mêmes « psychothérapeutes ». Elles peuvent faire courir de graves dangers à des patients qui, par définition, sont vulnérables et risquent de voir leur détresse ou leur pathologie aggravée. Elles connaissent parfois des dérives graves. Depuis février 2000, la mission interministérielle de lutte contre les sectes signale que certaines techniques psycho-thérapeutiques sont un outil au service de l’infiltration sectaire et elle recommande régulièrement aux autorités sanitaires de cadrer ces pratiques. Cette situation constitue un danger réel pour la santé mentale des patients et relève de la santé publique. Il est donc indispensable que les patients puissent être clairement informés sur la compétence et le sérieux de ceux à qui ils se confient. Il convient donc de considérer les psychothérapies comme un véritable traitement. À ce titre, leur prescription et leurs conduites doivent être réservées à des professionnels détenteurs de diplômes universitaires, attestant d’une formation institutionnelle, garantie d’une compétence théorique, pouvant être doublée d’une expérience pratique ».

La virulence de la réaction de la majorité des psychanalystes, et tout particulièrement les lacaniens4, fut d’une telle ampleur que ce texte exemplaire et courageux s’avéra, pour ainsi dire, mort-né. Le journal Le Monde daté du 26 février 2004 (le même jour que pour la publication du rapport Inserm dont il sera question dans le chapitre suivant) relate cet abandon et le remplacement de l’amendement Accoyer par celui de M. Mattei : « Adopté à l’unanimité le 8 octobre 2003, [...] l’amendement de Bernard Accoyer [...] affirmait que la pratique des psychothérapies ne relevait “que de médecins psychiatres ou de médecins et psychologues ayant les qualifications professionnelles requises” [...] Ce texte a été remplacé par un autre, proposé par le ministre de la santé, Jean-François Mattei, et voté au Sénat le 19 janv ier. Celui-ci crée un registre national des psychothérapeutes. Les médecins, les psychologues titulaires d’un diplôme d’État et “les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations” seront dispensés de cette inscription.  »

Ainsi, en seulement 3 mois et 11 jours, les psychanalystes étaient passés de la catégorie de ces « personnes, insuffisamment qualifiées ou non qualifiées, [qui] se proclament elles-mêmes “psychothérapeutes” » pouvant « faire courir de graves dangers à des patients qui, par définition, sont vulnérables et risquent de voir leur détresse ou leur pathologie aggravée » (en clair, des charlatans potentiellement dangereux5) que dénonçait le député, à celle, très respectable, d’apparentés aux médecins, psychiatres ou psychologues, à la seule condition d’être « régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations ». Signalons, néanmoins, que même cette simple formalité sembla à l’une de ces branches6 une ingérence intolérable de l’État dans leurs affaires et, non seulement ils refusèrent de transmettre leurs annuaires, mais eurent des propos très durs envers les associations psychanalytiques disposées à le faire (Roudinesco, 2004).

La proposition d’amendement Accoyer

« Les psychothérapies constituent des outils thérapeutiques utilisés dans le traitement des troubles mentaux.

Les différentes catégories de psychothérapies sont fixées par décret du ministre chargé de la santé. Leur mise en œuvre ne peut relever que de médecins psychiatres ou de médecins et psychologues ayant les qualifications professionnelles requises fixées par ce même décret. L’agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé apporte son concours à l’élaboration de ces conditions.

Les professionnels actuellement en activité et non titulaires de ces applications, qui mettent en œuvre des psychothérapies depuis plus de cinq ans à la date de promulgation de la présente loi, pourront poursuivre cette activité thérapeutique sous réserve de satisfaire dans les trois années suivant la promulgation de la présente loi à une évaluation de leurs connaissances et pratiques par jury. La composition, les attributions et les modalités de fonctionnement de ce jury sont fixées par arrêté conjoint du ministre chargé de la santé et du ministre chargé de l’enseignement supérieur. »

Adopté (à l’unanimité) par l’Assemblée Nationale le 8 octobre 2003

Suite à de multiples péripéties, et en particulier à cause de la « guérilla » des différentes factions concernées qui contestaient, tour à tour, les différents projets élaborés, le Ministère de la Santé échoue à rédiger les décrets nécessaires à son entrée en vigueur. C’est pour résoudre ces complications que l’article 91 de la loi HPST du 21 juillet 2009 a opéré une modification de l’article 52 de la loi du 9 août 2004. Cette nouvelle version reprend l’idée, énoncée par la version précédente du texte, d’une formation en psycho-pathologie clinique obligatoire. Elle ajoute une condition de diplôme minimal en précisant que l’accès à cette formation est réservé aux personnes titulaires d’un doctorat de médecine ou d’un master ayant pour mention ou pour spécialité la psychologie ou la psychanalyse. Enfin, elle supprime la catégorie des professions autorisées « de droit » à s’inscrire au registre des psychothérapeutes mais leur reconnaît, en contrepartie, un droit à bénéficier de dispenses totales ou partielles pour la formation en psychopathologie clinique. Ayant obtenu au préalable de figurer parmi ces professions anciennement inscrites « de droit », les psychanalystes sont donc confirmés dans leur droit à bénéficier de ces dispenses. Tout le problème demeure que, auparavant comme maintenant, l’appellation de « psychanalyste » n’est pas réglementée et que toute personne peut donc s’en prévaloir sans avoir jamais exercé en tant que psychanalyste et sans même avoir effectué une psychanalyse personnelle.

Ainsi donc, le décret d’application annoncé n’est paru que le 20 mai 20107, presque six ans après. Il exige un diplôme préalable, une formation en psychopathologie clinique délivrée par un organisme agréé et un stage pratique. Mais rien n’oblige les futurs organismes qui solliciteront cet agrément pour dispenser cette formation à être des universités, ni même des établissements publics. Finalement, le titre sera réservé aux personnes titulaires de certains diplômes (voir plus haut) et ayant validé une formation en psychopathologie clinique complémentaire à ce diplôme. Mais il ne sera pas réservé aux personnes pouvant se prévaloir d’un titre réglementé par la loi comme celui de médecin ou de psychologue8. En effet, le psychanalyste, dont l’appellation ne fait pas partie des titres ou qualités protégées, compte parmi les professions pouvant bénéficier de dispenses partielles pour cette formation en psychopathologie clinique. Moyennant une formation de 200 heures théoriques accompagnées de deux mois de stage, assurée par des organismes pas forcément universitaires ni même publics, un psychanalyste non-médecin et non-psychologue, inscrit dans l’annuaire de la société psychanalytique à laquelle il appartient (après une simple analyse didactique dans le meilleur des cas9), pourra se prévaloir du titre de psychothérapeute.

Ainsi, les psychanalystes ont réussi à transformer un débat portant sur la pertinence de pratiques thérapeutiques mises en œuvre, sur le contrôle de la formation des thérapeutes, et donc la protection des patients, en un débat idéologique leur permettant de maintenir un statut dérogatoire. Leur droit à exercer en dehors de tout contrôle scientifique ou médical se trouve pérennisé tant qu’ils n’entendent pas se prévaloir du titre de psychothérapeute.

Difficile de prétendre, dans ces conditions, que les dangers que ce texte prétendait écarter (« Cette situation constitue un danger réel pour la santé mentale des patients  ») ont été éradiqués.

Le rapport de l’Inserm10

293_120-132_1Suite au plan de Santé mentale mis en place en 2001 par le Ministère de la Santé, l’Inserm reçut une demande de la Direction générale de la Santé (DGS) et de deux associations de patients (l’UNAFAM, Union nationale des amis et des familles de malades psychiques, et la Fnap-psy, Fédération nationale des associations de patients et ex-patients de psychiatrie) pour réaliser une évaluation de l’efficacité des psychothérapies utilisées en France. Ces associations demandaient à être éclairées dans cette jungle que constitue l’offre de soins thérapeutiques dans notre pays, où plus de 300 formes de psychothérapies ont été référencées et ont pignon sur rue11, d’autant plus que la protection du titre de « psychothérapeute » voulue par l’amendement Accoyer, dont nous venons de parler, n’était pas encore acquise à l’époque.

L’étude en elle-même s’est essentiellement déroulée entre mai 2002 et décembre 2003. Le 26 février 2004, l’expertise collective de l’Inserm intitulée : Psychothérapie. Trois approches évaluées fut rendue publique. Face au dogme de « non-évaluabilité scientifique » des psychothérapies, persistant en France12 (mais qui n’a plus lieu d’être presque partout dans le monde), la publication de ce rapport eut l’effet d’une bombe. En effet, si la psychanalyse a un poids très fort dans le système psychothérapeutique français, elle n’en fournit pas moins de piètres résultats en terme d’efficacité : 16 troubles ont été examinés dans le rapport de l’Inserm et, pour 15 d’entre eux, ce sont les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) qui sont apparues comme étant les plus efficaces13.

Commence alors une intense activité des psychanalystes sur tous les fronts, notamment, médiatique (radios, télés, journaux, magazines, etc.)14 mais également politique. Ce travail de lobbying, ô combien efficace, culmine par le désormais tristement célèbre meeting de la Mutualité, le 5 février 2005, au cours duquel le Ministre de la Santé de l’époque, M. Douste-Blazy15, dont les services avaient pourtant commandé l’expertise, annonce que le rapport est purement et simplement retiré du site Internet du ministère. Et ce sans prendre la peine d’en avertir au préalable ni l’Inserm ni les auteurs du rapport. Le résultat est à la hauteur de la manœuvre : le directeur général de la Santé, William Dab, démissionne avec fracas ; le Syndicat national des chercheurs scientifiques considère qu’il s’agit d’un « pur acte de censure dans une optique parfaitement clientéliste  ». On ne saurait mieux dire… Même Science, la très sérieuse revue internationale de langue anglaise, se fait l’écho du scandale sous le titre on ne peut plus évocateur de « French Psychoflap  » et parle d’une décision qui a provoqué la « consternation de nombreux scientifiques  ».

Parce qu’ils n’acceptaient pas les conclusions d’une étude scientifique, et faute de pouvoir avancer des arguments scientifiques, les psychanalystes ont demandé au pouvoir politique (et obtenu) que la censure scientifique s’applique, en plein XXIe siècle, dans la France des Lumières. Jacques Van Rillaer, à l’époque de cette affaire, écrivit : « En l’an 1300, le pape Boniface VIII publia une bulle par laquelle il interdisait toute dissection humaine. Au XVIe siècle, le Concile de Trente assimila la curiosité scientifique au péché originel. Au XXIe siècle, le Ministre français de la Santé interdit la publication, sur le site du Ministère, du rapport sur l’efficacité des psycho-thérapies réalisé par des experts de l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale de son pays.  »

Le procès Bénesteau16

Jacques Bénesteau est psychologue clinicien, formé aux Universités de Nice, Paris V et Aix-en-Provence. Après vingt-six années de carrière en pédopsychiatrie, il pratique désormais au sein du Service de Neuropédiatrie du C.H.U de Toulouse et est, depuis 1974, chargé d’enseignement à l’Institut de Formation en Psychomotricité de la Faculté de Médecine de Toulouse-Rangueil.

En 2002, il publie Mensonges freudiens. Histoire d’une désinformation séculaire aux éditions Mardaga (Belgique), qui est un véritable pavé jeté dans la mare freudienne. L’importante documentation, constituée de plus de 730 éléments de référence, sur laquelle s’appuient les arguments de ce livre, lui donne une incontestable valeur objective. C’est un travail de recherche colossal et qui impose le respect tant pour sa pertinence, sa rigueur, sa précision que pour la clarté de l’exposé.

En mars 2003, l’œuvre de Bénesteau reçoit le premier prix de la Société Française d’Histoire de la Médecine (SFHM) à l’unanimité.

Pourtant, un véritable « black-out » s’installe autour du livre. Après une fin de non-recevoir chez quatorze éditeurs français, la majorité des périodiques auxquels l’éditeur belge Pierre Mardaga avait adressé gracieusement plus de cent exemplaires de presse (souvent à leur demande !) n’avait pas daigné signaler sa parution, et l’on ne cessa de rapporter des refus de vente de libraires le prétendant « épuisé », ce qui ne fut jamais le cas.

Mis à part le texte paru dans Science et pseudo-sciences en 200317, un seul article fut publié rendant compte de la sortie du livre. Il était signé de Mathias Pessiglione et parut dans la rubrique « Le livre du mois » de La Recherche, n° 359, décembre 2002, page 109.

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« Censure (Anastasie), illustre engin liberticide français, née à Paris sous le règne de Louis XIII. » Dessin paru dans Le Trombinsocope de Touchatout (Léon Bienvenu) en 1874

Suite à la récompense décernée par la SFHM à Bénesteau pour son livre, Mme Roudinesco, qui fait partie de cette société, a adressé une lettre au Docteur Alain Ségal, président de ladite société, dans laquelle elle fait part de sa stupéfaction, suivie de la publication d’un article dans la revue Les Temps Modernes sous le titre « Le Club de l’Horloge et la psychanalyse : chronique d’un antisémitisme masqué  ». Dans cet article, Élisabeth Roudinesco explique clairement qu’elle a écrit à Alain Ségal parce qu’il était de son devoir de demander des comptes aux membres du jury de la SFHM pour avoir décerné le premier prix au livre de Jacques Bénesteau (ce même premier prix qui lui avait été remis pour l’un de ses livres à elle auparavant). Après avoir soi-disant démonté point par point les principaux arguments avancés par Bénesteau, elle décrit l’ouvrage de ce dernier comme un mélange de « démarche scientiste  » et de « rhétorique d’inspiration antisémite et négationniste  ». Je cite : « L’ouvrage de Bénesteau n’est donc rien d’autre que l’expression masquée d’un retour du refoulé d’une certaine France chauvine et réactionnaire qui, durant l’entre-deuxguerres, appelait “science boche” la doctrine inventée par Freud, laquelle deviendra ensuite, dans le discours nazi, “une science juive”, et enfin, dans le contexte d’aujourd’hui, une fausse science propageant des complots bolcheviks  ».

Jolie démonstration : Freud étant juif, être contre la psychanalyse et le freudisme, c’est être contre une prétendue « science juive » donc être antisémite. Et si votre antisémitisme reste impossible à prouver par les faits, c’est donc qu’il est inconscient et qu’il avance masqué. Mais dans ce cas, comment réfuter une telle accusation ?

Taxé donc d’antisémitisme sans la moindre preuve, Bénesteau (qui affirme n’avoir jamais fait partie du Club de l’Horloge) porta plainte devant les tribunaux pour diffamation. Le Club en fait autant. Notons que les deux affaires étaient parfaitement distinctes au début et ont été réunies, à la demande des avocats de Mme Roudinesco, à la dernière minute.

Au lendemain du jugement, les quotidiens L’Humanité, Libération et Le Monde publient le résultat du fameux procès : « Roudinesco obtient la relaxe », « Roudinesco-Club de l’horloge, 1-0 » ou encore « Le Club de l’horloge perd son procès contre l’historienne Élisabeth Roudinesco » ; bref, le lecteur devrait le comprendre ainsi : la psychanalyste a gagné le procès qui lui avait été intenté. La réalité est tout autre : les juges ont estimé que, sur la forme, la procédure engagée par Jacques Bénesteau était juridiquement nulle, les propos n’étant pas suffisamment précisés ; ils n’ont donc pas pu se prononcer sur le fond. Il n’y a, tout simplement, pas eu de jugement ! Pour ce qui est du Club de l’horloge, en revanche, le tribunal a fini par considérer qu’Élisabeth Roudinesco, en procédant à une analyse critique des modes de pensée et positions de l’association, « n’a pas dépassé les limites autorisées du droit de libre critique dans le cadre d’un débat d’idées ».

Évidemment, l’historienne de la psychanalyse s’est dite très heureuse de la décision du tribunal en déclarant que c’était le droit de l’historien qui avait été démontré, et, jouant sur la simultanéité des deux affaires, s’est répandue dans les médias en clamant qu’elle avait accusé Bénesteau d’antisémitisme, que celui-ci lui avait intenté un procès en diffamation et qu’il ne l’avait pas gagné (sous entendu : il l’avait perdu, il n’y avait donc pas eu de diffamation de sa part à elle, il était donc bel et bien antisémite)18. Magnifique raccourci19. Le lecteur appréciera l’élégance du procédé…

Ainsi donc, lorsque des ouvrages documentés, précis et argumentés, dénoncent les impostures et les légendes sur lesquelles se sont construites les théories psychanalytiques, plutôt que d’entrer dans un débat argumenté (avec des faits, des expériences, etc.), les psychanalystes préfèrent les anathèmes, la diffamation, les campagnes de presse...20

La sortie du Livre noir de la psychanalyse

La même stratégie de « black-out » qui avait si bien réussi pour le livre de Bénesteau a été à nouveau tentée dès que les psychanalystes ont eu vent de l’imminente parution d’un livre, sous la direction de Catherine Meyer, destiné au grand public (et qui connut, en effet, un énorme succès) dont le titre ne laissait aucun doute sur le contenu. Mais, comme nous allons le voir, de la plume même des principaux protagonistes, cette opération de censure, de « terrorisme intellectuel  » (ce sont les mots exacts de Laurent Joffrin, rédacteur en chef du Nouvel Observateur, voir encadré) n’a pas réussi une seconde fois et, coïncidant avec l’arrivée de l’ouvrage en librairie, L’obs (qui plus est, en couverture) du 1er septembre 2005, annonçait un dossier sur le livre avec le titre : « Faut-il en finir avec la psychanalyse ?  »

Jacques Van Rillaer, l’un des auteurs principaux du Livre Noir, analyse également cette controverse (voir encadré)21.

Dans le titre de ce papier, nous avons fait mention du fait que les psychanalystes ne cherchent même pas à se cacher de leurs agissements, tellement (je veux le croire) ils sont convaincus de la justesse de leurs positions et de la légitimité de leur combat. J’aimerais, pour finir, évoquer ce que l’on peut considérer comme le meilleur aveu de cette activité de lobbying intense à laquelle se livrent, avec le succès que nous venons de voir, certains d’entre eux.

Dans un texte publié sur son blog22, Jacques-Alain Miller raconte, parmi bien d’autres choses surprenantes, comment il s’est livré à ce qu’il faut bien qualifier de chantage auprès de François Hollande, alors premier secrétaire du PS. Toutes les affaires dont nous avons parlé ici sont évoquées avec, à nos yeux, un cynisme et une agressivité qui font froid dans le dos. Miller exprime ses positions sans détour, évoquant un « combat qui n’est plus professionnel, mais directement moral et politique  » ; il s’oppose à ce qu’il appelle la « culture de l’évaluation  » : « L’idéologie comportementaloévaluationniste n’est pas de gauche ; elle n’est pas de droite ; elle est celle d’ennemis du genre humain  » ; il lance le ban et l’arrière-ban de ses réseaux, affichant fièrement les « appels » lancés sur France Culture, le « vaste réseau international  » constitué autour de l’association mondiale de psychanalyse, qui « constitue une force qui n’a pas beaucoup d’équivalent dans le monde  », et termine, sans le moindre scrupule, par un « chantage au vote » sans ambiguïté ! Le texte entier mérite lecture tant il contient d’informations sur la manière d’agir et de penser de cette « branche » des psychanalystes (dont l’importance n’empêche pas de voir qu’il ne s’agit pas, du moins je l’espère, de l’ensemble des psychanalystes).

« Terrorisme intellectuel en peau de lapin »

293_120-132_3« En posant une question provocante – “Faut-il en finir avec la psychanalyse ?”– avons-nous déclaré la guerre à nos amis psychanalystes ? Non. Nous les avons bousculés, ce qui est désagréable mais très différent. Et nous avons surtout pensé… aux patients. Notre journal est né en partie de sa proximité avec le mouvement psychanalytique. Il ne renie pas ses origines. La pensée de Freud et de ses continuateurs reste pour nous, en même temps qu’un monument du XXe siècle, une référence indispensable. Mais nous n’a vons jamais pensé que la psychanalyse devait détenir, sur l’étude de l’esprit humain, une sorte de monopole qui interdirait toute parole différente ou dissidente, toute critique ou toute remise en question. Pensée forte, pratique séculaire, la psychanalyse ne peut pas craindre l’interrogation, serait-elle virulente. Elle en a vu d’autres.

Plusieurs fois, dans le débat sur l’héritage Dolto, sur les thérapies comportementales, sur l’usage des psychotropes, nous avons ouvert la discussion, toujours ardente, toujours passionnante. [...] Cette fois l’exercice était nouveau : nous nous sommes appuyés à dessein sur un livre polémique écrit par des adversaires du freudisme, souvent rattachés à ce qu’il est convenu d’appeler les “TCC”, les thérapies cognitivo-comportementales. Ceux-ci sont des professionnels du soin, des historiens ou des psychiatres reconnus internationalement, qui ont pignon sur rue et occupent souvent des chaires prestigieuses ou des responsabilités éminentes. [...] Pour équilibrer notre dossier, nous avons d’abord fait appel à l’historienne de la psychanalyse la plus connue en France, Élisabeth Roudinesco, femme de grande capacité. C’est là que nos surprises ont commencé. Élisabeth Roudinesco a d’abord refusé de débattre avec un quelconque auteur du Livre noir. Elle nous a ensuite encouragés à passer sous silence purement et simplement l’ouvrage et à remplacer les extraits prévus par un long entretien avec elle. Le livre, disait-elle en substance, est politiquement louche, à la limite de l’antisémitisme. Accusation aussi grave que ridicule quand on connaît les auteurs du livre. Il nous est vite apparu que la réaction d’Élisabeth Roudinesco était en fait partagée par un petit groupe de psychanalystes qui ont déployé toutes sortes d’efforts rhétoriques et électroniques pour discréditer à l’avance le Livre noir et accessoirement le journal qui s’en faisait l’écho. Alors même que l’immense majorité des psychanalystes, confiants dans la solidité de leurs thèses et de leur pratique, convaincus que les règles de la délibération rationnelle suffiront à démontrer la fausseté des théories adverses, acceptent évidemment le débat, serait-il tendu. C’est ce qu’a fait dans nos colonnes Alain de Mijolla, psychanalyste courageux et tolérant, auteur d’un dictionnaire de la psychanalyse qui fait autorité dans le monde entier. Pendant ce temps-là, le petit groupe en question, tout en mettant en doute les capacités intellectuelles de la direction de l’Obs (question qui mérite effectivement d’être posée à tout moment), continue de qualifier de “fascistes”, “d’ultra-libéraux”, “d’agents des trusts pharmaceutiques”, “de rouages d’une machine destinée à fournir au capital des individus formatés”, les tenants de la psychothérapie sans Freud. Toutes expressions pittoresques qui nous ramènent à des temps très anciens mais qui ne font guère progresser la discussion. Cette discussion, notre journal continuera de la mener en donnant la parole à tous les protagonistes, sans se laisser intimider par un terrorisme intellectuel en peau de lapin qui ne sert pas les défenseurs de la cause freudienne.

Laurent Joffrin, Le Nouvel Observateur, 15 septembre 2005

À vrai dire, je n’aurais pu rêver de meilleure démonstration de ma thèse que celle que JAM nous offre. En le paraphrasant donc, je pourrais moi aussi dire qu’un texte comme ça, j’en voudrais un tous les mois !

Pourquoi Élisabeth Roudinesco a-t-elle refusé un débat au Nouvel Observateur ?

[…] Fin juillet 2005, Le Nouvel Observateur m’a demandé avec qui je voulais débattre pour le dossier prévu sur Le Livre noir à sa sortie. J’ai d’abord cité Daniel Widlöcher, disant que je souhaitais une discussion de gentlemen. Après que Widlöcher eut refusé la proposition, j’ai suggéré le nom de Roudinesco. Celle-ci a refusé en prétextant qu’elle ne parlait pas à un « antisémite ». C’est ce que Catherine Meyer, alors en contact avec Laurent Joffrin, m’a transmis. À vrai dire, c’était la première fois de ma vie que j’étais traité d’« antisémite » (dans mon université, des collègues freudiens me qualifient de « mal analysé », de « positiviste » ou de « chiantifique »).

J’ai été surpris, car, malgré ce que m’avait appris mon collègue Évrard sur l’étiquetage « extrême-droite », je n’avais pas encore bien saisi à quel point, en France, l’accusation d’antisémitisme est, comme l’écrit Jacques Le Rider dans Le Monde des livres (30 octobre 2009), « la pire des accusations, celle qu’on lance pour tuer son adversaire.  »* […] Roudinesco « expliquait » mon « antisémitisme » par le fait que j’avais fait un compte-rendu élogieux du livre de Bénesteau. Joli exemple de « culpabilité par association ». Je suppose que, pour Roudinesco, les étudiants qui apprécient mes cours sont également antisémites… au moins inconsciemment, etc. […]

Je comprends parfaitement que Roudinesco ait refusé de « débattre avec l’un des auteurs  » (moi-même) pour ne « pas contribuer à la diffusion  » du Livre noir. En effet, sa mauvaise foi et son incompétence, en matière de psychologie et de psychiatrie, seraient apparues au grand jour durant la discussion menée devant les journalistes du N.O. Je me contente ici de deux exemples de ce que j’aurais pu rappeler.

Dans Pourquoi la psychanalyse ?, Roudinesco écrit que « tous les psychanalystes ont poursuivi les mêmes études de psychologie.  »1 C’est faux. Même les psychanalystes reconnus comme membres effectifs par leur association – pour ne pas parler des psychanalystes autoproclamés – n’ont pas nécessairement un diplôme de psychologie ou de psychiatrie. Les principaux leaders d’opinion en matière de psychanalyse dans les médias français sont une historienne, É. Roudinesco précisément, et des philosophes, comme les frères Miller, Catherine Clément, Bernard-Henry Lévy. Dans le même best-seller, Roudinesco écrit : « Le béhaviorisme est une variante du comportementalisme  » (p. 95), ce qui revient à dire que le skate-bord est une variante de la planche à roulette. Il suffit d’ouvrir Le petit Robert pour apprendre que le mot français « comportementalisme » est l’équivalent de l’anglais ou de l’anglicisme « béhaviorisme ». Tout étudiant en psychologie apprend cela dès la première année de ses études.

Jacques Van Rillaer

* Fayard, 1999, p. 193.

Épilogue

Au moment de remettre ces feuillets, la polémique autour de la sortie du dernier livre de Michel Onfray (Onfray, 2010), très critique envers Freud et la psychanalyse, bat son plein. Mme Roudinesco reprend la même rhétorique que lors de la sortie du Livre noir de la psychanalyse avec son désormais célèbre : Pourquoi tant de haine ?23.

Et de nouveaux exemples de pressions ont vu le jour : Onfray a publiquement accusé Mme Roudinesco d’avoir passé un coup de fil au Président de la Région Normandie lui demandant de réduire, voire de supprimer, les subventions du Conseil Régional à l’Université Populaire créée et animée par le philosophe. Mme Roudinesco s’en est défendu, mais le doute persiste. Citons également la lettre adressée aux autorités de Radio France et de France Culture demandant l’annulation de la retransmission (pourtant traditionnelle depuis des années) des cours de Michel Onfray (sur Freud cette année). Mais ce n’est pas sûr que, cette fois, ces pressions auront le pouvoir de neutraliser le très médiatique philosophe. Affaire à suivre...

Références
Bénesteau, J. (2002) : Mensonges freudiens. Histoire d’une désinformation séculaire. Mardaga.
Borch-Jacobsen, M. et Shamdasani, S. (2006) : Le dossier Freud. Enquête sur l’histoire de la psychanalyse. Les empêcheurs de penser en rond.
Castel, R (1973) : Le psychanalysme. Maspéro.
Meyer, C. et al. (2005) : Le livre noir de la psychanalyse. Les arènes.
Onfray, M. (2010) : Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne. Grasset. Roudinesco, É. (2004) : Le patient, le thérapeute et l’État. Fayard.
La psychanalyse, une secte ?

De nos jours, le terme « secte » revêt, la plupart du temps, un caractère péjoratif. C’est pourquoi SPS, conforme à sa tradition, n’emploie pas volontiers le vocable secte, bien qu’au sens strict, la psychanalyse en présente les caractéristiques, comme nous allons le montrer.

Une secte (du latin secta, de sequi, suivre) est, selon le Larousse : « 1. Ensemble de personnes professant une même doctrine (philosophique, religieuse, etc.) 2. Groupement religieux, clos sur lui-même et créé en opposition à des idées et à des pratiques religieuses dominantes. 3. Clan constitué par des personnes ayant la même idéologie.  »

À la lumière de cette définition, l’appellation de secte pour définir la psychanalyse serait-elle justifiée ? Oui, de par leurs caractéristiques communes, tout simplement. En effet, quels sont les principaux traits distinctifs communs à toutes les sectes ? On peut en distinguer au moins trois. Le premier, c’est le système d’intégration. Pour être accepté dans une secte, il faut suivre une période de formation, plus ou moins codifiée, comportant plus ou moins de rites initiatiques et/ou d’épreuves, dispensée par un ou plusieurs membres de la secte. Cette période de noviciat, plus ou moins longue, ne se termine que lorsque le maître considérera que le disciple est apte, prêt. Il est évident qu’un candidat récalcitrant, critique ou tout simplement « tiède » ne sera jamais intégré. Ce mode de « formation », sans aucune évaluation objective, ne peut donc que fabriquer des individus pleinement convaincus, dociles, assujettis à et respectueux de toutes les règles de la secte en question ; en un mot, des fidèles à la loyauté inaltérable. Sous peine de ne jamais être adoubés.

Le second trait commun aux sectes, qui découle directement du précédent, est le mode d’admission et d’exclusion. Celles-ci sont décidées par cooptation, c’est-à-dire, en interne, par les membres eux-mêmes, d’après des critères qui leur sont propres et non en vertu d’un mérite, diplôme ou autre élément extérieur et objectif de l’impétrant qui pourrait justifier, par exemple, un appel de la décision. Aucun contrôle extérieur n’est exercé sur la procédure.

Le troisième trait, conséquence logique des deux autres, est leur indépendance complète vis-à-vis de l’État ou de tout organisme officiel (dans la limite, bien sûr, du respect de la légalité). Aucune institution n’a le droit de regard sur le processus d’initiation, d’admission ou d’exclusion. Ainsi, la « formation » dispensée (quand il y en a une) n’a été habilitée, reconnue ou contrôlée par aucun Ministère.

Force est de constater que la psychanalyse répond et correspond parfaitement à ces trois caractéristiques. D’ailleurs, on sait que Freud lui-même avait constitué, au sein de la Société Psychanalytique, un Comité Secret, en charge du maintien et de la préservation de l’orthodoxie de la doctrine et qu’il offrait aux membres qu’il avait choisis une bague en or en signe de reconnaissance. Les caractéristiques sectaires de la psychanalyse étaient déjà relevées par des contemporains de Freud, tel le psychiatre Alfred Hoche, par exemple*.

E. F. B.

* Voir, sur la question, le classique et excellent article de WEISZ (G.) 1975. Scientists and sectarians : The case of Psychoanalysis. Journal of the History of Behavioral Sciences, 11 : 350-364.

1 Le pouvoir d’infiltration de leurs théories, concepts, jargon etc. dans la culture française, à tous les niveaux, avait déjà été souligné depuis longtemps par le sociologue Robert Castel, phénomène qu’il a désigné par le néologisme « le psychanalysme ». (Castel, 1973).

2 Nous invitons le lecteur à lire une version détaillée de chacun des dossiers sur notre blog.

3 L’ensemble du dossier est consultable sur http://0z.fr/370-8.

4 Deux exemples parmi d’autres : ces commentaires de Judith Lacan dans La Cause freudienne (n° 56) : « D’ores et déjà nous savons que plus jamais nous ne dormirons tranquilles. Nous n’oublierons pas l’expérience de cauchemar que nous avons vécue : le souffle haletant de la bête – la grimace de l’“arbitraire légal” – le mufle d’un Léviathan imbécile marchant l’amble, titubant, son grand corps manifestement trop puissant pour une cervelle atrophiée… Plus jamais ça ! » ou cet extrait d’un courriel de Catherine Clément à Jacques-Alain Miller (publié sur le blog de celui-ci) : « L’évaluation est un colonialisme, et les TCC, des supermarchés américains. Prête pour la castagne, camarade ! Je t’embrasse, Cat. »

5 L’un des articles parus dans le Livre Noir de la Psychanalyse, signé par Jean-Jacques Déglon, (pp. 616-637 de l’édition originale) portait un titre éloquent : « Comment les théories psychanalytiques ont bloqué le traitement efficace des toxicomanes et contribué à la mort de milliers d’individus ». J’avais repris ce grave sujet, sous une forme légère, en m’improvisant parolier dans un texte intitulé « Bière ou divan » disponible sur http://0z.fr/P374f.

6 L’École de la Cause Freudienne, animée par Jacques-Alain Miller (le gendre de Lacan) à laquelle appartient également Catherine Clément mais, surtout, Elisabeth Roudinesco, qui rédigea un pamphlet sur la question (Roudinesco, 2004).

7 La totalité du décret est consultable sur Legifrance.

8 Il convient, en effet, de ne pas confondre diplôme et titre, l’un ne conférant pas automatiquement l’autre.

9 Puisque l’appellation de psychanalyste n’est pas protégée et que la constitution d’une association psychanalytique n’est pas réglementée non plus, n’importe qui peut se prévaloir des dispenses liées à cette qualité, même sans avoir fait d’analyse didactique : il lui suffit de se présenter comme psychanalyste inscrit dans une association qu’il aura fondée lui-même.

10 L’ensemble du dossier est consultable sur http://0z.fr/Ri2C1.

11 Voir l’article de Nicolas Gauvrit dans ce même Hors-Série.

12 Dans presque tous les grands quotidiens et hebdomadaires de l’hexagone apparurent des articles, tribunes, caricatures etc., sur le thème : « la souffrance psychique n’est pas évaluable », phrase prononcée par le Ministre Douste-Blazy à la Mutualité au moment de l’annonce, devant un parterre de lacaniens, du retrait du rapport du site du Ministère, avant de conclure (sous les applaudissements) : « Vous n’en entendrez plus parler ».

13 Ce que toute la communauté scientifique internationale savait parfaitement depuis les années 60 et les travaux pionniers de J.H.Eysenck sur l’efficacité comparée des thérapies. Même l’OMS avait, au moins à deux reprises, publié des résultats dans ce sens. Mais la nouveauté c’était que, cette fois-ci, c’était publié en France et en bon français !

14 Voir l’article de Jean-Louis Racca, La psychanalyse et les médias, dans ce même Hors-Série.

15 Qui commence ce discours par ces mots : « Cher Jacques-Alain Miller, cher Bernard-Henri Lévy, chère Catherine Clément, Mesdames, Messieurs : »

16 L’ensemble du dossier est consultable sur http://0z.fr/pzrnm.

17 Mensonges freudiens : histoire d’une désinformation séculaire.

18 Par exemple, dans Pourquoi tant de haine ? Anatomie du Livre noir de la psychanalyse, Navarin 2005, p. 22, note 15.

19 C’est comme si Bénesteau avait affirmé : « J’ai porté plainte pour diffamation contre Mme Roudinesco, et je n’ai pas perdu le procès : elle m’avait donc bel et bien diffamé en me traitant d’antisémite ».

20 On se reportera avec intérêt au texte de J. Bénesteau (« La Berlue ») paru dans le site www.psychiatrie-und-ethik.de.

21 Version complète.

22 Communiqué de Jacques-Alain Miller du 21 mars 2005.

23 Titre d’un opuscule qu’elle publia à la sortie du Livre noir et d’un autre piblié à la sortie du livre d’Onfray.

Mis en ligne le 26 février 2011
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