L’alterscience, une autre forme d’opposition à la science

par Alexandre Moatti - SPS n° 292, octobre 2010

L’étude des opposants à la théorie de la relativité1 de 1905 à 2005 m’a amené à élargir le sujet au cours d’un séminaire donné à l’EHESS de 2008 à 2010, intitulé « Une approche historique de l’alterscience ». Sous ce terme, nous englobons diverses attitudes de remise en cause des résultats de la science (par exemple, des ingénieurs formulant des théories physiques ou cosmologiques alternatives), ou d’utilisation d’arguments scientifiques à des fins idéologiques, religieuses ou personnelles. Dans un cas comme dans l’autre, des scientifiques (nous entendrons par ce terme des chercheurs, autrefois appelés savants, ou des personnes formées à la science, c’est-à-dire à esprit scientifique dominant) sont amenés à concevoir une science différente, une autre science, et à mobiliser leurs connaissances scientifiques et leur capacité de raisonnement en faveur de leurs théories alternatives ou de leur idéologie. Sans mettre tout sur un même plan, on peut trouver des invariants chez des acteurs aux positions et aux postures très diverses : ingénieurs remettant en cause la relativité et la physique quantique (ceux que les Anglo-saxons appellent cranks) ; prix Nobel théorisant une « physique aryenne » dans des revues2 et avec des arguments qu’ils veulent scientifiques (Lenard et Stark voulaient reconstruire une physique qui ait effectivement les caractéristiques qu’ils décrivaient) ; scientifiques créationnistes qui prétendent reconstruire une autre astrophysique.

La science et sa démarche, auxquelles ces protagonistes ont été formés, est leur moteur principal, avant même leur idéologie, et sert d’ossature à leur discours. On peut trouver chez Vercors (Les Animaux dénaturés, 1952) une illustration de cette prédominance. À propos d’un des personnages de son expédition d’anthropologie, qu’il qualifie d’orthogéniste (l’orthogenèse est une forme de finalisme suivant laquelle l’évolution a un but), Vercors écrit :

« Même Pop n’est orthogéniste que pour des raisons strictement scientifiques […] Ce n’est point parce qu’il croit à une volonté divine qu’il est orthogéniste, mais au contraire parce qu’il est orthogéniste qu’il croit à une volonté divine. »

Alterscience et pseudo-sciences

L’alterscience correspond à une frange plus diffuse que les pseudo-sciences. Celles-ci, telles l’astrologie ou l’ufologie, souhaitent être reconnues comme disciplines à part entière, mais ne cherchent généralement pas à contester la science communément admise. Elles veulent leur place à l’intérieur de la science, voire à côté, ce qui leur suffirait parfois ; les scientifiques n’y sont pas majoritaires. L’alterscience, elle, se place résolument dans le cadre de la science, prétendant transformer celle-ci ; elle est l’œuvre de scientifiques (au sens que nous donnions plus haut à ce terme) qui veulent imposer leur vision de la science. Jean Rostand faisait en 1958, dans son ouvrage Science fausse et fausses sciences, un distinguo par certains aspects comparable : la science fausse (il donnait l’exemple des rayons N), diffère des fausses sciences (il évoquait astrologie et spiritisme), au pluriel, qui n’en sont pas. Dans le même esprit, on désigne en général l’astrologie comme étant une pseudo-science, tandis que nous parlerons de l’alterscience (article défini) ; inversement, on ne parlera pas d’une alterscience, ni de la pseudo-science en général.

Comme elle se distingue des pseudo-sciences, l’alterscience se distingue de la critique de la science (de type sociologie des sciences). Elle ne constitue pas qu’une critique : elle prétend plutôt reconstruire une science effectivement différente. Elle émane en général de scientifiques ou de personnes d’esprit scientifique qui ne sont pas sociologues. Surtout, elle ne porte pas un discours sur la science ou à propos de celle-ci comme le font les social studies (discours d’un intérêt d’ailleurs assez limité), mais elle porte à l’intérieur de la science une remise en cause de certains de ses résultats. On peut toutefois trouver une similitude dans la critique dite radicale de la science par certains mouvements actuels se réclamant des milieux anarchistes ou situationnistes, comme Pièces et Main d’œuvre (mouvement violemment opposé aux nanotechnologies), et les divers acteurs de l’arrachage des OGM (de Montpellier en 1999 à Strasbourg en 2010) : ces mouvements vont largement au-delà de la critique, par exemple lorsqu’ils relisent avec des raccourcis saisissants l’histoire des sciences à la lumière de leur idéologie3.

Les caractéristiques de l’alterscientifique

Les acteurs de l’alterscience – appelons-les alterscientifiques – ont un certain nombre de points communs dans leur comportement et leur démarche. Ce sont principalement des scientifiques ou des personnes formées à la science (ingénieurs, médecins, voire dans le passé certains théologiens) : comment des chercheurs ou des ingénieurs peuvent déraper et produire une science alternative ou entrer en contestation radicale de la science communément admise, est une question qui nous interpelle tous. Ainsi, par exemple, de nos jours, des ingénieurs formés à la science ou des chercheurs appartiennent à un écologisme radical et militant, parfois aux mouvements de contestation radicale évoqués ci-dessus : c’est aussi parce que ces idées sont portées au niveau des élites qu’elles ont une certaine résonance dans l’opinion.

292_72-78Une première caractéristique des ingénieurs alterscientifiques est une certaine ambivalence vis-à-vis de la science : ils restent fascinés par celle qu’ils ont apprise pendant leurs études – et qui leur a permis d’obtenir un diplôme qui a servi de ressort à leur carrière – mais ils rejettent la science telle qu’elle a évolué depuis leurs études. Émanant d’ingénieurs à la retraite ou d’un prix Nobel d’économie (Maurice Allais, ingénieur lui aussi), les théories physiques alternatives sont nombreuses qui prétendent, encore de nos jours, élaborer une gravitation non relativiste ou une théorie unifiée sans mécanique quantique. On trouve aussi des ingénieurs dans les milieux créationnistes, en sciences exactes notamment (astronomie, géologie), par exemple au CESHE (Cercle historique et scientifique), cercle catholique intégriste, géocentriste et créationniste du Nord de la France et de Belgique. Dominique Lecourt4 rappelait la parfaite adaptation du créationnisme à la formation de l’ingénieur américain (mais à mon sens pas seulement américain) : chercher au Tibet les restes de l’arche de Noé à l’appui du Déluge est quelque chose de palpable et d’effectif, plus que ne l’est la mesure de la courbure riemanienne de l’espace-temps sur Terre.

Une autre caractéristique – particulièrement nette à partir du XXe siècle – est le refus de la spécialisation de la science. Pendant leurs études, ces ingénieurs maîtrisaient un certain nombre de branches de la science (géométrie, algèbre, électromagnétisme, astronomie…). Restant sur cette vision, ils gardent la nostalgie du retour au jardin d’Eden d’une science unifiée – presque pacifiée, un long fleuve tranquille, une physique « terminée ». Déjà Auguste Comte, dans sa vitupération contre la science officielle5, se gaussait des probabilités naissantes ou de l’analyse mathématique, et s’opposait aux « recherches spéciales » et à leur « régime dispersif » : lui aussi avait une vision unitaire, voulant tout englober dans sa « philosophie positive » placée au-dessus des sciences qui s’emboîtaient les unes dans les autres.

Quelques alterscientifiques

La plupart des ingénieurs étudiés développent une alterscience à côté de leurs autres activités, parfois suite à une « révélation », souvent sur le tard, lors de leur « retour à la science » (ce qu’on appelle parfois la philopause, à la cinquantaine). Ainsi Guy Berthault (né en 1925), polytechnicien et géologue autoproclamé, travaille dans les supermarchés Viniprix fondés par son père avant de mettre sur le tard sa fortune au profit de ses expériences de géologie créationniste. Ainsi l’ingénieur Lucien Romani (1909- 1990), directeur d’un bureau d’études, réfléchit à nouveau à la science à 55 ans, à la faveur d’une mauvaise fracture l’immobilisant, et publie dix ans plus tard (1976) chez Albert Blanchard une Théorie générale de l’Univers physique refondant la cosmologie et proposant « d’abandonner la physique surréaliste » – il est aussi anti-darwinien. Ainsi Maurice Allais est avant tout un économiste, et c’est plus tard, à quarante ans, qu’il commence des expériences de physique avec un « pendule paraconique », censé remettre en cause la mécanique newtonienne. Plus loin de nous, l’ingénieur autrichien Hans Hörbiger (1860-1931), fondateur d’une prospère entreprise de valves hydrauliques et de réfrigération qui existe toujours (un timbre autrichien a été fait à son effigie en 1985) dit avoir eu la révélation que la Lune était un « bloc de glace » : il écrit en 1912 une cosmologie catastrophiste, la « théorie de la glace éternelle ». Dans les années 1920, il finance grâce à sa fortune la propagation de sa théorie dans le grand public, au point que les Nazis en feront leur cosmogonie officielle, où le Walhalla et la « race nordique des Géants » remplacent la Bible, jugée trop « judéo-chrétienne ».

Nos alterscientifiques manifestent de fait une grande attraction vers les théories unitaires, en physique notamment. Mais la volonté d’unification peut aller jusqu’à des branches très différentes : ainsi, Allais pense que6 « contrairement à une opinion couramment répandue, les approches scientifiques en économie et en physique présentent des analogies fondamentales ». Prodiges et vertiges de l’analogie, dirait Jacques Bouveresse ? Ils sont souvent polymathes – pratiquant plusieurs sciences, le factotum Gustave Le Bon (1841-1931) en est un exemple : médecin (sa formation initiale), puis physicien, anthropologue, psychologue, spécialiste des équidés, etc., il prétend avoir inventé la radioactivité avant Becquerel et la relativité avant Einstein…

Un formidable besoin de reconnaissance

Un autre invariant est le souci de reconnaissance, parfois plus médiatique ou mondaine que scientifique, existant chez ces alterscientifiques. Ils écrivent aux plus hautes autorités de la République pour exposer leurs théories injustement méconnues. Ainsi, René Vallée (1926-2007), ingénieur SupElec au CEA, inventeur d’une « énergie libre » à partir d’une « théorie synergétique de la matière », fait copie au président de la République des courriers qu’il adresse à Jean-Marc Lévy-Leblond, à l’université de Nice et au journal La Recherche. Ils utilisent leurs relations mondaines pour exposer leurs théories scientifiques dans de grandes salles de la République, le Sénat, l’Académie des sciences morales et politiques – ce qui leur permet de dire que « l’Institut » (sous-entendu l’Académie des sciences) soutient leurs thèses. Parfois, la pression qu’ils exercent sur leurs relations va jusqu’à l’Académie des sciences – qui se trouve obligée de publier des notes édulcorées sur leurs « théories » (Allais, Berthault7). L’entregent et les relations mondaines sont un élément important de leur démarche. En 1921 déjà, Gustave Le Bon, directeur de la collection Bibliothèque scientifique chez Flammarion, vitupère contre le secrétaire perpétuel Émile Picard, qui avait refusé que lui fût attribué un prix scientifique de l’Académie : « Picard écrivait dans ma collection chez Flammarion, nous nous donnions du Cher Monsieur  »…

De fait, l’attaque ad hominem – décrite par Schopenhauer dans L’art d’avoir toujours raison (1830) – est une arme souvent utilisée par les alterscientifiques. Jean-Paul Marat, médecin d’un côté et physicien non reconnu de l’autre, conçoit une forte animosité contre les savants reconnus et l’Académie des sciences8, vilipendant Condorcet, « vil intrigant, bas valet de la Cour », ou Lavoisier, « le père put atif de toutes les découvertes qui font du bruit ». La vitupération, telle que décrite par Antoine Compagnon9, est un critère qui peut être transposé de la littérature à la science. Elle peut être écrite ou orale. Ainsi, les partisans de l’altercosmologiste Hörbiger, dans l’Allemagne et l’Autriche des années 1920, allaient perturber les conférences universitaires de l’astronomie « officielle » aux cris de Vive Hörbiger ! Il en était de même pendant l’Année mondiale de la physique, en 2005, où en France, des réunions publiques étaient interrompues par des thuriféraires de Poincaré qui souhaitaient qu’on parlât de lui plutôt que d’Einstein. Maurice Allais écrit des lettres comminatoires avec accusé de réception à ceux qui critiquent ses idées sur la relativité. Dans les débats menés par l’Institute for Creation Research auxquels un scientifique « séculier » accepte de participer, la salle acquise à l’autre débatteur – le scientifique créationniste – ponctue les interventions de ce dernier d’un Amen en agitant la Bible. Les activistes de Pièces et Main d’œuvre empêchant la tenue des débats publics sur les nanotechnologies à Grenoble ou à Orsay en 2009 participent de la même virulence du discours ou de l’action.

Le mimétisme de la science

Le mimétisme du monde scientifique est aussi une caractéristique de ces fonctionnements alterscientifiques : colloques, revues, sociétés savantes… Jusqu’aux réfutations internes : ainsi, on trouve des créationnistes qui réfutent le géocentrisme prôné par d’autres créationnistes. L’astrophysicien créationniste Russel Humphreys donne son point de vue épistémologique en disant qu’il est bon qu’une théorie créationniste en chasse une autre, comme dans la « science séculière ». Il est frappant de voir, dans ces revues créationnistes (ou d’autres, comme l’exrevue francophone Fusion du mouvement de Lyndon LaRouche), à quel point une vulgarisation scientifique (correcte) y est présente, portant sur des résultats non contestés : ceci valorise le lecteur, comme l’auteur, et crédibilise ce dernier.

L’alterscientifique, souvent « savant isolé », crée parfois sa propre société savante – par exemple, la Société pour la promotion de l’énergie diffuse de R.L.Vallée. Vous pouvez par ailleurs être membre, et ce depuis les années 1920, d’une société savante au titre ronflant, la New York Academy of Sciences : comme aux 24 000 membres répartis dans 140 pays, il vous en coûtera 130 dollars par an. Le Cercle de physique Alexandre Dufour se réunit de 1949 à 1983 à la Maison des Centraliens : les Faucheux père et fils y donnent une démonstration du grand théorème de Fermat avant Wiles, des conférences anti-darwiniennes y ont lieu, Allais, Romani, Vallée y parlent et promeuvent leurs ouvrages ou leurs travaux. On constate d’ailleurs, dans ces colloques ou sociétés « savantes » alterscientifiques, qu’il n’y a pas de construction scientifique commune : chacun y va de sa théorie, de son monologue pas toujours compris des autres. Leur seul socle d’entendement commun est justement celui de la physique qu’ils acceptent, celle qu’ils ont apprise dans leurs études.

La théorie du complot invoquée

La théorie du complot n’est parfois pas très loin. La version faible en est le « complot du silence » qui s’abat sur les travaux des alterscientifiques que la presse, qu’elle soit scientifique ou grand public, ne mentionne pas. Les versions traditionnelles de la théorie du complot sont aussi présentes, en filigrane à l’écrit mais en version non édulcorée à l’oral. Le mouvement de Lyndon LaRouche, qui réécrit la science et l’histoire des sciences en faveur de son idéologie10, est fondé sur une vision anti-britannique et complotiste du monde et de l’histoire, selon laquelle, notamment, la finance internationale de la City de Londres a mis Hitler au pouvoir en Allemagne en 1933. L’ingénieur René-Louis Vallée stigmatise « la secte philosophico-scientifique des hommes en noir », les Feynman, les Bohm, grâce à laquelle « le capitalisme mondial assure sa sécurité »11. Dans le même domaine des fantasmagories autour de l’énergie libre, l’ouvrage Coucou, c’est Tesla, exploitant le mythe existant autour de l’inventeur Nikola Tesla (1856-1943), est souvent mis en avant : il est édité aux mêmes éditions que les Livres Jaunes (n° 5 et 7)12 et reprend une partie de leur contenu, complotiste, antisémite et d’extrême-droite. À l’autre bout de l’échiquier politique, dans une collusion d’idées souvent retrouvée dans ces dérives alterscientifiques, le site de la Fédération anarchiste, vantant la supposée « énergie libre » fait référence au même ouvrage Coucou, c’est Tesla13. Enfin, René Riesel, un des théoriciens de l’arrachage d’OGM, donne un troisième angle de vue sur la théorie du complot, en dénonçant le « complot de la théorie du complot » : s’en prenant au sociologue P.A. Taguieff, il qualifie ses travaux sur la théorie du complot d’« idéologie sous couvert scientifique »14, voire même de complot dont lui-même serait l’instigateur, tel un des « illuminés »15 qu’il étudie.

L’alterscience, plus diffuse et moins visible que les pseudo-sciences

Nous avons donné ici sommairement quelques caractéristiques des discours alterscientifiques depuis deux cents ans, provenant d’individus (ou de mouvements) qui se sentent légitimes à parler de science parce qu’ils ont reçu une formation scientifique. Ils ont même une certaine idée de la science, et veulent avoir raison contre tous, en mobilisant leurs connaissances scientifiques et leur capacité de raisonnement. Leur refus de la discussion scientifique, le caractère obsessionnel lié à leurs idées, leur volonté d’avoir raison peuvent les amener à des comportements totalitaires. Plus que leur contestation de résultats scientifiques, leur contestation de la démarche scientifique elle-même nous semble fort inquiétante. Pour ces différentes raisons, l’alterscience, plus diffuse et moins visible que les pseudo-sciences ou l’ésotérisme, constitue néanmoins un des fronts ouverts dans les rapports actuels difficiles entre science et société.

1 Alexandre Moatti, Einstein, un siècle contre lui, Odile Jacob (2007) ; recension in SPS n° 282, juillet 2008.

2 Philip Lenard, Préface, Deutsche Physik (1936) ; il s’agit d’une préface idéologique à un manuel universitaire de physique, qui dans l’esprit de l’auteur s’y intègre ; Johannes Stark, « The pragmatic spirit and the dogmatic spirit in science », Nature, 141, 30 avril 1938.

3 Jean Druon, Un siècle de progrès sans merci. Histoire, physique et XXe siècle, Éditions l’Échappée, collection Négatif dirigée par Pièces et Main d’œuvre (2009). On peut y lire que « la constante de Planck h est la clef de la domination technico-scientifique du XXe siècle » ; ainsi, par exemple, le problème du rayonnement du corps noir (à la base de la constante de Planck et de la physique quantique) aurait été résolu pour aider les aciéries Krupp à mesurer la température de l’acier liquide dans les hauts-fourneaux de fabrication des canons.

4 Dominique Lecourt, L’Amérique entre la Bible et Darwin, P.U.F. 1992.

5 Voir par exemple la « Préface personnelle » du Cours de philosophie positive, tome VI (1842).

6 Maurice Allais, La passion de la recherche. Autoportrait d’un autodidacte, Clément Juglar 2001.

7 Sur Allais, voir Alexandre Moatti, Einstein, un siècle contre lui, op. cit. ; sur Berthault, voir Valérie Lécuyer « Le créationnisme sous la Coupole ? », in Intrusions spiritualistes et impostures intellectuelles en sciences, dir. J. Dubessy et G. Lecointre, Syllepse, 2003.

8 Jean-Paul Marat, Les Charlatans modernes (1791). Il s’agit d’un pamphlet contre l’Académie des sciences.

9 Antoine Compagnon, Les Antimodernes. De Joseph de Maistre à Roland Barthes, Gallimard, 2005.

10 Dans sa version scientiste, plus présentable, le mouvement larouchiste est une véritable religion de l’humanité et de la technique – un technofascisme disent certains commentateurs. En fonction de leur mobilisation de la noëse (faculté de penser), les scientifiques sont alors classés en « bons » savants (Gauss, Leibniz, Monge, …) et en « mauvais » savants (Newton, Euler, Russell, …).

11 Vallée, René-Louis, Écrits de physique synergétique, « GUST » 1998-1999, Énergie libre, 2000.

12 Coucou, c’est Tesla, L’énergie libre, collectif anonyme, Éditions Félix (1997) ; Livre jaune n° 5, Éditions Félix (1997) ; Livre jaune n° 7, Éditions Félix (2004). Dans cette collection Livres Jaunes, à fort contenu antisémite suggéré par le titre, n’existent que les n° 5, 6 et 7.

13 Voir Aymeric Dumas, « Nikola Tesla. Énergie libre ; solutions pour une petite planète » Le Monde Libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, n° 1365 (24 juin-7 juillet 2004).

14 René Riesel, Aveux complets des véritables mobiles du crime commis au CIRAD le 5 juin 1999, Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, Paris, 2001.

15 Pierre-André Taguieff, La foire aux illuminés, Les Mille et une nuits, 2001.

Mis en ligne le 8 janvier 2011
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