Demain, l’énergie - Moteur de l’humanité

Christian Ngô. Dunod, 2009, 239 pages, 18 €

Note de lecture de Martin Brunschwig

Cet ouvrage, au demeurant très réussi, laisse pourtant un léger goût de regret... Christian Ngô souhaite manifestement faire de la bonne vulgarisation, et se veut pédagogique. Il fait ainsi un survol assez complet de cette question absolument cruciale qu’est l’énergie, pointant ce qu’il considère comme les deux urgences décisives du moment : la prochaine pénurie d’énergies fossiles et la nécessité d’éviter de rejeter trop de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Il fait aussi le point sur les énergies renouvelables, avec leurs forces et leurs faiblesses, un tour d’horizon du nucléaire, rappelant au passage que l’électricité produite de cette façon évite l’émission de CO2 ; bref, un panorama qui ne peut manquer d’intéresser tout un chacun, s’il est conscient (et s’il ne l’est pas, ce livre l’aidera !) que l’humanité doit trouver des solutions dès maintenant, pour éviter de graves crises demain.

Mais justement, Ngô veut sans doute trop bien faire, et si la répétition est la base de la pédagogie, alors il est excellent pédagogue ! Certaines données nous sont livrées un tel nombre de fois que l’on se surprend à se demander si Ngô est auteur de livre de vulgarisation, ou « maître d’école »... Et cette impression d’être l’élève rend la lecture parfois un peu fastidieuse.

Pour être honnête, plus le livre avance, et moins cette sensation est ressentie. Mais le livre pourrait tout de même comporter une bonne cinquantaine de pages en moins, et être bien plus « efficace », sans perdre de sa richesse.

C’est d’autant plus dommage que l’auteur nous offre par ailleurs une foule de chiffres et de statistiques très éclairantes. Quelques exemples : une corrélation intéressante entre consommation d’énergie et espérance de vie ; un tableau instructif sur les émissions indirectes de gaz à effet de serre, où l’on voit par exemple que l’énergie solaire en émet finalement beaucoup ; une courbe montrant que les émissions de CO2 ont baissé très nettement à l’arrivée des premières centrales nucléaires, etc.

La forme du livre (style un peu journalistique, avec encadrés, manchettes, bloc-notes, et la rubrique « en deux mots », qui résume chaque chapitre), la clarté du propos, et son contenu, qui dose assez savamment les informations macro-économiques, les chiffres mondiaux ou régionaux, et les données domestiques ou individuelles sur nos maisons et nos voitures, offrent donc un grand intérêt. L’auteur révise un certain nombre d’idées reçues : sait-on par exemple que le mode de vie du moyen-âge ou du néolithique n’était davantage « respectueux » de l’environnement que parce que les hommes étaient moins nombreux ? Qu’une centrale à charbon émet plus de radioactivité qu’une centrale nucléaire en fonctionnement normal ? Et il propose des solutions qui semblent originales et prometteuses : sait-on par exemple que des micro-algues pourraient produire des biocarburants, et qu’on a calculé qu’une surface de mer équivalente à celle du Montana pourrait suffire à fournir en pétrole tous les États-Unis ?

Un livre instructif, qu’on peut recommander, mais il est sans doute comme l’énergie elle-même : il y a toujours un peu de « déperdition »...

Mis en ligne le 22 janvier 2010
1660 visites

Explorer par thème


Valid HTML 4.01 Transitional CSS Valide !