L’astrologie, pratique désuète et dénuée de tout fondement rationnel, est pourtant devenue un phénomène de société dont l’impact culturel ne peut être nié. En quoi consiste-t-elle et à quoi tient son succès ?
Les pièces les plus anciennes de ce dossier concernent la thèse soutenue par Élisabeth Teissier à Paris, le 7 avril 2001.

L’astrologie à l’épreuve : ça ne marche pas, ça n’a jamais marché !

par Jean-Paul Krivine - SPS Hors-série astrologie

L’astrologie suppose des influences astrales que la physique ne connaît pas. Le ciel des astrologues ne correspond en rien au ciel que les astronomes peuvent observer. Et pourquoi les astres exerceraient-ils leur influence à la naissance, mais pas à la conception, ou pendant la gestation ? Ces questions, pour la plupart, ont été soulevées depuis très longtemps. Toutefois, l’argument le plus fort, et d’une certaine manière définitif, réside dans le fait que « ça ne marche pas ». Après tout, si « ça marchait », si les prédictions des astrologues étaient meilleures que celles produites par le simple hasard, ou par le bon sens, si les caractères des personnes et leur destinée étaient réellement déterminés par la configuration du ciel de naissance, alors, il faudrait bien s’interroger sur le ciel des astronomes, rechercher les forces par lesquelles ces influences astrales s’expriment, en un mot, partir de la réalité observée, aussi surprenante soit-elle. Seulement voilà, ce n’est pas le cas, « ça ne marche pas, et ça n’a jamais marché ».

Les astrologues, comme la plupart des partisans du paranormal, accusent bien volontiers « les scientifiques » de refuser de tester leurs pouvoirs, leurs théories. En réalité, ils ignorent délibérément les innombrables expériences menées, préférant ne mettre en avant que leurs propres tests, souvent basés sur leur seule expérience personnelle ou sur le témoignage1. Ils préfèrent jouer les martyrs de la science, se réclamer de Galilée (qui n’a pas été persécuté par la science, rappelons-le…). Nous décrivons donc ici les principales expérimentations déjà conduites et portant sur la validité des prédictions issues des thèmes de naissances2.

Même naissance et destins différents, destins identiques et naissance différente.

La première « expérience » remonte à plus de 2000 ans. Il s’agit en réalité plus d’observations et de bon sens que d’une expérience à proprement parler. Si le ciel de naissance fixe pour chaque individu son caractère, sa destinée, alors, comment expliquer que des jumeaux aient souvent des destins différents ? C’est sans doute Carnéade (philosophe de la Nouvelle Académie, né en 219 avant notre ère) qui, le premier, formalisa cet argument3 qui va être ensuite repris et affiné au cours des siècles suivants. L’autre facette de cette argumentation, c’est le constat que des personnes représentant la palette complète des thèmes de naissance peuvent périr toutes dans un même destin, au même moment (navire qui chavire, catastrophe naturelle, etc.). « Tout ceux qui périrent à la bataille de Cannes étaient-ils donc nés sous le même astre ? » s’interroge Cicéron (né en 106 avant notre ère), et de conclure : « En vérité, je m’étonne après cela qu’il existe encore des hommes assez crédules pour ajouter foi à des prophètes que les événements et les faits réfutent chaque jour »4. Saint Augustin va affiner l’argument des jumeaux : il prend acte du fait que deux jumeaux ne naissent pas rigoureusement au même instant, mais souligne que l’intervalle est tellement petit que, même si ceci a une réalité dans l’ordre des choses, cette réalité échappe aux inductions humaines, à la finesse des calculs des astrologues de l’époque, d’autant plus que l’instant exact de la naissance n’est pas connu avec la précision qui permettrait de distinguer les deux horoscopes.

Je crois en la preuve

« Ne croyez-vous pas aux soucoupes volantes ? [...] Ne croyez-vous pas à la télépathie ? Ne croyez-vous pas aux anciens astronautes ? Au triangle des Bermudes ? En l’après vie ?

Je réplique : non ! Non, non, non, non et encore une fois non !

Récemment, une personne poussée au désespoir par la litanie monotone de mes dénégations a éclaté : “Ne croyez-vous en rien ?”

Si, répondis-je, je crois en la preuve. Je crois en l’observation, je crois aux mesures et à la raison confirmées par des observateurs distincts. Je crois en tout, peu importe la bizarrerie ou le ridicule, s’il y a une preuve. Toutefois, plus quelque chose sera bizarre et ridicule, plus la preuve devra être ferme et solide ».

Isaac Asimov

Les moissons de l’intelligence ; L’Horizon Chimérique, 1990. Traduit de l’américain The Roving Mind, Prometheus Books, 1983.

La controverse autour des jumeaux, ou de personnes nées au même instant (« jumeaux astrologiques »), va refaire surface avec la possibilité de réaliser des analyses statistiques précises. En France, Suzel Fuzeau-Braesh, biologiste passionnée d’astrologie, publie La preuve par deux5, avec une étude portant sur 251 couples de jumeaux. Malheureusement, biais méthodologiques, erreurs, données fausses invalident complètement les résultats6. Bien plus sérieuse, par contre, est l’étude menée par Peter Hartmann du département de psychologie de l’Université de Aarhus au Danemark7 qui s’est intéressé à l’influence de la date de naissance sur la personnalité et l’intelligence. L’analyse a réutilisé des données provenant de grandes populations (un échantillon de 4.000 personnes et un autre de 11.000) pour lesquelles étaient disponibles à la fois les dates de naissance et les résultats de différents tests psychologiques et cognitifs8. La conclusion est sans appel : « nous concluons que cette étude de grande échelle ne fournit aucun fait permettant de soutenir l’existence de relation entre la date de naissance et des différences dans la personnalité et l’intelligence générale ».

Les tenants de l’astrologie rétorqueront que le thème de naissance doit être précis à la minute près pour mettre en évidence des différences (notons toutefois qu’eux-mêmes, dans leurs consultations ne s’embarrassent pas avec cette contrainte et se contentent très souvent de coordonnées de naissance très approximatives données par leurs clients, et dans leurs livres et magazines, regroupent les prédictions par signes de 30 jours). Les psychologues Geoffrey Dean et Ivan Kelly ont donc mené une étude très précise9 portant sur 2101 personnes nées à Londres entre le 3 et le 9 mars 1958 et pour lesquelles ils ont pu recueillir de nombreuses données (tests de QI, résultats scolaires, évaluations, performances sportives, etc., autant de traits que les astrologues affirment pouvoir déterminer avec les horoscopes) à différentes périodes de la vie (11 ans, 16 ans et 23 ans). L’instant de la naissance a pu être déterminé à quelques minutes près. Les « jumeaux astrologiques » (c’est-à-dire des personnes nées au même moment au sens astrologique du terme) ont ainsi été construits. Les résultats de l’étude sont là aussi sans ambiguïté, ne mettant en évidence aucune corrélation.

Les astrologues ne reconnaissent pas leurs horoscopes…

Un autre type d’expérimentation a été conduit visant à évaluer dans quelle mesure un astrologue est capable d’apparier la bonne personne à un thème astral donné. L’expérience de référence est celle de Shawn Carlson publiée dans la revue Nature en 1985. Réalisée conjointement par des scientifiques, des statisticiens, mais aussi des astrologues (avec, en particulier, l’implication d’une association d’astrologues largement reconnue dans son milieu – le National Council for Geocosmic Research), elle montre que des astrologues n’arrivent pas à faire mieux que le hasard pour identifier parmi trois profils de personnalité qui leur sont fournis, celui qui correspond au thème astral d’un individu. Geoffrey Dean a recensé, depuis, pas moins de 40 études similaires (représentant au total 700 astrologues et 1150 thèmes de naissance) sur lesquels il a réalisé une méta-analyse10 qui confirme ce résultat. Lui-même a conduit une expérience11 dans laquelle étaient présentés à 45 astrologues les thèmes de naissance de 120 personnes, 60 caractérisées comme très introverties par le test de personnalité d’Eysenck, et 60 très extraverties. Le taux de succès s’est révélé être de 50,2, comme l’aurait été un tirage à pile ou face.

…et ne sont pas d’accord entre eux

Geoffrey Dean

Le psychologue Geoffrey Dean a mené de nombreuses études statistiques sur l’astrologie, et a rassemblé de façon systématique les études faites au cours des décennies passées. Les conclusions qu’il tire sont sans ambiguïté12 : « [l’astrologie] ne s’appuie sur aucun mécanisme acceptable, ses principes sont invalides et elle a failli dans les centaines de tests qui ont été réalisés. Mais nulle trace de ces faits ne sera trouvée dans les livres d’astrologie qui sont en fait de simple tromperies ». Ce qui fait de Geoffrey Dean l’un des détracteurs les plus détestés par les astrologues, et d’autant plus qu’il a été lui-même, pendant de nombreuses années, président fondateur de la fédération des astrologues australiens dans l’ouest du pays.

Dans un article de référence, « Is Astrology Relevant to Consciousness and Psi ? », Geoffrey Dean décrit de façon complète les différentes facettes des tests réalisés. Cet article peut être consulté en ligne.

Plus grave, aucun consensus n’émerge dans les évaluations des astrologues. On pourrait en effet s’attendre à ce qu’au moins, même si les conclusions issues de différents astrologues sont fausses, elles soient cohérentes entre elles, car partant des mêmes données et utilisant la même « théorie ». Or, ce n’est même pas le cas.

Voici par exemple les résultats d’une expérience rendue publique en 1996 aux Pays-Bas13. Les astrologues qui ont accepté de participer ont reçu chacun les données de naissance de sept personnes, ainsi que les réponses de ces mêmes personnes à un questionnaire de personnalité (élaboré à partir des questions posées directement par les astrologues participants, c’est-à-dire que les astrologues ont obtenu toutes les informations qu’ils jugeaient pertinentes). Le premier résultat, confirmant ce qui était déjà connu, est que les astrologues n’ont pas pu apparier les thèmes aux bonnes descriptions mieux que ne l’aurait fait le hasard. Mais plus intéressant, le test ne montre aucune cohérence dans les réponses, aucun thème n’apparaît plus difficile à apparier. Tous les astrologues ont reçu les mêmes informations, mais aucune similarité n’émerge dans les réponses. Ces résultats sont confirmés par de nombreuses autres études, certaines examinant également la confiance qu’accordent les astrologues à leurs propres prédictions. Dans ce dernier cas, aucune corrélation n’est trouvée entre le taux d’erreur et l’assurance avec laquelle chaque astrologue évalue chacune de ses prédictions14.

Pour les clients, tous les horoscopes se valent…

Différents types de tests ont été réalisés pour évaluer dans quelle mesure une personne se reconnaît dans son thème astrologique. Le résultat est très troublant : tous les thèmes marchent peu ou prou, le sien comme celui d’un autre. L’étude de Carslon déjà citée (voir encadré) l’a mis en évidence. Mieux (ou pire) encore, Geoffrey Dean a montré15 qu’en inversant certaines parties des thèmes, en substituant certaines phrases par d’autres disant exactement le contraire, la presque totalité des sujets de son expérience (22 personnes) se reconnaissaient dans le thème ainsi créé.

Les explications sont multiples. L’effet Barnum est l’une d’elle (voir l’article dans ce dossier), qui montre que tout lecteur arrive à reconnaître dans des propos généraux des descriptions qui lui semblent spécifiques à lui-même.

En conclusion

La controverse est sans fin. Sur un plan scientifique, la validité de l’astrologie a été largement mise à l’épreuve et est définitivement rejetée. Pour autant, toutes les nombreuses expériences déjà réalisées, tout comme celles à venir, ne suffiront pas à convaincre les astrologues ou ceux qui croient en leurs prédictions. Là où les scientifiques s’intéressent aux faits, les astrologues évaluent la satisfaction de leurs clients (et pour les plus cyniques, leur chiffre d’affaires et la fréquentation de leur cabinet). La satisfaction tient alors lieu de preuve d’exactitude. Pour ceux qui cherchent à tout prix une caution scientifique aux allégations astrologiques, il n’est d’autre solution que de nier les résultats acquis, ou simplement les ignorer (ce que la plupart font), ou de produire des études nouvelles, souvent sans support méthodologique.

En 1419, les astuces des astrologues étaient déjà connues

« Mais, objectera-t-on, les astrologues se trouvent avoir formulé beaucoup de prédictions valables. Je répondrai qu’ils ont donné un bien plus grand nombre de faux jugements. Lorsqu’ils disent vrai, cela provient ou du hasard, ou de la multitude de prédictions qu’ils ont données, ou de ce qu’ils ont présagé de mauvaises actions qui, chez les hommes, sont celles qui s’accomplissent le plus souvent, ou parce qu’ils ont examiné et observé ceux qui les écoutent, ou bien parce qu’ils connaissaient certains secrets des grands ou de ceux qui les fréquentent […] »

Jean Gerson, Tricelegium astrologie theologizate, adressé au dauphin, le futur Charles VII, en 1419, traduit et cité par Duhem VIII, p. 498-499. Cité dans Entre science et nigromance, astrologie, divination et magie dans l’occident médiéval (XIIe-XVe siècle), Jean-Patrice Boudet, Publications de la Sorbonne, 2006. Pages 518 et 519.

L’influence des horoscopes

Si les astres ne dirigent pas notre destinée et ne décident pas de nos caractères, se pourrait-il que les horoscopes aient une influence sur ceux qui y croient ? Plusieurs expériences tendent à confirmer cette hypothèse.

Hans Eysenck a marqué la recherche en psychologie par de nombreux travaux sur la personnalité. Il a en particulier proposé quelques dimensions de la personnalité qui, sur la base de milliers de questionnaires remplis et d’analyses statistiques, lui ont paru décrire les points clés qui différencient les personnes. De là est né l’Inventaire de Personnalité d’Eysenck, questionnaire portant sur une cinquantaine d’affirmations et permettant, selon son auteur, de mesurer ces traits caractéristiques clés. Deux de ces dimensions, l’extraversion (niveau d’énergie avec lequel les gens abordent la vie) et le névrotisme (degré de stabilité émotionnelle), semblent correspondre à ce que la tradition astrologique associe à certains signes zodiacaux. Peu importe ici la valeur qu’on associe aux questionnaires de Eysenck et aux traits de personnalité identifiés par le psychologue. Ce qui compte, c’est que ce questionnaire porte sur des traits que les astrologues attachent à certains signes.

Dans une première expérience, menée avec l’astrologue britannique Jeff Mayo16, plus de 2000 clients et élèves de l’École Mayo d’Astrologie se sont vus demander de remplir l’Inventaire de personnalité d’Eysenck. Les résultats montrèrent une légère corrélation entre les signes associés à l’extraversion et le caractère extraverti ressortant du questionnaire, ainsi qu’entre les « signes aquatiques » et le « névrotisme », comme le prévoyait la théorie astrologique.

Mais deux autres expériences furent entreprises. Eysenck constata en effet que dans l’ensemble, les 2000 participants au premier test étaient fortement impliqués dans l’astrologie, et ne pouvaient ignorer les propriétés associées aux différents signes, et donc au leur en particulier. La première expérience porta sur 1 000 enfants, peu susceptibles en général d’avoir les bases astrologiques pouvant biaiser l’étude. Là, plus aucune corrélation ne fut trouvée. Dans la seconde expérience, portant sur des adultes, le degré de connaissance en astrologie était également recueilli. Le psychologue constata que la corrélation entre signe zodiacal et personnalité telle que résultant de l’Inventaire de Personnalité était entièrement liée au niveau de croyance en l’astrologie.

« Ce n’est pas la première fois qu’un chercheur découvrait des preuves que les gens peuvent devenir la personne qu’ils sont censés être » note Richard Wiseman, qui décrit les expériences d’Eysenck17, et cite d’autres cas, non liés à la pratique de l’astrologie. « Demandez à des Sagittaires (qui sont supposés être sociables et extravertis) s’ils aiment sortir et aller à des fêtes, et l’astrologie risque d’influencer leur réponse en faveur d’un oui plutôt que d’un non » pronostique Geoffrey Dean18, auteur de très nombreuses études sur l’astrologie.

J.-P.K.

1 Certains astrologues ont mené des études statistiques pour tenter de prouver la réalité des influences célestes. La plus importante, et la plus souvent citée, est celle qu’a menée l’astrologue français Michel Gauquelin sur le prétendu lien entre la position de la planète Mars dans le ciel de naissance et les aptitudes sportives. Geoffrey Dean a ainsi passé en revue les quelques résultats revendiqués par les astrologues se réclamant d’une approche scientifique : à chaque fois, biais méthodologiques et erreurs statistiques sont mises en évidence (Geoffrey Dean, « Artifacts in data. Often wrongly seen as evidence for astrology »).

2 La question des prédictions d’événements à venir est examinée ailleurs dans ce dossier.

3 Georges Minois, Histoire de l’avenir, des prophètes à la prospective, Fayard, 1996, page 74.

4 Cicéron, De divinatium, cité par Georges Minois, ibid. Page 124.

5 Suzel Fuzeau-Braesch : Astrologie : la preuve par deux, Robert Laffont, 1992.

6 Voir l’analyse de Frédéric Lequèvre. Henri Broch, qui a également analysé les données utilisées par Suzel Fuzeau-Braesch, constate l’absence de certains des jumeaux des registres de l’état civil, les coordonnées de la ville de Nice qui situe cette dernière… dans la mer, des différences entres les horaires de naissance fournis par les familles et ceux utilisés dans les calculs, etc.

7 « The relationship between date of birth and individual differences in personality and general intelligence : A large-scale study », Peter Hartmann et al. Personality and Individual Differences 40 (2006) 1349–1362.

8 Ces études avaient initialement été conduites pour évaluer l’impact sur des jeunes recrues de services militaires long.

9 « Is Astrology Relevant to Consciousness and Psi ? » Journal of Consciousness Studies, 10, n° 6–7, 2003, pp. 175–198.

10 Ibid. page 190.

11 Dean, G. (1987). « Does astrology need to be true ? » Scientific Inquirer, 11(3), 257-273.

12 Interview donnée au Times of India. 17 août 2003..

13 Rob Nanninga, « Astrotest », Journal of Research into Astrology, Northern Winter 1996/97, 15(2), p. 14-20.

14 Voir par exemple l’étude de John McGrew et Richard MacFall du département de psychologie de l’université d’Indiana http://www.scientificexploration.or....

15 Geoffrey Dean, « Does astrology need to be true ? », Skeptical Inquirer, 1987, volume 11 (3).

16 Richard Wiseman, Petit traité de bizarrologie, Dunod, 2009. Page19 et suivantes.

17 Mayo J, White O & Eysenck HJ (1978). « An empirical study of the relation between astrological factors and personality ». Journal of Social Psychology, 105, 229-236.

18 Geoffrey Dean, « Professor H.J.Eysenck, In Memoriam » (1916-1997).

Mis en ligne le 27 décembre 2009
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