287 Hors-série Astrologie - juillet 2009

Sommaire

L’astrologie, ça ne marche pas...

Éditorial : Le chant de la Sibylle p. 1

L’astrologie à travers l’histoire p. 3
L’origine de l’astrologie remonte à 3 000 ans avant notre ère. Le lien entre les astres et nombre de phénomènes terrestres pouvait être constaté tout au long de l’année : les lunaisons, les saisons, l’apparition d’étoiles filantes, la chaleur du soleil, etc. Par ailleurs, l’impérieux besoin de savoir de quoi demain sera fait a toujours habité les hommes. Pourquoi dès lors ne pas imaginer que les phénomènes célestes observés avaient également une influence sur les hommes, sur leurs destinées, influence due aux phénomènes eux-mêmes, ou manifestation d’un pouvoir divin. L’astrologie a d’abord concerné l’avenir des royaumes ou des princes qui les incarnaient. C’est avec les Grecs que sont apparus les premiers horoscopes individuels. La pratique de l’astrologie nécessitait une connaissance précise de l’astronomie de l’époque de telle sorte qu’elle était pratiquée par des astronomes. L’astrologie, parfois aussi appelée astrologie judiciaire quand l’astronomie prenait nom d’astrologie naturelle, a toujours fait l’objet de critiques de la part de certains érudits. Le divorce définitif interviendra avec les Lumières, avec le progrès des sciences en général, et celui de la connaissance astronomique en particulier, rejetant définitivement l’astrologie au rang des croyances et la pratique des astrologues à celle du charlatanisme.

L’astrologie face aux connaissances scientifiques p. 24
Profondeur du ciel, précession des équinoxes, nouvelles planètes, distances diverses... Le ciel tel que le supposent les astrologues n’est pas celui que l’astronomie nous décrit. Pris entre contradictions et dilemmes, et face à leurs détracteurs scientifiques, les astrologues affirment que leur discipline est symbolique, renvoient à des forces que la science devra un jour découvrir... Mais pour leurs adeptes, ils laissent croire à une « science des astres » entretenant une confusion intéressée entre astronomie et astrologie.

L’astrologie, ça ne marche pas ! p. 47
« Assurons-nous bien du fait, avant de nous inquiéter de la cause » recommandait Fontenelle. Si l’astrologie marchait, si les personnalités des individus étaient déterminées par la configuration de leur ciel de naissance comme l’affirme l’astrologie, alors, c’est bien la physique telle qu’on la connaît qui serait à revoir. Pas la réalité qu’il faudrait nier. Il resterait alors aux scientifiques à identifier quelles mystérieuses forces sont à l’œuvre, aussi improbables soient-elles.Malgré ce qu’en disent les astrologues, les expériences ne manquent pas, rigoureuses et menées selon les critères en vigueur dans la science moderne : tests, statistiques, essais en aveugle, etc. Et toutes, systématiquement, échouent à mettre en évidence l’une des corrélations alléguées.Plus intéressant, certains des mécanismes de la croyance en l’astrologie, comme par exemple le fait que l’on se reconnaisse dans son thème astral, comme d’ailleurs dans presque n’importe lequel, commencent à être élucidés.

L’astrologie dans la société p. 67
« Ce qui est grave, ce n’est pas que tant de gens croient à l’astrologie, c’est qu’ils jugent de choses sérieuses avec des têtes qui croient à l’astrologie »1. Tant qu’elle reste affaire privée, la pratique de l’astrologie ne regarde que ses adeptes. Mais quand elle gagne la sphère publique, la démocratie peut, à juste titre, se poser des questions. On ne saura jamais l’influence réelle des voyants et astrologues sur certains hommes politiques, et dans quelle mesure il flotte toujours « une part de l’esprit de Catherine de Médicis dans les dirigeants actuels ». Plus généralement, quelle est la réalité de la présence de l’astrologie dans nos sociétés ? De quel « message sociologique » est-elle le vecteur ? Quel est son statut légal ?

Farce à l’université : la thèse d’Elizabeth Teissier p. 96
En avril 2001, un jury de la Sorbonne, présidé par Serge Moscovici, accordait le titre de Docteur en sociologie à l’astrologue Elizabeth Teissier. Qu’une astrologue soutienne un diplôme universitaire ne pose aucun problème, bien entendu. Que la sociologie s’intéresse à l’astrologie comme phénomène de société, rien de plus normal. Mais la « farce » réside dans le fait que, loin de tous les standards académiques, loin du sérieux d’une démarche sociologique, le travail dirigé par Michel Maffesoli se révèle un simple et mauvais plaidoyer pour l’astrologie. Cette farce a su trouver son chemin dans la conception revendiquée par certains sociologues que la science est un effet de pouvoir, et rien d’autre, et si donc Colbert n’avait pas réprimé l’astrologie, celle-ci serait une science et il n’existerait aucun moyen de la distinguer de la physique. De là « on passe facilement à l’idée que ce qui compte, ce sont les croyances subjectives et non leur correspondance avec la réalité (ce que je crois est “vrai pour moi”, comme on dit) »2.


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Éditorial
  Le chant de la Sibylle

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1 Jean Rostand, Inquiétudes d’un biologiste.

2 Jean Bricmont, « La thèse d’Elizabeth Teissier : une nouvelle affaire Sokal », Science et pseudo-sciences n°247, juin 2001.

Mis en ligne le 22 septembre 2009
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