« Tout le monde croit en quelque chose ! »

284 - janvier 2009

Cette affirmation, répandue comme un slogan, semble faire l’unanimité chez croyants et non-croyants, certains ajoutant même que « pour entreprendre une action, il faut “croire” en la possibilité de sa réalisation ».

Évidemment ! Si croire c’est avoir le sentiment ou l’impression, estimer, imaginer, poser ou supposer, avoir le réflexe ou l’habitude de, se fonder sur… Si le phénomène inconscient qui oriente notre comportement dans les actions courantes ou banales de la vie quotidienne est appelé « croyance », alors oui, tout le monde croit en quelque chose !

N’en déplaise aux habitués de la polysémie argutieuse, ce n’est pas de cette croyance-là qu’il est d’ordinaire débattu, mais bien de celle qui se réfère aux affirmations tenues pour vraies sans l’ombre d’une preuve valide. Dans ce cas, pêle-mêle, croit-on en Dieu, au Diable, aux fantômes, aux présages célestes, au Père Noël, à la mémoire de l’eau, à la sourcellerie… la liste est longue.

Le sceptique, lui, ne croit pas. Même s’« il n’est pas certain que tout soit incertain », comme le disait si bien Pascal pour mieux brouiller Descartes, le doute accompagne la réflexion du sceptique qui se défie de toute affirmation dogmatique. Autrement dit, il s’efforce de ne pas mélanger connaissances et croyances et, parmi ces dernières, de faire la distinction entre celles qui, appartenant au réel, peuvent être examinées et celles qui font appel au surnaturel et contre lesquelles il ne peut strictement rien sinon attendre – exiger ! – des croyants qu’ils n’imposent pas leurs dieux, leurs principes et leurs lois sur la scène publique et encore moins en matière scientifique.

Mis en ligne le 26 janvier 2009
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