Pourquoi un Livre Noir de la Psychanalyse ? En France, les psychanalystes sont en position dominante à l’université, dans les médias et dans le monde culturel. Hier insurgés et de toutes les avant-gardes, les freudiens et les lacaniens sont devenus aujourd’hui des intellectuels sourcilleux et volontiers agressifs, défendant leur bastion avec dogmatisme. La sclérose de la réflexion est patente.

Les arguments des détracteurs du « Livre noir de la psychanalyse »

par Jean-Paul Krivine - SPS n° 271, mars 2006

En septembre 2005 était publié aux éditions les Arènes le Livre noir de la psychanalyse (voir SPS n° 269). Les réactions seront très virulentes et passionnelles : « Catalogue de détestation antifreudienne », « Une nouvelle chasse aux sorcières », « Nos vies valent plus que leurs profits »... La passion, les anathèmes, les procès d’intention, voire les invectives, n’invalident cependant pas nécessairement l’ensemble du propos. Et les arguments, quand ils existent, méritent qu’on les considère. C’est ce que nous avons voulu faire ici.

Une bataille pour des parts de marché ?

Bon nombre de critiques ont voulu voir dans la controverse une bataille pour des « parts de marché » de la santé mentale. « Autant dire que l’enjeu du livre est ailleurs, dans la bataille qui oppose les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) à la psychanalyse, et qui a éclaté en plein jour il y a deux ans. Pour les TCC, l’enjeu est bel et bien de conquérir le “marché” de la santé mentale en décrédibilisant le concurrent, c’est-à-dire en l’accusant d’inefficacité », diagnostique la journaliste Marianne Gomez1. Peu importe que les pratiquants des TCC ne représentent qu’un quart des contributeurs de l’ouvrage, peu importe aussi que le chapitre sur les approches alternatives aux divans freudiens représentent à peine plus d’une cinquantaine de pages sur plus de 800. Les « psychothérapeutes comportementaux et cognitivistes tentent de s’installer comme alternative rentable, pour eux et pour les politiques néolibérales, face à l’imprévisibilité du psychisme humain » affirme Jean-Pierre Martin, psychiatre de service public2. Même son de cloche pour le journaliste de Télérama pour qui le Livre noir « dévoile sa vraie finalité [...] que la pratique psychanalytique d’un passé jurassique doit être remplacée par des thérapies modernes - les fameuses TCC, thérapies cognitives et comportementales - plus courtes et plus efficaces  »3.

Et derrière les TCC se cacheraient bien entendu les grands laboratoires pharmaceutiques. Ainsi, pour Simon Daniel Kipman, psychiatre, Président d’honneur du Syndicat des Psychiatres Français, « l’industrie pharmaceutique est la meilleure communicante au monde, loin devant les lessiviers ! Elle excelle à monter une opération sur plusieurs années, au terme de laquelle un block-buster est mis en vente »4.

Admettons un instant que toutes ces accusations soient fondées, qu’il y ait un grand ordonnateur, un marionnettiste tirant les ficelles derrière tout ça, que le véritable objectif soit les « parts de marché » de la santé mentale. Il n’est pas indifférent au patient de savoir quelles sont les pratiques cliniques sérieuses et quelles sont celles qui ne le sont pas. Ce n’est donc pas en soi le problème de « conquêtes de parts de marché » (au-delà du côté péjoratif du terme) qui pose problème, que de savoir si ces « parts de marché » seront le produit d’une habile campagne marketing ou de la confrontation sérieuse des méthodes, des résultats obtenus et des théories à l’appui des pratiques cliniques. La vraie question que devraient donc se poser les détracteurs du Livre noir n’est pas de savoir s’il y a volonté de conquête, mais si les arguments à l’appui de cette prétendue volonté sont valides ou pas d’un point de vue scientifique ou thérapeutique. Il faut donc immanquablement examiner les affirmations et les arguments apportés par le Livre noir.

Guérisons imaginaires et données trafiquées

Revenons donc au contenu de l’ouvrage. Plusieurs articles exposent en détail et avec de nombreuses références la réalité des cas princeps de Freud : les fausses guérisons et le trucage des données psychanalytiques par Freud. Il s’agit de faits établis depuis plus de 20 ans pour certains, mais encore mal connus du public français. Les arguments des détracteurs se répartissent alors sur deux registres.

D’un côté, le rejet pur et simple, mais sans contre-argumentation, sans qu’aucune des références ne soit contestée5. Par « modestie » déclare Roland Gori, professeur de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille et psychanalyste, qui refuse d’avoir « la prétention de faire science en critiquant [le livre] et en démontrant les erreurs, les falsifications, la structure passionnelle et paralogique de son contenu »6. Même attitude chez Élisabeth Roudinesco : « les chiffres sont faux, les affirmations inexactes, les interprétations parfois délirantes », « l’index est rempli d’erreurs  »7. On aurait pourtant préféré une démonstration précises des falsifications et la liste des prétendues erreurs. Au lecteur de les croire sur parole.

Qui tirerait les ficelles ?

À qui profite le crime ? Quelle est l’intention cachée ? Une méthode récurrente des détracteurs du Livre noir consiste à ne pas parler, ou peu, de ce qu’écrivent réellement les contributeurs, pour dénoncer à la place une main invisible derrière l’entreprise. Qui tire les ficelles ? Pourquoi ? Quels intérêts ? Pêle-mêle sont dénoncés les laboratoires pharmaceutiques, les scientistes, la nouvelle droite, voire le Grand Capital. Ainsi, pour Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille, ceci s’inscrit « dans le droit fil d’une rengaine bien connue [...] de la nouvelle droite [...] Les éditeurs du livre ont répété leur petite musique avec de nouvelles gammes plus ajustées au “réalisme” néolibéral et à nos pratiques sécuritaires ». Jean-Pierre Martin, également psychiatre, développe le même thème : « C’est à un nouvel ordre moral que ce livre nous appelle » et à une nouvelle norme devant servir « d’idéologie aux pouvoirs, qui recherchent l’adaptation du sujet à ce que l’on attend de lui en terme “d’efficience” et d’adaptabilité au libre marché concurrentiel ». La conclusion est radicale : « Le Livre noir est un acte de foi dans la maîtrise de l’irrationnel, “au service du capital”, comme nous avons pu le dire autrefois  ». Elisabeth Roudinesco construit pour l’occasion une parenté historique allant des nazis aux « scientistes » d’aujourd’hui en passant par les staliniens des années 50  : « À partir des années 1960, le relais de la haine de Freud est repris par les scientistes, qui accusent la psychanalyse d’être non pas une science bourgeoise ou juive, mais une fausse science, une illusion religieuse dont Freud serait le nouveau messie ».

Les citations sont toutes issues des textes référencés dans l’article ci-contre.

Le second argument consiste à affirmer qu’il n’y a rien de neuf, que tout cela est connu : « n’importe quel étudiant de première année travaillant sur l’histoire de la psychanalyse et sur ses balbutiements théoriques sait que [...] cette cure fut effectivement un ratage pour Anna 0... »8. Pour Élisabeth Roudinesco « ce sont des vieilleries déguisées en révélations d’une vérité cachée jusque-là, alors que l’inventaire a été fait depuis longtemps ». Mais alors, si ces vérités sont connues depuis longtemps, pourquoi font-elles scandale quant elles sont publiées en langue française pour un large public ? Et surtout, quelles conséquences en tirent les psychanalystes ? Si, comme le rappelle le Livre noir, le cas d’Anna O. a été un lamentable échec thérapeutique, de même pour Emmy von N, pour Cäcilie M, l’Homme aux loups et tant d’autres « cas princeps », si par ailleurs, comme le met en évidence l’analyse de la correspondance privée de Freud, beaucoup de données issues des analyses ont été « trafiquées » pour les faire coller à la théorie du père fondateur de la psychanalyse... alors, quelles conclusions « n’importe quel étudiant de première année » devrait-il tirer de ces « vieilleries déguisées en révélations » ? Le bon sens suggèrerait a minima un regard critique sur la théorie. Le journaliste de Télérama, Xavier Lacavalerie en tire, lui, une leçon rigoureusement inverse : « ... ce fut au contraire une réussite pour la théorie psychanalytique [...] de nombreux cas furent des échecs, mais chaque “échec” fut riche d’enseignements »

La psychanalyse soigne-t-elle ?

Le prétendu combat pour des « parts de marché » doit d’abord être éclairé par l’efficacité des approches mises en œuvre par ceux, quels qu’ils soient, qui revendiquent un soulagement de la souffrance. Des études précises sont rapportées (INSERM, OMS et bien d’autres). Le traitement psychanalytique ne produit des résultats, à égalité avec de nombreuses autres approches thérapeutiques, que, en simplifiant, pour les troubles ou les souffrances pour lesquelles une écoute bienveillante et une empathie sont efficaces.

Excommunication ?

Attention, gare au psychanalyste qui s’aventurerait sur le chemin de l’évaluation de sa discipline. Daniel Widlöcher est le président de l’API (Association Psychanalytique Internationale). Il a eu le malheur de dialoguer avec les partisans des TCC (thérapies cognitivo-comportementales). Et crime de lèse-majesté, il s’interroge sur le sujet de l’évaluation. Il n’en faut pas plus à Jacques-Alain Miller pour prononcer l’excommunication (Libération du 28 septembre 2005) : « Il [Daniel Widlöcher] a été élu membre du comité d’honneur d’une Association de TCC. Plus encore, il a poussé le zèle jusqu’à “cognitiviser” la plupart des concepts freudiens [...]. Enfin, il se fait lui-même l’auteur de questionnaires destinés à “évaluer” la dépression et l’intoxication éthylique. Bref, il a tout vendu de la boutique dont il avait la charge, et, ce, pour les beaux yeux de madame TCC ».

Les détracteurs du Livre noir vont alors adopter une position assez contradictoire. D’un côté, certains proclament que « la souffrance mentale n’est pas évaluable », que la psychanalyse ne l’est pas davantage. Mais d’un autre, ils revendiquent des réussites thérapeutiques et affirment les « succès de la psychanalyse ». Alors, évaluable pour ses succès proclamés, mais non évaluable quand les résultats sont défavorables ? Quant on y réfléchit bien, cet argument se retourne finalement contre ses promoteurs. Ou bien la « santé mentale » n’est réellement pas évaluable, la psychanalyse ne peut entrer dans aucun protocole car singulière, mais alors, il faut reconnaître à égalité les bienfaits auto-proclamés des voyants et des curés qui affirment soulager eux aussi... et qui soulagent sans doute, par l’écoute et la compassion. Rares sont les psychanalystes qui acceptent cette compagnie... Pourtant... sans évaluation, sans critères explicites, au nom de quoi rejeter les uns et pas les autres ?

Les critiques du Livre noir ne se sortent pas de ce paradoxe. Le journaliste de Télérama l’exprime le mieux lorsqu’il commente la première tentative du député Accoyer pour réglementer la profession : « aberrante aux yeux d’un psychanalyste qui, selon la célèbre formule “ne doit s’autoriser que de lui-même” pour exercer ». À propos de l’expertise INSERM quelques mois plus tard, il précise : « Des résultats violemment contestés par la communauté psychanalytique française, [...] affirmant, avec bon sens, que la souffrance psychique n’était ni mesurable, ni quantifiable, et que le concept de guérison était, lui aussi, sujet à caution ». C’est ce même propos qu’Élisabeth Roudinesco a plusieurs fois développé par ailleurs (voir Science et pseudo-sciences n° 267). Certes, l’évaluation n’est pas facile, certes, les protocoles sont délicats à mettre en place. Mais renoncer à cette évaluation, c’est renoncer à toute connaissance objective.

Les victimes de la psychanalyse

En consultant un psychanalyste, le patient s’attend à pouvoir bénéficier de ce qui se fait de mieux en matière de santé mentale. A fortiori, il n’imagine pas que ce faisant, il pourrait laisser sans soin efficace un trouble ou une pathologie aux conséquences parfois graves. Et pourtant ! Le chapitre « Les victimes de la psychanalyse » est sans doute celui qui a provoqué les réactions les plus virulentes, en particulier les parties relatives au drame de l’autisme et à celui de la toxicomanie. En accusant une mauvaise relation de la mère à son enfant comme cause de l’autisme, la psychanalyse, avec à sa tête Bruno Bettelheim, a privé de soins mieux adaptés des générations d’enfants malades, laissant les parents culpabilisés et impuissants. Concernant la toxicomanie, le Livre noir met en lumière la catastrophe humaine entraînée par le retard dans la mise en place de traitements efficaces de l’héroïnomanie (avec en particulier les produits de substitution comme la méthadone). Dans les deux cas, autisme et toxicomanie, le Livre noir donne de nombreuses références sur ce qu’étaient alors les positions des écoles psychanalytiques, les pratiques en œuvre, l’état de la connaissance scientifique au même moment.

Les réponses des partisans de la psychanalyse vont presque toujours se réduire à caricaturer le propos pour le rendre outrancier et éviter ainsi d’avoir à argumenter sur le fond ; « La psychanalyse aurait du sang sur les mains et aurait contribué à la mort de dizaines de milliers d’individus toxicomanes, en refusant, par exemple, le recours aux médicaments de substitution salvateurs » (Xavier Lacavalerie dans Télérama). Ou encore : « Selon les auteurs de ce Livre noir, les bonimenteurs freudiens auraient du sang sur les mains [...], le psychiatre suisse Jean-Jacques Déglon croit pouvoir accuser les psychanalystes, sans la moindre preuve, d’avoir provoqué “une catastrophe sanitaire, bien pire que celle du sang contaminé”, et par là même “contribué à la mort de milliers d’individus”, en bloquant le développement des traitements médicaux de substitution (type méthadone ou Subutex) ». (Jean Birnbaum, Le Monde des livres)9. Il n’y a pas de « preuve par l’horrible » affirmait Jean Rostand, et il ne faut donc pas croire a priori qu’une chose n’existe pas parce que ce serait trop horrible qu’elle existe.

Un autre type d’argumentation est développé par les plus ouverts des détracteurs. Ils reconnaissent les dégâts qui ont pu être provoqués, mais les imputent non pas à la théorie mais à des individus. C’est ainsi le cas de Pierre Delion10, responsable d’un service de psychiatrie infanto-juvénile à Lille : « bien sûr, on sait que certains psychanalystes ont rudoyé des parents d’enfants autistes, les rendant responsable de cette maladie infantile [...] cela a f ait des ravages [...] je suis le premier à le déplorer ». Mais, ajoute-t-il, « dans chaque “démonstration”, la collectivité des psychanalystes est prise en défaut, à la place de quelques-uns d’entre eux, quand bien même l’auteur pourrait nommer clairement ». Malheureusement, cela reste à prouver et Pierre Delion est bien en peine de « nommer clairement » les écoles psychanalytiques, les représentants de « la collectivité des psychanalystes » qui auraient, du temps de Bettelheim et de son école pour enfants autistes, dénoncé les dérives, ou tout du moins, exprimé une autre interprétation de l’autisme.

Droit d’inventaire

La psychanalyse est incontestablement sur le déclin. Elle a marqué le 20e siècle et va progressivement disparaître, au moins du domaine scientifique et médical. C’est sans doute cela qui explique la virulence des réactions.

Tout est-il cependant à jeter ? Peut-être pas. Mais le droit d’inventaire est inséparable du devoir d’argumentation. Le rôle de l’inconscient, la sexualité des enfants, l’évolution des pratiques psychiatriques sont autant d’acquis que certains créditent directement à la psychanalyse. La lecture du Livre noir montre que les choses ne sont pas si simples, qu’il faut être précis dans ce qu’on appelle, par exemple, le « rôle de l’inconscient ». Et on se rend alors compte que beaucoup de choses ne sont ni spécifiquement freudiennes, ni même tout simplement issues de Freud ou de ses descendants. Reste en tout cas que Freud était un bel écrivain. Il a d’ailleurs reçu pour cela le prix Goethe en 1930

Pourquoi tant de haine ? Anatomie du Livre noir de la psychanalyse
Élisabeth Roudinesco, Navarin Editeur. Novembre 2005. 93 pages

Voici un livre petit format qui prétend procéder à l’anatomie du « brûlot » que constituerait le Livre noir. Opuscule sans intérêt. Le premier article d’Elisabeth Roudinesco ne fait que reprendre et délayer sur 32 pages ce qu’elle a déjà exposé dans la presse (dans le journal l’Express en particulier). Une revue presque exhaustive des faux arguments que nous avons recensés ici. Suit ensuite, sur deux chapitres, la reproduction de l’entretien que l’auteur a accordé au journal l’Express et d’un article publié par Sud Ouest. On a la curieuse sensation de relire, dans ces deux chapitres, exactement ce qu’on vient de lire dans le premier. Nous voilà donc déjà page 61. La place est alors laissée à Roland Gori, Jack Ralite et Jean-Pierre Sueur, ou plutôt à la reproduction d’articles déjà publiés dans la grande presse. Ce n’est que page 79 que l’on trouve enfin un matériau inédit, écrit pour l’occasion par Pierre Delion, et intitulé « Le Livre noir et la question de l’autisme ». Mais l’intérêt retombe très vite. Cinq pages durant, l’auteur nous explique pourquoi il s’est finalement décidé à prendre la plume. Et ce n’est que vers la fin qu’il s’attaque vraiment à son sujet : l’autisme. Pour nous dire que l’on ne doit pas attribuer à tous et à la théorie psychanalytique la faute de quelques-uns, et que, aujourd’hui, la prise en charge de l’autisme en France est satisfaisante, que les psychiatres d’obédience psychanalytique sont parties prenantes du dispositif. Nous voilà rassurés. Au total, plutôt une mauvaise revue de presse qu’une véritable anatomie.

Au moment où nous mettons sous presse, un Anti-livre noir de la psychanalyse est publié sous la direction de Jacques-Alain Miller. La présentation de l’éditeur précise bien : « Ce sont quarante “coups d’épingle” portés par des psychanalystes lacaniens découvrant avec effarement les sottises, souvent dangereuses, des “TCC” (thérapies cognitivo-comportementales) ». Qu’on ne s’attende donc pas à trouver une réfutation des arguments du Livre noir.

1 La Croix (10 octobre 2005)

2 Rouge (16 octobre 2005)

3 Xavier Lacavalerie, Télérama (19 octobre 2005)

4 Le Figaro (24 octobre 2005)

5 À une exception près : Le Monde a publié une tribune libre de Serge Tisseron intitulée « Le Livre noir de la psychanalyse la main dans le sac ». Il y relève une citation qui serait « totalement inventée » et « mensongère », « dont il est indiqué en note qu’elle est extraite de [son] livre ». Et l’auteur de sous-entendre que les quarante auteurs de dix nationalités qui dénoncent les mensonges et falsifications de Freud dans le Livre Noir de la psychanalyse sont eux-mêmes des menteurs et des falsificateurs. Un simple coup de téléphone aurait permis de ramener l’erreur de la page 492 à ses justes proportions. Cette citation n’est en rien inventée : l’« Ibid. » de la note 72 ne renvoie pas à l’ouvrage de Tisseron, cité dans la note 71, mais à Françoise Dolto. Une erreur de composition a créé le malentendu. Il n’y a donc nulle « invention » de citation. Serge Tisseron trouve que cette citation « relève d’un jargon absurde »... (voir le site http://www.arenes.fr).

6 L’Humanité (17 octobre 2005)

7 Pourquoi tant de haine, anatomie du Livre noir de la psychanalyse, Elisabeth Roudinesco, Navarin éditeur, 2005 (voir encadré).

8 Xavier Lacavalerie, op. cit.

9 Quand le Livre noir indique, sous la plume de Jean-Jacques Déglon, que la psychanalyse a contribué à une politique inadaptée de traitement de la toxicomanie, politique responsable d’une grande partie des 10 000 décès de toxicomanes, certains oublient « a contribué » et « grande partie » pour directement dénoncer une prétendue affirmation de « 10 000 morts du fait de la psychanalyse ».

10 Pourquoi tant de haine, anatomie du Livre noir de la psychanalyse, Elisabeth Roudinesco, Navarin éditeur, 2005.

Mis en ligne le 25 juin 2006
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